Le Mali comptait 314 911 réfugiés et demandeurs d’asile en août 2026, soit une hausse de 27 % en un an. Les arrivées de ressortissants burkinabè et nigériens expliquent une partie de cette progression, sur fond d’insécurité persistante dans la région. C’est l’un des constats du rapport trimestriel du Mixed Migration Centre (MMC) consacré à l’Afrique de l’Ouest.
Les déplacements de populations se poursuivent au Sahel et dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Dans son rapport sur la migration mixte du troisième trimestre 2026, le Mixed Migration Centre (MMC) relève une augmentation du nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile dans la région, ainsi qu’une évolution des routes migratoires vers l’Europe.
Selon les données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) reprises dans le document, l’Afrique de l’Ouest et du Centre accueillait 4,0 millions de réfugiés et demandeurs d’asile en août 2026, contre 3,0 millions à la même période en 2025, soit une progression de 33 %. Le rapport précise toutefois qu’une partie de cette augmentation résulte de l’élargissement de la couverture statistique du HCR à la République du Congo et à la République démocratique du Congo.
Au Mali, le nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile s’élevait à 314 911 en août 2026, contre 293 970 en mai 2026 et 247 935 en août 2025. Cette évolution représente une hausse de 7 % en trois mois et de 27 % sur un an.
Le rapport attribue cette progression à l’insécurité persistante dans les pays voisins. Entre août 2025 et août 2026, le nombre de réfugiés burkinabè au Mali est passé de 199 919 à 221 292, soit une augmentation de 11 %. Celui des ressortissants nigériens est passé de 33 001 à 78 548, enregistrant une hausse de 138 %.
En juillet 2026, Médecins Sans Frontières (MSF) avait signalé des arrivées régulières à Koro de personnes fuyant les violences le long de la frontière avec le Burkina Faso. En août, les Nations unies ont également documenté la poursuite des arrivées de ressortissants nigériens à Ménaka, dans un contexte d’insécurité dans la zone des trois frontières.
La progression des déplacements concerne aussi les autres pays du Sahel. En Mauritanie, le nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile atteignait 290 000 en août 2026, contre 173 783 un an auparavant, soit une augmentation de 67 %. Sur les 190 000 personnes enregistrées par le HCR dans ce pays, 98 % étaient de nationalité malienne, soit 186 809 personnes.
Les routes maritimes de plus en plus meurtrières
Le rapport du MMC met également en évidence une augmentation des décès et des disparitions sur plusieurs routes migratoires vers l’Europe, malgré la baisse globale de certaines arrivées.
À la fin de septembre 2026, 451 décès et disparitions de migrants avaient été enregistrés sur la route atlantique vers les îles Canaries, contre 353 à la même période en 2025, soit une hausse de 28 %. Sur la route de la Méditerranée occidentale, le bilan atteignait 456 cas, contre 206 un an auparavant, soit une augmentation de 121 %. La route de la Méditerranée centrale enregistrait 1 006 décès et disparitions, contre 885 en 2025, soit une progression de 14 %.
Au cours du seul troisième trimestre, 283 décès et disparitions ont été recensés sur la route atlantique, contre 259 à la même période en 2025. Sur la Méditerranée occidentale, le nombre est passé de 138 à 229. En revanche, la Méditerranée centrale a enregistré une baisse trimestrielle, avec 141 cas contre 307 au troisième trimestre 2025.
Le MMC souligne que les lacunes dans le suivi et la sous-déclaration restent importantes. Le nombre réel de victimes pourrait donc être supérieur aux chiffres enregistrés.
Concernant les arrivées en Europe, l’Espagne avait enregistré 24 646 arrivées au 30 septembre 2026, contre 27 475 à la même période en 2025, soit une baisse de 10 %. Les arrivées aux îles Canaries s’établissaient à 7 133, en recul de 44 % sur un an. Toutefois, elles ont plus que doublé au troisième trimestre, passant de 1 527 à 3 425.
Le rapport relève également une modification des points de départ. Le renforcement des contrôles migratoires en Mauritanie, au Sénégal, en Espagne et dans l’Union européenne aurait contribué à la baisse des arrivées de certaines nationalités. Entre janvier et juillet 2026, les arrivées de ressortissants maliens sur cette route ont diminué de 85 %. Mais les départs se sont déplacés davantage vers le sud, notamment depuis la Gambie, le Sénégal et la Guinée-Bissau.
PAR SIKOU BAH









