C’est ce vendredi matin que le Général-Premier ministre Abdoulaye Maïga introduira son grand oral devant les honorables membres de l’institution parlementaire, le Conseil national de transition. Au menu de cet exercice républicain, outre les 8 priorités instruites dans sa lettre de cadrage par le président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, le chef du gouvernement aura forte à faire avec les parlementaires ‘‘politiques’’ sur les réformes recommandées par les Assises nationales de la refondation (pierre angulaire et bréviaire de la transition) notamment le lâchage en plein vol qu’à consister la dissolution des partis politiques intervenue ce mardi, alors même que le gouvernement disait la veille que point ne s’agissait pas de cela.
Pour l’honneur de tous, singulièrement ceux qui sont en mission au nom des ex-partis dissouts, le débat doit prospérer et édifier les Maliens sur les bien-fondés d’une mesure perçue plus comme un corset autoritaire qu’une réforme participant à l’ancrage de la démocratie.
Le Général Abdoulaye Maiga sera, sans également être incommodé par les feu-roulants des députés de la transition sur les mesures qui échappent à toute légalité républicaine en cours depuis la transition et qui ont pris ces derniers temps une fulgurance. Il s’agit de celles qu’on appelle pudiquement les interpellations extrajudiciaires qui ne sont pas moins des kidnappings crapuleux dignes des dictatures hors saison.
En effet, la psychose est à son paroxysme dans la Cité des 3 caïmans depuis que le mercure a commencé de monter le thermomètre politique à la suite des consultations dites des forces vives en vue de la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales de la transition concernant spécifiquement les réformes politiques. Pendant qu’à travers un fait de prince, les autorités de transition ont suspendu, par voie réglementaire, toutes les activités des partis politiques consacrées par le Constitution du 22 juillet 2023 et des associations à caractère politique sur toute l’étendue du territoire national avant de les dissoudre purement et simplement, le mardi 13 mai 2025, les cas d’enlèvements et de disparitions forcées de plusieurs acteurs politiques et d’activistes liés aux structures politiques se sont multipliés cette semaine. Notre rédaction a dénombré 6 (six) cas dont un seul, celui de Adrahamane Diarra, président des jeunes et secrétaire à la Communication de l’URD s’est soldé par plus de peur que de mal. Les 5 autres cas d’enlèvement et de disparition ne sont hélas pas des légendes urbaines isolées.
Depuis le début de la transition, plusieurs figures critiques à l’égard de la composante militaire ont été interpellées de manière extrajudiciaire. Il s’agirait, suivant nos propres investigations, de plusieurs dizaines de citoyens (politiques, leaders de la société civile, journalistes, activistes pritiprata, videomans kritikrata…) qui ont jeté en prison pour avoir porté atteinte, dit-on, au crédit de l’Etat, dans un pays où un Procureur avait estimé qu’il y a des ministres nommés par la rue…
Face à la répression qui va crescendo contre les libertés démocratiques et constitutionnelles, des fortes voix s’élèvent.
Dans une déclaration publiée le jeudi 8 mai 2025, le Barreau du Mali, interpellé sur son rôle historique dans l’avènement et la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit au Mali, la promotion, la protection et la défense des libertés fondamentales ne pouvait rester en observateur passif de la situation actuelle que vit le peuple malien. C’est pourquoi, les Avocats du Mali ont vivement appelé au respect de l’Etat de droit et prestement à l’instauration d’un cadre national de dialogue, d’échanges et d’écoutes en vue d’un règlement pacifique des difficultés consécutives à la décision de suspension des activités des partis politiques.
Par-dessus tout, le Barreau malien a lancé un appel au respect scrupuleux des libertés individuelles et collectives constitutionnellement reconnues et protégées et exhorté fortement les pouvoirs publics à prendre les mesures adéquates pour garantir les libertés individuelles et collectives, préserver la paix sociale et l’ordre public dans l’intérêt supérieur du peuple malien.
