Le président par intérim de l’Union pour la république et la démocratie (URD), le Pr Salikou SANOGO, a accusé ce 7 janvier 2023, Boubou Cissé et Mamadou Igor Diarra, deux anciens ministres du régime d’IBK, de vouloir « s’imposer par le pouvoir de l’argent » dans leur parti. Un projet contre toute valeur démocratique à l’origine de la contestation.
e Pr Salikou SANOGO, assurant l’intérim à l’URD depuis le décès de Soumaïla CISSE, a animé le samedi 7 janvier dernier une conférence de presse au Mémorial Modibo KEÏTA pour partager sa part de vérité dans le bicéphalisme au sein de leur parti. Un différend porté devant la justice. En cause : l’héritage politique de Soumaïla CISSÉ.
Après un long moment de silence, la conférence animée par le Pr Salikou SANOGO, en plus d’être celle de présentation de vœux, était l’occasion de faire le point des procédures judiciaires en cours. Des faits témoignant la gravité de la crise au sein du parti pour être inédits à l’URD, a affirmé M. SANOGO.
Une situation « peu reluisante » partie, selon lui, des «ambitions présidentialistes » de Boubou CISSE et de Mamadou Igor DIARRA, deux anciens ministres de feu Ibrahim Boubacar KEÏTA, qui ont adhéré à l’URD.
« Ces deux hommes allaient faire surface et introduire dans le fonctionnement du parti des pratiques aussi violentes que malsaines et contraires à tous les principes et à toutes les valeurs autour desquelles Soumaïla Cissé et ses camarades ont fondé l’URD», a déclaré Salikou SANOGO.
L’ancien Premier ministre, Boubou Cissé qui dit réaliser un rêve en adhérant à l’URD est accusé par le président intérimaire du parti de vouloir « s’imposer notamment par le pouvoir de l’argent en instrumentalisant des militants et cadres de l’URD » de même que Mamadou Igor DIARRA.
Ainsi, le Pr Salikou SANOGO a rappelé qu’à l’appel à candidature pour la désignation du futur candidat du parti à l’élection présidentielle, les deux ont fait acte de candidature mais se sont inscrits immédiatement dans une machination tendant à la modification des règles du jeu en la matière au sein du parti, règles du jeu qui ne prennent pas en compte à leurs yeux le seul critère sur lequel ils pensaient pouvoir en imposer à tous : l’argent.
Un projet, a regretté le conférencier, porté par des cadres du parti alimentant la contestation et consistait, a-t-il expliqué, à provoquer un blocage au niveau des instances dirigeantes du parti afin de pousser à un changement de directoire en favorisant l’arrivée à la tête du parti de leurs hommes.
« Nous ne saurions combattre certaines pratiques malsaines à l’échelle nationale et courber en même temps l’échine face à ces mêmes pratiques au sein de notre propre formation politique », a insisté le conférencier.
Par ailleurs, il soutient ne pas s’opposer à la tenue du congrès extraordinaire puisqu’il est bel et bien prévu. Toutefois, a-t-il indiqué, sa convocation a allègrement violé les textes du parti et la charte des partis politiques. Aucun de ces textes ne prévoit une pétition comme moyen de convocation des instances, a affirmé le conférencier.
En outre, il a dénoncé l’usage de faux documents par la dissidence ; des infractions pour lesquelles certains d’entre eux dont, Gouagnon COULIBALY, Mme Coulibaly Kadidiatou SAMAKE, ont été inculpés par la justice sans détention…
Contesté, pour Salikou SANOGO, il tire sa légitimité du congrès ordinaire du parti URD les 21 et 22 décembre 2019 à Bamako qui a élu Soumaïla CISSE président et lui 1er Vice- Président du parti pour un mandat de cinq ans.
Lors de cette rencontre, plusieurs responsables et militants de l’URD étaient présents ainsi que des membres de la famille de Soumaïla CISSÉ, avec à leur tête, son épouse Assitan TRAORE.
Une présence perçue comme le choix de la famille biologique de Soumaïla CISSÉ en faveur du clan dirigé par Pr Salikou SANOGO.
« Soumaïla CISSE, de là où il se trouve, est avec nous ainsi que sa famille.(…) Nous incarnons la légitimité et la légalité. Merci à vous les militants d’être fidèles à la mémoire et aux propos de Soumaïla CISSE», a également ajouté Boubacar Karamoko COULIBALY, vice-président du parti.
PAR SIKOU BAH