Ni provocation, ni violation d’un cessez-le-feu, contrairement aux allégations de la CMA, les autorités nationales n’ont usé que leur droit. Celui de survoler son espace aérien sur lequel il exerce la plénitude de sa souveraineté tant que la ville de Kidal restera une partie du territoire national. S’il y a provocation, c’est bien la commémoration de l’indépendance du chimère Etat de l’Azawad depuis des années, sans aucune condamnation.

Usant de son droit de souveraineté sur le territoire pour avoir survolé notamment la ville de Kidal, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) dans un communiqué accuse l’État de « provocation » et de « violation du cessez-le-feu de 2014 ».
Un document qui cache bien le déni de vérité de la CMA parce que tenant alors que la ville rebelle était en plein préparatif de la commémoration de l’État fantoche de l’Azawad organisée pour la 11e fois par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) pendant qu’ils se réclament signataires de l’Accord pour la paix.
En dépit de leurs engagements souscrits dans ce document pour la paix, les rebelles Touaregs ne se gênent pas de poser des actes de défiance vis-à-vis des autorités du Mali sur le terrain notamment par la célébration régulière de l’anniversaire de l’indépendance du chimère État de l’Azawad ni reconnu au plan national qu’international. Puisque, c’est MNLA, ce n’est pas une violation de l’Accord pour la paix. Ainsi, le chien aboie, la caravane passe.
Pour autant un acte attentatoire à la lettre et à l’esprit de l’article 1 de l’Accord pour la paix qui, sans équivoque, appelle les mouvements armés au respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Etat du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et son caractère laïc.
Malgré cette disposition qui tranche la question de la séparation de l’Etat du Mali, depuis 2015, ce groupe rebelle, qui n’a jamais renoncé à ses velléités sécessionnistes, continue de défier la République du Mali. Et la communauté internationale chargée de veiller au respect du document acquiesce, à travers son silence. « Qui ne dit mot, consent », nous enseigne un adage.
En plus de cette fanfaronnade du MNLA avec la bénédiction de la CMA, ces rebelles qui ont du mal accepté la dynamique de la paix et de la réconciliation et l’unité de notre pays, ne manquent pas d’occasion de rappeler à leur lutte d’auto-détermination des peuples.
Ces actes de défiances, de provocation et de violation prouvent que les beaux principes sont en total décalage avec les pratiques sur le terrain qui sont de nature à raviver la face la plus exécrable de la CMA qui n’a pas fini de se réconcilier avec la grande majorité du peuple malien.
Au-delà de cet espace, le survol ce mercredi 5 avril d’un avion des Forces armées maliennes sur une partie du territoire national condamnée par la CMA relève plutôt des prérogatives régaliennes de l’Etat et ne saurait être interpellé par les ex-rebelles comme une provocation ou de la violation du cessez-le-feu de 2014.
En effet, selon la convention de Chicago de 1944, chaque pays est «souverain» au-dessus de son territoire et jusqu’à 12 milles des côtes (un peu plus de 22 kilomètres). Ainsi, en survolant des villes, jusque faisant partie du giron de l’État du Mali, les forces armées maliennes ne sont auteurs d’aucune violation du cessez-le-feu de 2014 du moment où il n’y a eu aucune agression ni attaque. En clair, l’Etat a le droit de l’exercice de la plénitude de ses prérogatives sur son espace aérien sans en référer à la CMA, au MNLA bien qu’ils soient des enfants gâtés de la république.
En tout cas, ce qui se passe prouve, si besoin en était encore, que les rebelles Touaregs campent sur leur idée selon laquelle la ville de Kidal ne serait plus une partie intégrante du territoire malien. Ces agissements seraient ainsi une façon de marquer leur territoire et de rappeler leur conviction à quiconque l’aurait oublié.

PAR SIKOU BAH

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