Quant à la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), à travers un communiqué publié ce lundi 12 mai 2025, elle se dite très ‘‘préoccupée face aux allégations de violation des droits humains, notamment celles relatives aux enlèvements et aux disparitions forcées, dont les plus récentes concernent des leaders politiques à Bamako’’. Aussi, condamne-t-elle tout acte d’enlèvements, de disparitions forcées, d’arrestations et de détentions arbitraires ; rappelle que l’exercice des droits civiques et politiques constitue l’essence d’un Etat démocratique respectueux des droits de l’Homme ; rappelle à l’Etat son obligation de respecter ses engagements internationaux en matière de droits humains, notamment ceux relatifs à la prévention des disparitions forcées’’.
Face au silence serein des autorités de la transition sur la question qui divise davantage la société malienne plongée dans une atmosphère de psychose et frayeur à Bamako, nombreux sont les responsables et militants qui préfèrent se cacher ou fuir la capitale, non par couardise mais pour se prémunir contre le bâton de l’aveugle. Certains opposants comparent désormais le climat actuel à celui ‘‘de régimes autoritaires, totalitaires et tortionnaires’’.
Entre enlèvement, arrestation extra-judiciaires, convocation sommaire par la justice, les ‘‘opposants aux militaires’’ se sentent de plus en plus menacés, passent clairement un sale quart d’heure actuellement.
Pourtant, notre civilisation millénaire va de pair avec la liberté d’expression. Les tarikh raconte que lorsqu’un messager interpellé par Dah sur la véracité du message transmis, après avoir bien siroté son hydromel, a répondu : O Tumuma fa de be fama la, ne tiékoroba de be galon tigue wa. Dah, répond : ne lui faites rien, il a le droit de dire ce qu’il pense. Et il dit vrai.
La sagesse malienne commune à plusieurs sociétés dit : quand tu vois venir un homme avec un bâton, intercepte-le. Mais avec des paroles, laissez-le les dire, c’est son droit. Où est ce droit aujourd’hui au Mali ?
Pour beaucoup d’observateurs, ces arrestations de voix critiques sont le signe de la fin de la liberté d’expression au Mali, estime ce militant de la société civile : « Le Mali, aujourd’hui, est une République où on a peur de s’exprimer, où on a peur de prendre des positions, qu’elles soient politiques, économiques ou religieuses.
Le citoyen lambda n’est pas vraiment en sécurité quand il s’agit d’exprimer ce qui est vraiment dans son cœur.
Dans une République où on a peur de s’exprimer, où on a peur de parler de la gestion des affaires de l’État, où toute personne en est là à pointer du doigt les questions des droits humains, les crises sociales, les crises économiques, il y a pas mal de personnes, pas mal de citoyens qui ont été interpellés. On peut dire que la liberté d’expression aujourd’hui au Mali n’est pas vraiment une réalité parce que les gens ont peur de parler. Si on a peur de parler, on ne peut pas parler de liberté d’expression.
Pour autant, du côté des autorités de la transition, le souci constant a toujours été la recherche de l’apaisement et la cohésion sans lesquels il n’est pas possible de travailler. Or, les bavardages, les jacasseries, les joutes verbales… sont indéniables à l’exercice de la chose politique.
Pour les autorités militaires ‘‘ces bruits politiques, ce sont des désordres contre-productifs qui cessent le temps de la transition’’. L’interpellation de plusieurs dizaines de personnalités civiles depuis le début de la transition entre dans ce cadre. Point ne s’agit d’une croisade à sens unique. Des biens introduits sur le dossier évoquent plus 200 militaires arrêtés en lien avec les audits, la discipline, la mauvaise conduite ou le malparlage. En raison de la procédure spécifique liée au secret défense, notre dossier ne s’intéressera qu’aux cas de militaires dans les mailles du filet de la justice, militaire ou civile.
Nous ferons aussi économie des arrestations intervenues dans le cas des :
-crises institutionnelles : (Bah N’Daw, président de la transition, Moctar Ouane, Premier ministre de la transition, Sekou Traoré, Secrétaire général de la Présidence…).
