Au réveil, les grandes avenues de Bamako étaient envahies, ce mercredi 4 novembre 2026, par des milliers de personnes. Il ne s’agissait pas d’individus mal intentionnés, mais d’orpailleurs fraîchement expulsés des sites d’orpaillage de la Guinée-Conakry. Après avoir vraisemblablement passé la nuit sur la route reliant Kourémalé au Monument de la Paix, à Bamako, ces hommes et ces femmes, d’origines burkinabè, togolaise, ghanéenne et même malienne, se retrouvent dans une situation de grande détresse.
Difficile de se rendre sur son lieu de travail sans croiser, dans les rues de la capitale, ces orpailleurs poussiéreux, visiblement fatigués et désemparés.
Bagages à la main, parfois portés sur la tête, plusieurs d’entre eux étaient accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants. Des garçons âgés de 11 à 13 ans faisaient également partie de ces groupes.
Si la présence des enfants sur les sites d’orpaillage ne semblait pas constituer une préoccupation majeure pour certains de ces orpailleurs, leur désarroi, tout comme celui des enfants, qui n’avaient rien demandé, était difficile à dissimuler au milieu de cette foule.
Alors que plusieurs d’entre eux n’ont, jusqu’ici, trouvé aucune issue à leur situation, d’autres se sont enregistrés auprès des ambassades de leurs pays respectifs en vue d’un retour au bercail.
« Nous avons passé la nuit sur le goudron », confie Alassane Sawadogo, adossé à un poteau électrique, derrière les locaux de l’hôtel Radisson Collection. Selon lui, ils seraient plus de 3 000 à avoir regagné Bamako à la suite de l’opération de déguerpissement menée par les forces guinéennes.
Pour sa part, Abdoulaye n’a qu’un seul objectif : rentrer chez lui. Malheureusement, ce jeune Burkinabè ne dispose plus des moyens nécessaires pour payer son transport.
« Depuis la frontière, ils nous ont tout pris : notre argent et notre or ! », intervient un autre orpailleur, interrompant notre échange avec Abdoulaye.
Sur les lieux, nous avons également rencontré un jeune homme barbu, à la silhouette athlétique. Préférant garder l’anonymat, il affirme avoir été informé de l’arrivée d’une vingtaine de camions destinés au transport des personnes expulsées. Cependant, pour en bénéficier, il faudrait payer 50 000 F CFA, une somme qu’il ne possède pas, reconnaît-il.
Pendant ce temps, les autorités burkinabè prennent, selon une source gouvernementale, des mesures appropriées pour assurer le retour de leurs ressortissants « dans la dignité et la décence ». La même source indique qu’une délégation gouvernementale se rendra au Mali afin d’apporter l’assistance nécessaire aux compatriotes en situation de détresse.
De leur côté, les autorités maliennes ont également décidé de prendre en charge les milliers de personnes refoulées des sites d’orpaillage en Guinée et qui affluent vers Bamako. D’après une source proche du gouvernement, elles seront regroupées sur des sites aménagés afin de prévenir les risques liés à leur présence dans les rues de la capitale. Des dispositions seront ensuite prises pour permettre aux personnes de nationalité étrangère de regagner leurs pays respectifs.
Rappelons que ces ressortissants de plusieurs pays de la sous-région ont été expulsés, le lundi 2 novembre 2026, de la République de Guinée, où ils exerçaient des activités sur des sites d’exploitation minière artisanale.
Par Amina Sissoko









