Dans un communiqué lu sur les antennes de l’ORTM, le jeudi 14 août, par le ministre de la Sécurité et de la protection civile, le gouvernement affirme avoir démantelé un réseau de déstabilisation des institutions de la République. Les personnes interpellées ont été présentées à la télé et l’on apprend que les enquêtes se poursuivent. Pour donner d’amples informations sur cette affaire, le directeur du Centre d’information gouvernementale, (CIGMA), Ibrahima TRAORÉ, a organisé, le vendredi dernier, une séance de briefing avec les journalistes.

Dans ses explications, il s’est beaucoup focalisé sur le français arrêté, Yann Christian Bernard Vizilier. Selon lui, ce français impliqué dans la tentative de coup d’Etat est arrivé au Mali, il y a un an, et travaillait à l’Ambassade de France au Mali comme deuxième secrétaire. M. TRAORÉ a affirmé que Vizilier Yann, militaire de son état, est également agent de la DGSE française.
« Il est rentré au Mali comme étant diplomate, mais sa vraie mission était autre chose. Dès son arrivée, Vizilier Yann a rencontré beaucoup d’hommes politiques et des acteurs de la société civile. Il a commencé par s’intégrer dans la société malienne en sondant l’opinion », a informé Ibrahima TRAORÉ.
Aux dires du Directeur du CIGMA, toutes les preuves ont été réunies au préalable avant de procéder aux interpellations. Il a informé que les interpellations avaient commencé début août et que Nema SAGARA a été arrêtée le 7 août et Abass DEMBELÉ le 10 août.
L’on apprend qu’en plus des personnes présentées à la télévision, d’autres sont arrêtées et que les enquêtes se poursuivent toujours pour arrêter tous les complices.
Le Patron du CIGMA a saisi l’occasion pour sensibiliser les journalistes à éviter les rumeurs et à se focaliser sur les informations officielles. Selon lui, le retard dans la communication du gouvernement était stratégique.
Dans son communiqué, le gouvernement du Mali a informé l’opinion nationale de l’arrestation d’un groupuscule d’éléments marginaux des forces armées de sécurité maliennes pour des infractions pénales visant à déstabiliser les institutions de la République. Le gouvernement déplore qu’« au moment où la nation malienne, unie dans toutes ses composantes, est mobilisée pour consolider notre souveraineté retrouvée et éradiquer les forces terroristes obscurantistes de la Confédération des États du Sahel, ces militaires et des civils n’ont eu d’autres ambitions que de chercher à briser, avec l’aide d’États étrangers, la dynamique de la refondation du Mali ».
Daoud Aly Mohamedine a expliqué que « grâce au professionnalisme et à la vigilance des services spécialisés, la conspiration a été mise en échec, suivie de l’arrestation des acteurs dès le 1ᵉʳ août 2025 ».
« Parmi les personnes interpellées figure un ressortissant français répondant au nom de Vizilier Yann, agissant pour le compte du service de renseignement français, qui a mobilisé des responsables politiques, des acteurs de la société civile et des militaires, dont les généraux de brigade Abbas Dembélé et Nema Sagara », a déclaré le ministre de la Sécurité et de la protection civile.
Selon lui, « le gouvernement de la transition, tout en condamnant cet acte subversif, rassure l’opinion d’une part que les enquêtes judiciaires se poursuivent pour identifier d’éventuels complices et d’autre part que les forces armées et de sécurité restent déterminées à achever leur mission de lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes ».
Il a rassuré que la situation est totalement sous contrôle, avant d’inviter les populations au calme tout en restant vigilantes face aux tentatives désespérées de déstabilisation.
Les différentes personnes interpellées citées par la télévision nationale sont : le général de brigade Abass Dembélé, le général de brigade Nema Sagara, le lieutenant-colonel Baba Dambélé, le lieutenant-colonel Saibou Keïta, le lieutenant-colonel Mamadou dit Tiékoro Diarra, le lieutenant-colonel Sungalo Diop, le capitaine Mohamed Ouattara, le caporal Amadou Bouba Coulibaly, le sergent-chef Boukari Karakodjo, Yakouba Kodjo. Parmi elles, un étranger de nationalité française répondant au nom de Yann Christian Bernard Vizilier.
De son côté, Paris dénonce des « accusations sans fondement » et exige la libération immédiate du diplomate. « Un dialogue est en cours avec les autorités maliennes afin de dissiper tout malentendu » et obtenir la « libération sans délai » de ce membre de l’ambassade de France à Bamako, ajoute le ministère des affaires étrangères de la France.

PAR MODIBO KONÉ

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