-audits du pôle économique et financier, donc des dossiers en instance devant les tribunaux. Ces dossiers concernent :
1.Soumeylou Boubèye Maïga, Sbm : ancien Premier ministre, président de ASMA-CFP
2.Mme Bouaré Fily Sissoko : ancienne ministre de l’Économie et des finances
3.Honorable Mamadu Diarrassouba, questeur de l’ex-Assemblée, ancien membre du CNT,
4.Honorable Issac Sidibé, ancien président du parlement,
5.Mamatou Bavieux Touré, ancien comptable financier de l’Assemblée
6.Honorable Abdrahmane Niang, ancien président de la HCJ
7.Adama Sangaré, ancien maire de Bamako,
8.Arouna Modibo Touré dit Touré, ancien ministre
9.Vital Robert Diop, directeur du Pari mutuel urbain (PMU)
10.Souhahebou Coulibaly, Directeur adjoint de l’Agence de gestion du fonds d’accès universel (Agefau)
-Des leaders religieux : outre l’Imam Mahmoud Dicko qui a préféré s’exile que d’être pris, on peut évoquer l’émission d’injonction par le procureur de la commune 4 de Bamako, par le biais de la Gendarmerie du Camp 1 de Bamako, contre l’imam Mohamed Traoré, 3ème vice-président du Haut conseil islamique du Mali (HCI), et l’Imam Ibrahim Diaby ; l’arrestation et l’incarcération du prêcheur Chouala Bayaya Haidara, de imam, Bandiougou Traoré, de l’imam Sékou Sidibé ; la convocation par le procureur du Pôle de la cybercriminalité de l’Imam Abdoulaye Koïta, de l’Imam Mahi Ouattara, du révérend Michel Samaké…
Voici à présent la liste non exhaustive des personnalités arrêtées, plus souvent pour atteintes au crédit de l’Etat ou autres infractions similaires, en lien avec leurs droits et leurs libertés constitutionnels.
Les personnalités interpellées…
Mohamed Youssouf Bathily dit Ras-Bath, porte-parole du Collectif pour la défense de la République (CDR)
Ras Bath, journaliste et porte-parole du Collectif pour la défense de la République (CDR) avait été arrêté en mars 2023, à la suite de propos qu’il a tenus durant une rencontre avec le parti politique de l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga. Ras Bath avait dénoncé un assassinat en la mort de SBM, alors que les autorités de transition avaient refusé d’évacuer l’ex-chef de gouvernement pour assurer ses soins.
En mars 2024, le chroniqueur Ras Bath est condamné à 18 mois de prison, dont neuf mois ferme. En détention depuis un an, l’animateur radio et militant malien a été poursuivi pour « simulation d’infraction » Ras Bath a donc purgé sa peine, mais il est toujours en détention car il reste poursuivi pour « association de malfaiteurs » et « atteinte au crédit de l’État »
Etienne Fakaba SISSOKO universitaire et homme politique
Etienne Fakaba Sissoko avait été arrêté à son domicile par la Brigade d’intervention judiciaire lundi 25 mars 2024 et placé sous mandat de dépôt. Son interpellation était liée au livre qu’il a publié et dans lequel il dénonçait notamment la «propagande» et «le mensonge» des autorités maliennes de transition. «Propagande, Agitation, Harcèlement, la communication gouvernementale pendant la transition au Mali», c’est le titre de ce livre publié en décembre et dans lequel des Maliens s’expriment sur la transition. Inculpé pour atteinte au crédit de l’Etat.
Etienne Fakaba Sissoko avait déjà passé six mois en prison en 2022, après avoir commenté l’impact des sanctions économiques de la CEDEAO contre le Mali. Les expressions d’opposition sont devenues difficiles sous la junte militaire, les mesures répressives ne se comptent plus.
Il vient de sortir récemment de prison et a même publié deux ouvrages.
