Depuis une année, les groupes terroristes, leurs alliés et sponsors intensifient leur stratégie de déstabilisation de notre pays. Il s’agit de détruire notamment les installations économiques pour asphyxier l’État. Leur objectif principal affiché et affirmé est de provoquer à tout prix un soulèvement populaire pour renverser les autorités de la transition. Le seul moyen pour eux de parvenir à leur fin, parce que militairement, ils ne peuvent vaincre par la force des armes, est de s’adonner à un terrorisme économique, un sabotage systémique de nos infrastructures vitales comme la centrale de Manantali.

Une nouvelle doctrine criminelle, plus insidieuse et aux conséquences systémiques, s’est installée : le sabotage économique de haute précision. Attaques répétées contre des unités industrielles, embargo de facto sur le carburant, incendies de véhicules et de marchandises sur les axes routiers : tout concourt depuis à paralyser l’économie et à exacerber les difficultés quotidiennes des Maliens confrontés depuis plus d’une décennie à de nombreux défis.
Nos enquêtes révèlent que les récentes attaques, notamment contre les piliers énergétiques de Manantali, ne sont pas des actes isolés, mais les pièces d’un puzzle visant l’effondrement total de l’État par l’asphyxie de son tissu économique et social dans le total, commode et humainement correct des organisations internationales de défense des droits de l’homme. Pourtant si prompt à baver sur notre pays, au moins assaut des FAMa contre un groupe terroriste.
Organisations étatiques internationales
L’ONU et l’Union européenne, organisations internationales que nous comptons dans le cercle de nos fans, ont toutes deux réagi en condamnant fermement les attaques terroristes coordonnées du 25 avril 2026 contre notre pays.
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres a condamné fermement ces actes de violence, qualifiant la situation sécuritaire de préoccupante. Il a appelé à une réponse internationale coordonnée pour faire face à la menace terroriste au Sahel et a exprimé sa solidarité avec notre peuple. Quant à Union européenne, par la voix de son porte-parole, elle a dénoncé des « attaques terroristes » et a adressé ses condoléances aux autorités maliennes ainsi qu’aux familles des victimes. L’organisation a réaffirmé sa détermination à lutter contre le terrorisme et à soutenir la stabilité dans la région.
Pour ce qui est du « terrorisme économique » dont notre nation est victime depuis une année, les deux organisations ont commodément exprimé des inquiétudes liées aux conséquences économiques et humanitaires du conflit : l’ONU a alerté sur les conséquences des blocus imposés par les groupes armés (comme à Diafarabé), qui entravent l’accès humanitaire et l’approvisionnement, aggravant ainsi la détresse de la population. L’UE et l’ONU se concentrent actuellement sur l’impact des activités criminelles et terroristes sur la stabilité économique et sociale du pays.
Les condamnations formelles des attaques terroristes du 25 avril sont principalement venues d’organisations intergouvernementales comme la CEDEAO, l’Union africaine et CEN-SAD (Communauté des États Sahélo-Sahariens), ainsi que de pays comme les États-Unis et la Belgique.
Organisation de Droit de l’homme
1. À ce jour, la sainte organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) n’a pas publié de déclaration officielle condamnant les attaques terroristes dont notre pays a été victime le 25 avril 2026.
Pourtant, le 2 avril 2026, HRW a publié un rapport intitulé «Personne ne pourra s’échapper», dénonçant des crimes de guerre présumés commis par nos forces de défense et de sécurité et leurs alliés lors d’opérations de lutte contre le terrorisme. HRW n’a pas fustigé le «terrorisme économique », dont notre pays est victime. Elle s’est toujours contentée de documenter les attaques de groupes armés contre des convois de carburant et de marchandises, appelant à une meilleure protection des civils face à ces blocus qui exacerbent l’insécurité alimentaire.

2. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), elle, n’a pas publié de communiqué spécifique condamnant nommément les attaques terroristes du 25 avril 2026 contre notre pays dans les jours qui ont immédiatement suivi l’événement. En revanche, elle a réagi plus largement ce lundi 7 mai lorsqu’elle a cru comprendre que la situation sécuritaire de notre pays était irrémédiablement compromise.

