Dans le cadre d’une campagne militaire visant les zones d’implantation de groupes extrémistes, les autorités maliennes ont notifié leurs homologues mauritaniens de la mise en restriction d’une quarantaine de forêts situées le long de leur frontière commune. Les éleveurs mauritaniens sont appelés à éviter ces zones pour leur propre sécurité. Des informations rapportées par plusieurs médias mauritaniens.

Les autorités maliennes ont officiellement informé leurs homologues mauritaniens qu’une quarantaine de forêts, dont plusieurs situées le long de la frontière commune entre les deux pays, ont été désignées comme zones interdites d’accès. L’information a été rendue publique lors d’une réunion d’information organisée le lundi 15 juin au siège de la Moughataa d’Adel Bagrou, relevant de la wilaya du Hodh Ech Chargui, par Mahfoud Ould Bouh.
Cette mesure restrictive s’inscrit dans le cadre d’une opération militaire d’envergure lancée par les forces armées maliennes au début du mois de juin. « Elles nous avaient informés, au début du mois, du lancement d’une campagne militaire ciblant les forêts où des groupes extrémistes sont actifs sur le territoire malien », a déclaré le superviseur du Hakem Mahfoud Ould Bouh devant les participants à la réunion.
Ces forêts, dont certaines jouxtent directement le territoire mauritanien, sont présentées par notre pays comme des zones d’implantation et de repli de groupes armés jihadistes. Leur mise en restriction totale vise à permettre aux forces de défense maliennes d’opérer librement, sans risque de présence civile dans les couloirs d’intervention. Depuis plusieurs mois, des groupes terroristes se servent de ces zones pour attaquer des localités de Kayes et de Nioro du Sahel, selon plusieurs observateurs de la question sécuritaire.
La région frontalière entre le Mali et la Mauritanie est traditionnellement parcourue par des éleveurs transhumants mauritaniens, dont les troupeaux franchissent régulièrement la frontière pour accéder aux pâturages. Dans ce contexte, l’interdiction d’accès aux forêts désignées revêt une importance particulière pour ces populations pastorales.
Les autorités maliennes ont expressément demandé à leurs homologues mauritaniens de veiller à ce que les éleveurs se tiennent à l’écart de ces forêts, « en particulier de la région de Wagadou et des autres zones frontalières, afin de garantir leur sécurité et celle de leur bétail », a précisé le Hakem Ould Bouh. Ce dernier a insisté sur « l’importance de respecter les consignes données à cet égard », soulignant que leur non-respect pourrait exposer les éleveurs et leurs animaux à de graves dangers dans un contexte d’opérations militaires actives.
Or, quelques mois plutôt, des ressortissants mauritaniens accusaient les FAMAs qui auraient tué des citoyens mauritaniens lors d’opérations militaires.
En informant Nouakchott des opérations en cours sur son territoire, notre pays témoigne d’une volonté de transparence et de concertation avec son voisin, dont les populations sont directement concernées par l’évolution de la situation sécuritaire dans les zones frontalières.
Cette démarche s’inscrit dans un cadre plus large de gestion concertée des risques transfrontaliers, à l’heure où le Sahel reste l’une des régions les plus volatiles du monde en matière de sécurité.
Malgré la pression sécuritaire qui pèse sur la région, le responsable territorial mauritanien a tenu à souligner les effets positifs des efforts de sensibilisation menés ces derniers mois auprès des populations locales. Selon Mahfoud Ould Bouh, « les campagnes de sensibilisation organisées récemment ont contribué à mieux faire connaître les risques sécuritaires dans les zones frontalières ». Il a par ailleurs noté qu’« aucun incident de sécurité n’a été enregistré dans le Moughataa depuis le début de l’année », un résultat qu’il attribue à la vigilance des populations et à l’efficacité des dispositifs de prévention mis en place.

PAR SIKOU BAH

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