Issa Kaou NDJIM, homme politique
Dans la soirée du mardi 26 octobre 2021, le 4e vice-président du CNT, Issa Kaou NDIM, a été interpellé chez lui sur instruction du tribunal de la commune 4 du district de Bamako. La justice lui reproche un comportement délictuel à travers les réseaux sociaux. Ses propos jugés provocants avaient été qualifiés de «trouble à l’ordre public et l’ont conduits en prison.
Si cette première incarcération avait marqué la rupture notable entre Kaou NDjim et les dirigeants de la transition, l’ancien membre du Conseil National de Transition (CNT), Kaou NDjim, a de nouveau été placé sous mandat de dépôt le mercredi 13 octobre 2024 suite à sa participation à l’émission Rendez-vous des idées diffusée sur Joliba TV.
Lors de cette émission, M. Kaou Djim a exprimé des doutes concernant la tentative récente de déstabilisation au Burkina Faso. C’est d’ailleurs suite à une plainte déposée par le Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina Faso auprès de la Haute autorité de la communication (HAC) du Mali que cette interpellation a été déclenchée, en raison des propos jugés offensants pour les autorités et le peuple burkinabè.
Bouba Karamoko TRAORE, vice-président M5-RFP
Le Vieux Boubacar Karamogo Traoré, Vice-Président du Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), et chargé de mission du Premier ministre, a été placé sous mandat de dépôt le mardi 28 mai par le procureur du pôle anti-cybercriminalité suite à son interpellation la veille, lundi 27 mai, dans son bureau à la Primature.
Les ennuis judiciaires de cet octogénaire remontent au 27 mai 2024, lorsqu’il a été arrêté à son bureau de la Primature, où il occupait une fonction officielle. L’arrestation est intervenue peu avant le quatrième anniversaire du mouvement du 5 juin (M5-RFP).
En tant que vice-président de ce mouvement, Bouba Karamoko Traoré avait signé et publié un mémorandum dénonçant la gestion militaire de la transition, ce qui a déclenché son interpellation. Le Mémorandum accusait les militaires de violer le « Pacte d’honneur » qui liait les civils et les militaires ayant renversé IBK en 2020. Il a également critiqué le limogeage des ministres proches du M5-RFP sans consultation préalable du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, et a dénoncé l’isolement de ce dernier dans la prise de décisions importantes au sein du gouvernement.
Après avoir été condamné en première instance à un an de prison pour « atteinte au crédit de l’État » et « outrage à magistrat », la cour d’appel a réduit sa peine à trois mois de prison, qu’il a déjà purgée. Bouba Traoré a regagné son domicile le lundi 2 septembre 2024.
Ibrahim Nabi Togola, Chef de parti
Le matin du 28 décembre 2024, Ibrahim Nabi Togola, président du parti Nouvelle vision pour le Mali (PVPM), s’apprêtait à tenir une conférence de presse à Bamako. Alors qu’il se trouvait dans la cour du bâtiment prévu pour l’événement, deux hommes en civil sont apparus et lui ont demandé de les suivre. Face au refus de Togola, la situation a rapidement dégénéré.
Selon les témoignages recueillis auprès de ses proches, une altercation violente a éclaté. Les deux individus, prétendant être des gendarmes, ont brutalement maîtrisé le dirigeant politique. Ibrahim Nabi Togola a été blessé au visage, menotté, puis forcé à monter dans un véhicule 4×4 noire aux vitres teintées.
Détenu pendant 45 jours au secret, le président Nouvelle vision pour le Mali (NVPM) a été libéré lundi 10 février 2025. Selon Abdoulaye Traoré, président du parti RJS (Rassemblement pour la justice sociale) il est rentré très affaibli, il est malade, parce qu’il a été maltraité.
À présent, il se repose. Il est rentré très fatigué ».
Dr Oumar Mariko, président de Sadi
Interpellé le lundi 6 décembre 2021, au Camp I de Bamako pour « injures grossières et enregistrement illégal », Dr. Oumar Mariko, président du parti SADI (Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance), ancien député, a été placé en garde à vue.