Le 7 mai 2026, la FIDH s’est délectée dans un communiqué rappelant que le gouvernement de la transition de notre pays doit respecter les droits fondamentaux dans le cadre de sa lutte contre l’insécurité. Elle a surtout dénoncé la «nouvelle étape dans la répression» (enlèvements et disparitions forcées) entamée par les autorités après les attaques.
« Enlèvements, disparitions forcées, appels à la violence… Les violations des droits fondamentaux contre les opposants au pouvoir se multiplient au Mali, pays à la situation sécuritaire délétère. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) appelle les autorités maliennes à y mettre un terme et à faire respecter sa propre constitution», visiblement ce qui intéresse prioritairement la FIDH, ce ne sont pas les victimes maliennes du terrorisme, mais leurs bourreaux. Elle poursuit qu’entre «les 2 et 5 mai, trois personnalités politiques ont été enlevées à Bamako par des hommes armés et encagoulés circulant à bord de véhicules non immatriculés… « Ces disparitions forcées marquent une nouvelle étape dans la répression des voix critiques au Mali. Les autorités doivent immédiatement révéler le sort des personnes enlevées, garantir leur sécurité et ouvrir des enquêtes indépendantes », a déclaré Me Drissa Traoré, secrétaire général de la FIDH. « Les autorités maliennes ne peuvent répondre à la dégradation de la crise sécuritaire par les enlèvements, les disparitions forcées et les appels à la haine. La lutte contre le djihadisme ne peut justifier la négation de l’état de droit. »
In fine, elle condamne les exactions et les attaques du bout des lèvres avant de renvoyer les forces de défense et de sécurité du Mali et les terroristes dos-à-dos : « la FIDH réitère son appel à toutes les parties au conflit à respecter les droits humains et le droit international humanitaire ».
Rappelons que peu avant les attaques terroristes monstrueuses dont notre nation a été victime, l’organisation avait déposé le 20 avril 2026 une requête devant la Cour africaine des droits de l’homme concernant des prétendues violations présumées au Mali. Par qui ? Contre qui ? Par des FAMa contre les terroristes, sic !
3. Quant à Amnesty International qui reste coi comme une carpe, par la voix de son chercheur sur le Sahel, Ousmane Diallo, l’organisation a exprimé son inquiétude face à la vague d’arrestations d’opposants politiques et de militaires à la suite des événements du 25 avril. Dans un communiqué publié le 4 mai 2026, suite à la disparition forcée de l’avocat et figure de l’opposition Mountaga Tall (enlevé à son domicile dans la nuit du 2 au 3 mai par des hommes armés cagoulés), Ousmane Diallo a déclaré : « Nous avons constaté une tendance aux enlèvements au Mali, perpétrés par des agents de l’Agence nationale de la Sécurité d’État (ANSE). Les autorités doivent mettre fin aux restrictions qu’elles imposent à l’espace civique et aux atteintes aux droits humains, et respecter les obligations et engagements du pays en matière de droits humains. »
Amnesty met l’accent sur le rétrécissement de l’espace civique et les atteintes aux droits humains par les autorités maliennes, sans condamner spécifiquement les attaques terroristes elles-mêmes dans ce communiqué.
4. Le HCR (Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés / UNHCR) n’a pas publié de communiqué de condamnation politique directe et spécifique des attaques terroristes du 25 avril 2026 en tant qu’actes terroristes.
Comme agence humanitaire et de protection, le HCR s’est concentré sur les conséquences humanitaires : déplacements internes et transfrontaliers, destruction de sites de déplacés, entraves à l’aide et besoins urgents de protection des civils (notamment femmes, enfants et personnes vulnérables). Il a exprimé une vive préoccupation face à la dégradation de la situation des droits humains après les attaques terroristes du 25 avril (victimes civiles, déplacements, coupures d’aide), qualifiant les conséquences de « catastrophiques » pour les civils. Il alerte sur les violations par toutes les parties, sans se limiter à une condamnation des seuls groupes armés.

L’indignation à géométrie variable

Alors que les cendres des attaques terroristes coordonnées du 25 avril fument encore à Bamako, Kati et Mopti, un constat glacial s’impose au peuple malien : le silence assourdissant des grandes organisations internationales de défense des droits de l’homme. Si les instances étatiques (ONU, UA, CEDEAO) ont, parfois du bout des lèvres pour certaines, condamné la barbarie, la galaxie des ONG (HRW, FIDH, Amnesty International) semble avoir perdu sa langue lorsqu’il s’agit de dénoncer le terrorisme qui fauche nos soldats et asphyxie notre économie.
Pourquoi ce refus systématique de qualifier de « crime contre l’humanité » le sabotage prémédité des infrastructures économiques et le massacre de civils par les groupes armés terroristes ? La situation révèle un mécanisme d’indignation à géométrie variable. Pour ces organisations basées en Occident, le terrorisme semble être perçu comme un « aléa météo » inévitable au Sahel, tandis que la moindre réponse sécuritaire de nos FAMa est passée au scanner de la suspicion.
Ce silence n’est pas seulement une omission; il ressemble à une stratégie. En refusant de condamner fermement le GSIM ou le FLA, ces organisations évitent de légitimer la lutte antiterroriste menée par les autorités de la Transition. Pire, à peine le sang des victimes du 25 avril avait-il séché que ces mêmes officines se ruaient sur leurs claviers pour mettre le Mali « en garde » contre d’éventuels dérapages. C’est le paradoxe du pompier-pyromane : on ignore l’incendie criminel pour ne critiquer que la méthode des pompiers.
Cette complaisance se reflète malheureusement dans les médias occidentaux, qui transforment souvent les terroristes en « insurgés » et les blocus économiques en « enjeux de gouvernance ». Ce traitement médiatique offre une couverture politique aux groupes armés, tout en préparant l’opinion internationale à condamner notre pays dès qu’il tente de reprendre sa souveraineté.
Notre opinion sur le sujet est claire : ce silence est plus que troublant, il est complice. Il vise à isoler moralement le Mali sur la scène internationale. En ne dénonçant pas le « terrorisme économique » (ces incendies de camions et sabotages électriques qui affament les populations) ces organisations se rendent coupables de non-assistance à peuple en danger. Les droits de l’homme ne sauraient être le bouclier des barbares. Le Mali ne demande pas l’aumône de la compassion, mais l’honnêteté d’une condamnation sans équivoque du terrorisme sous toutes ses formes. Ce qui n’est pas le cas dans l’espèce.

Par Sikou Bah

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