Après la nomination surprise de ses représentants au sein de la commission de finalisation du projet de Constitution, les responsables du Cadre des partis et regroupements politiques pour le retour à l’ordre constitutionnel se justifient. Dans un communiqué en date du 2 février 2023, les responsables de ce regroupement expliquent qu’ils ont toujours prôné et exigé le dialogue et l’inclusivité autour des réformes politiques. Pour eux, cette Commission de finalisation de la Constitution en est la matérialisation. Une profession de foi qui a du mal à convaincre certains observateurs quand on sait que le Cadre avait déjà dit Non à l’élaboration d’une nouvelle Constitution.
Le respect de la parole donnée n’est pas forcément la meilleure vertu de nos hommes politiques. Fidèle à sa nature, l’actuelle classe politique nous a habituée à des revirements spectaculaires qui frisent avec le manque de conviction de ses acteurs.
Et la nomination surprise de l’ancien ministre Amadou KOTA et Amadou AYA, tous membres du Cadre des partis et regroupements politiques pour le retour à l’ordre constitutionnel au sein de la commission de finalisation du projet de constitution n’est pas de nature à remettre cause cette règle d’or d’une classe politique dont les prises de positions changent en fonctions des contingences et des intérêts du moment.
Alors qu’il avait appelé les autorités de la transition à l’abandon du Projet d’élaboration d’une nouvelle Constitutionnelle, le Cadre a surpris plus d’un, en envoyant ses membres siégés dans la Commission mise en place par le Président de la transition pour la finalisation du projet de constitution.
Pour justifier son revirement, ce regroupement pond un communiqué en ces termes : «Le Cadre des partis et regroupements politiques pour le retour à l’ordre constitutionnel, en vue de lever tout malentendu, informe l’opinion que sa participation à la Commission de finalisation du projet de Constitution mise en place par les autorités a été décidée, après un débat démocratique, et les camarades Amadou KOTA et Amadou AYA ont par lui été proposés. Le Cadre précise à propos de cette participation qu’une demande lui a été faite dans ce sens lors des échanges qu’il a eus avec certaines autorités».
Selon les termes dudit communiqué, le cadre qui a toujours prôné et exigé le dialogue et l’inclusivité autour des réformes politiques, a estimé que la Commission en est la matérialisation et que par ce fait il aurait l’occasion de présenter et de faire prévaloir sa position et ses points de vue sur le sujet de la Constitution.
Comme le ridicule ne tue pas au Mali, le communiqué ajoute : «le Cadre réaffirme son opposition à toute nouvelle Constitution et reste favorable à une révision de la Constitution de 1992 seulement en ces dispositions qui ont montré que leur modification est nécessaire».
Certes, nous sommes d’accord avec les responsables du Cadre que dans le contexte actuel, l’inclusivité doit être une démarche partagée par tous les acteurs pour permettre à notre pays de sortir de la crise. Mais pour beaucoup d’observateurs, c’est un raccourci qui est de nature à nous faire croire que le Cadre n’avait pas la conviction des idées qu’il avançait.
Car, sur ce point précis, le Cadre avait déjà exprimé son opposition à l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Donc, c’est le retour sur une question tranchée.
En bon termes Bambara, on appelle ça «Ka Daji Tu Ka nèmu».
Par Abdoulaye OUATTARA