L’association malienne des expulsés (AME) a tenu, ce mardi 21 juillet 2026, une conférence de presse consacrée à la situation globale des migrants au cours du premier semestre 2026. Au cours de cette rencontre avec les hommes de médias, les acteurs de la défense des droits des migrants ont dressé un bilan alarmant de la situation globale des migrants dans le monde, marqué par des dérives inquiétantes en Afrique du Sud mais aussi par une lueur d’espoir venue de la péninsule ibérique.
Cette conférence de presse était animée par El Hadji Ousmane DIARRA, président de l’organisation, à Sotuba ACI, entouré des autres responsables du bureau.
Au cours de cette rencontre, les responsables de l’AME se sont prononcés sur : l’entrée en vigueur du Pacte européen sur la migration et l’asile et ses conséquences ; la situation des migrants africains en Afrique du Sud ; les régularisations massives des sans-papiers en Espagne.
Entré en vigueur le 12 juin 2026, le nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile, adopté en mai 2024 par le Parlement européen, transforme en profondeur le système d’asile commun au sein des 27 États membres de l’UE.
Si Bruxelles promet un filtrage strict aux frontières extérieures et une meilleure « solidarité obligatoire » entre pays européens, l’AME alerte sur les conséquences dramatiques pour les ressortissants africains souvent victimes de détentions arbitraires et d’expulsions express,
L’application du nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile renforce des contrôles aux frontières ainsi que l’accélération des procédures de refoulement.
Elle implique également l’externalisation des européennes avec une pression accrue sur les pays africains dits « tiers sûrs », à l’image du Sénégal et de la Mauritanie, sommés de gérer les demandes d’asile ou d’accueillir les personnes expulsées du territoire européen.
La collecte et l’usage des données biométriques, perçus comme liberticides, constituent, aux yeux des responsables de l’AME, une atteinte grave aux droits fondamentaux des migrants.
« Ce pacte ne protégera pas les migrants et ne facilitera en rien l’accès à l’asile. Il ne fait qu’institutionnaliser la déportation et la fermeture », déplore Ousmane DIARRA, président de l’AME.
Sur le continent africain, la situation préoccupe tout particulièrement l’ONG malienne. Depuis plusieurs semaines, l’Afrique du Sud fait face à une recrudescence violente d’attaques ciblées contre les ressortissants issus d’autres pays du continent.
L’AME condamne fermement ces violences et appelle les autorités sud-africaines à respecter l’article 12, alinéa 5 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, qui interdit formellement les expulsions massives.
Suite à ces violences, plus de 53 000 migrants ont été expulsés ou rapatriés sous la pression, relève l’ONG.
Derrière ces attaques, l’AME souligne un taux de chômage culminant à 32,7 % et plus de la moitié de la population sous le seuil de pauvreté dans le pays.
Autres conséquences : au plan social, il y a eu le creusement des inégalités au profit d’une minorité et la bouc-émissairisation des migrants par des acteurs politiques.
Au milieu de ces zones d’ombre, le modèle espagnol apparaît comme une avancée majeure. Lancé en avril 2026 par décret royal à la suite d’une initiative populaire appuyée par 600 000 citoyens et 900 associations, le plan exceptionnel (estimé à 500 000).
Conformément à cette vision, une régularisation a clôturé son dépôt de dossiers le 30 juin 2026 avec plus de 1 000 000 demandes enregistrées, soit le double des prévisions initiales. Le titre de séjour d’un an renouvelable a été accordé aux sans-papiers présents depuis au moins 5 mois avant le 1ᵉʳ janvier 2026, visant à soutenir l’économie espagnole et à pallier le vieillissement démographique.
L’association malienne salue chaleureusement cette initiative du gouvernement espagnol et l’encourage à poursuivre dans cette voie d’intégration et de dignité humaine.
Par Abdoulaye OUATTARA