Les lampions se sont éteints sur 2025. Tandis que surgissent les premières lueurs de 2026, le rétroviseur nous montre encore les flammes des camions-citernes, nos localités et axes routiers sous blocus, le caprice de cette énergie qui virevolte, les débris de notre drone quelque part près de Tinzaoutene, les processions funèbres… et le premier mouvement syndical de notre journal. Autant de signaux d’un pays soumis à une pression extrême. Pourtant, au cœur de cette séquence noire, une constante demeure : un peuple debout, éprouvé mais non vaincu, qui transforme l’adversité en solidarité et refuse la capitulation morale. Au-delà de la série noire, la résilience d’un Peuple debout dans la tempête qui refuse d’abdiquer et qui réinvente la solidarité dans l’épreuve.
En dépit des roulements de tambours annonçant la bérézina nationale, Info-Matin comme la nation malienne n’a pas vacillé. Comme chaque patriote malien, nous restons convaincus que la voie est dure, très dure ; qu’elle mène, à terme, vers une sortie par le haut ; et débouchera sur le salut sans aucun renoncement ni reniement. Tout ne peut être rose dans un contexte forcené d’adversité, d’inimitié et de guerre multidimensionnelle (terrorisme, guerre économique, guerre informationnelle…). La normalité, dans une telle séquence historique, serait presque suspecte.
Historien du présent, le Quotidien des sans voix refuse d’emboucher la trompette de la faillite et la berceuse démocratique déconnectée du réel. La souveraineté a un prix, que notre dignité acceptera de solder quelle que soit la hauteur.
Pour autant, le refus de la déploration ne saurait se confondre avec l’aveuglement. L’urgence est là, impérieuse. Info-Matin ne peut taire l’urgence : si 2025 s’achève sur des flammes de citernes incendiées, 2026 doit naître des cendres d’une réforme radicale. Renforcer les FAMa, oui, mais avec une doctrine intégrant les communautés peules et dogons, trop souvent instrumentalisées par les djihadistes. Diversifier les routes d’approvisionnement au-delà des querelles frontalières. Et surtout, à la demande d’une partie de l’opinion nationale, rouvrir le dialogue national, sans amnistier les bourreaux, pour que la souveraineté ne soit pas qu’un slogan, mais un bouclier pour le citadin comme pour le nomade.
Le Mali de 2025 a souvent donné l’image d’un géant aux pieds d’argile, mais il a prouvé qu’il possédait un cœur de lion. La crise du carburant n’a pas brisé ce pays ; elle l’a trempé. Elle nous rappelle que l’indépendance véritable se gagne chaque jour, contre les ennemis extérieurs comme intérieurs.
Que 2026 soit l’année du feu purificateur, où nos flammes consumeront les chaînes et illumineront les voies du triomphe du Mali, de l’AES, de l’Afrique entière. Car ici, au Mali, sous le baobab millénaire, nous ne plions pas. Nous avançons… lentement mais sûrement.
Pour chacune et chacun d’entre vous, fidèles lecteurs, le Quotidien des sans voix voudrait souhaiter une bonne et heureuse année. Puisse Allah, le Seigneur des Mondes, des ambitions et des destins, réserver le meilleur au cours de cette nouvelle année 2026 à vous toutes et tous ainsi qu’au Peuple résilient du Mali.
Par SIKOU BAH