Les terroristes intensifient leur stratégie de déstabilisation de notre pays. Il s’agit de détruire notamment les installations pour asphyxier l’État. Leur objectif principal est de provoquer à tout prix un soulèvement populaire pour renverser les autorités de la transition. Le seul moyen pour eux de parvenir à leur fin, parce que militairement, ils ne peuvent vaincre par la force des armes.
Incapables d’éliminer directement les leaders actuels, ils ont adopté une approche cynique consistant à frapper les infrastructures vitales du pays afin d’affaiblir le pouvoir central, semer le chaos économique et social, et pousser les populations au désespoir. Cette stratégie est à l’œuvre depuis plus d’un an.
Attaques répétées contre des unités industrielles, embargo de facto sur le carburant, incendies de véhicules et de marchandises sur les axes routiers : tout concourt à paralyser l’économie et à exacerber les difficultés quotidiennes des Maliens confrontés depuis plus d’une décennie à de nombreux défis.
Aujourd’hui, les terroristes passent à une phase supérieure en s’en prenant aux installations énergétiques, véritables poumons du pays, dans l’espoir de mettre le Mali à genoux. L’attaque des lignes électriques de Manantali s’inscrit dans la dynamique de porter un coup au système énergétique régional.
Gérée par l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), cette infrastructure constitue l’un des piliers essentiels de l’approvisionnement en électricité du Mali et de plusieurs pays voisins. En ciblant ce site stratégique, les assaillants ne visent pas seulement une installation technique : ils attaquent le fonctionnement même de l’État et la vie quotidienne des citoyens. L’électricité produite ou transitant par Manantali alimente en effet les administrations publiques et privées ; les entreprises et activités économiques ; les centres de santé et hôpitaux ; les systèmes de distribution d’eau potable.
Dans un pays déjà confronté à des difficultés énergétiques chroniques, ce type de sabotage constitue une tentative claire d’asphyxie de l’économie nationale. En privant les populations d’électricité, les terroristes cherchent à accentuer les frustrations populaires, à ralentir drastiquement l’activité économique et à installer un climat durable d’insécurité et de mécontentement. L’objectif ultime reste de créer les conditions d’un soulèvement populaire contre les autorités de la transition.
Également, les terroristes n’hésitent plus à incendier véhicules et marchandises, isolant davantage les régions et renchérissant le coût de la vie. A cause de cette situation, de nombreuses compagnies de transport ont suspendu leurs activités.
Cette stratégie s’inscrit dans le vaste plan de fragiliser non seulement l’économie malienne, mais aussi la cohésion sociale et la stabilité régionale. Jusque-là, ils n’ont pas réussi, après de nombreuses tentatives, à faire fléchir la position de la population qui demeure mobilisée et motivée à soutenir les autorités de la transition. Pour elle, le seul combat qui vaille à ce jour est la mobilisation contre les terroristes et leurs sponsors qui ont juré de faire vaciller le Mali.
La mobilisation du samedi 9 mai est une illustration. À Bamako comme à l’intérieur du pays, ils étaient des milliers d’individus à se mobiliser pour apporter leur soutien aux autorités de la transition, en rendant des hommages aux soldats tués pour la défense de la patrie.

PAR SIKOU BAH

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