La 4ᵉ Journée culturelle de l’Association des élèves et étudiants ressortissants du cercle de Yélimané (AEERCY) s’est tenue, le samedi 18 juillet, au Mémorial Modibo Keïta à Bamako. Placée sous le thème « Autonomisation et leadership de la femme soninké : un levier de développement pour le cercle de Yélimané », la rencontre a réuni responsables associatifs, personnalités, étudiants et invités autour de la promotion de l’éducation, de la culture et du développement local.

Présidée par la présidente de l’AEERCY, la cérémonie s’est déroulée en présence du parrain, Mamoudou DOUCOURÉ ; de la marraine Jeanne Marie KONÉ, du représentant des aînés de l’association, ainsi que de nombreuses personnalités.
Cette quatrième édition a été rythmée par des conférences-débats, des sketchs, des prestations artistiques, des défilés et diverses animations culturelles mettant en valeur le patrimoine soninké tout en sensibilisant sur la place essentielle des femmes dans le développement du cercle de Yélimané.
Créée pour renforcer la fraternité entre les élèves et étudiants originaires de Yélimané, l’AEERCY œuvre également pour la promotion de la scolarisation des jeunes filles, l’excellence scolaire, la lutte contre l’analphabétisme et la protection de l’environnement à travers des campagnes de reboisement. Depuis sa création, l’association a notamment organisé trois précédentes Journées culturelles, pédagogiques et sportives (2013, 2018 et 2022), célébré le centenaire de l’École fondamentale de Yélimané, conduit des opérations de reboisement à Niogoméra et Gory, participé à la réhabilitation de l’École fondamentale de Yélimané en partenariat avec la mairie de Guidimé et organisé une grande semaine socio-sanitaire, culturelle, pédagogique et sportive en 2024.
Le représentant des aînés de l’AEERCY a salué l’engagement des jeunes tout en les exhortant à poursuivre leurs efforts au service du développement de leur localité. Il les a encouragés à préserver les valeurs de solidarité et de fraternité qui caractérisent la communauté soninké.
Le parrain de la journée, Mamoudou DOUCOURÉ, a, quant à lui, invité les jeunes à faire de l’école leur priorité. « Formez-vous, entreprenez et mettez vos compétences au service de votre communauté et de votre pays », a-t-il conseillé, avant de les appeler à préserver les valeurs culturelles de Yélimané tout en restant ouverts aux autres cultures.
La marraine Jeanne Marie KONÉ a souligné que la culture soninké est riche de valeurs qui ont permis à cette communauté de préserver son identité à travers les générations. Toutefois, a-t-elle insisté, cet héritage ne doit jamais constituer un obstacle au progrès. Selon elle, il n’existe aucune contradiction entre le respect des traditions et la scolarisation des filles.
Pour Jeanne Marie KONÉ, une fille instruite devient une épouse plus épanouie, une mère mieux préparée à accompagner la réussite de ses enfants et une citoyenne pleinement engagée dans le développement de sa communauté. Elle a également plaidé pour une plus grande autonomisation économique des femmes, estimant que chaque revenu généré par une femme contribue à renforcer l’économie familiale, à améliorer la scolarisation des enfants et à soutenir le développement local. Elle a enfin rendu hommage à plusieurs grandes figures féminines soninké qui ont marqué l’histoire de leur communauté et du Mali, invitant les jeunes filles à suivre leurs pas.
Pour sa part, la présidente de l’AEERCY a rappelé que l’association constitue bien plus qu’un simple cadre de rassemblement. Elle la considère comme une véritable école de leadership où se forment les futurs enseignants, médecins, ingénieurs, entrepreneurs et cadres appelés à construire Yélimané de demain.
Elle a affirmé que le développement durable passe inévitablement par l’investissement dans l’éducation. « L’ignorance enferme, le savoir libère », a-t-elle déclaré, avant de réaffirmer l’engagement des élèves et étudiants de Yélimané à être des acteurs du changement. La présidente a également expliqué que le choix du thème de cette édition répond à une réalité : malgré les progrès accomplis, de nombreuses jeunes filles interrompent encore leurs études faute de soutien, tandis que beaucoup de femmes demeurent sous-représentées dans les espaces de décision.
Selon elle, le fait que l’AEERCY soit aujourd’hui dirigée par une femme constitue déjà un symbole fort démontrant que le leadership féminin repose avant tout sur les compétences.
« Une femme éduquée élève une famille. Une femme autonome transforme une communauté. Une femme leader inspire toute une génération. Investir dans la femme, c’est investir dans l’avenir de Yélimané », a-t-elle souligné.

PAR MODIBO KONÉ

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