Présumé auteur d’un enregistrement devenu viral sur les réseaux sociaux, Dr Oumar Mariko a tenu des « injures grossières » au Premier ministre Choguel Kokalla Maïga en réaction à un audio de ce dernier expliquant avec moult détails l’impossibilité de juger sur le fond l’ex-chef de la junte militaire Amadou Aya Sanogo dans l’affaire dite des bérets rouges, car il disposait une flopée de secrets sur des hommes politiques maliens voire sur la France qui aurait tenté de l’assassiner. Dr Oumar Mariko très remonté s’est fendu des diatribes ayant fuité sur les réseaux sociaux qualifiant le Premier ministre de « menteur » qu’il « a failli le frapper » au cours d’une dispute remontant au crépuscule du régime de Moussa Traoré.
Placé en garde à vue le lundi 6 décembre 2021 à Bamako pour «propos injurieux» tenus contre le Premier ministre Choguel Kokalla Maiga, l’opposant malien, Dr Oumar Mariko a obtenu une liberté provisoire le mardi 4 janvier 2022, de même que son co-accusé Bakary Camara.
Le docteur Oumar Mariko est en fuite depuis lundi 4 avril 2022, ce, après avoir tenu des propos très critiques devant les acteurs de 1991. En effet, lors d’un panel des acteurs du mouvement démocratique commémorant les 31 ans de la démocratie malienne initié par l’ADEMA-PASJ, le docteur Oumar Mariko n’a pas hésité à tirer à boulets rouges sur l’armée nationale. Il reprochait avec conviction à cette dernière d’avoir commis des exactions sur les populations civiles à Mourra. Or, toucher à l’armée de nos jours, équivaut à toucher aux nerfs de la population. Il est difficile de concevoir qu’au moment où l’armée monte en puissance, met en déroute l’ennemi et s’impose comme l’une des meilleures de la sous-région, qu’un président de parti politique se donne comme mission de lui jeter les bâtons dans ses roues.
Adama Ben Diarra dit Ben le cerveau, président de Yerewolo Debout sur les remparts
Le leader du mouvement souverainiste «Yerewolo Debout sur les remparts « Adama Diarra dit «Ben le Cerveau» avait été interpellé lundi 4 septembre 2023 par la brigade d’investigation judiciaire à la demande du procureur du pôle anti-cybercriminalité. La justice malienne lui reproche d’avoir porté atteinte au «crédit de l’Etat « après ses propos tenus sur la gestion de la transition et notamment sur la nécessité pour les autorités de transition de respecter le chronogramme électoral.
Le dimanche 27 août, sur le plateau d’une radio de la capitale malienne, Ben le Cerveau, membre du Conseil National de Transition avait été interrogé sur la fin de la transition annoncée pour mars 2024. Il a alors décliné la position de son mouvement Yerewolo debout sur les remparts :
«Oui Yerewolo debout sur les remparts a été appelé, comme les autres partis politiques, les 291 partis politiques. Notre délégation était conduite par Ali Togo. Le gouvernement a pris l’engagement qu’il n’allait pas dépasser 24 mois comme durée de transition. La communauté internationale avait pris acte. Pour honorer cet engagement international, nous sommes prêts du point de vue organisationnel. Yerewolo a estimé qu’à partir du moment où les sanctions des institutions économiques et financières ont été levées, nous devons faire en sorte d’organiser l’élection présidentielle, conformément au chronogramme électoral, pour ne pas tomber sous le coup d’autres sanctions inutiles,» a-t-il assuré.
Pr Clément Dembélé, président de Plateforme contre la corruption et le chômage au Mali.
Le Professeur Clément Dembelé, président de la Plateforme contre la corruption et le chômage au Mali (PCC), a été arrêté le vendredi 17 novembre 2023 et placé sous mandat de dépôt à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako pour des menaces de mort à l’encontre du Chef de l’État, de sa famille, et de ses frères dans un enregistrement vocal dans lequel il se qualifie même de « tueur né ».
Le Procureur du Pôle de lutte contre la Cybercriminalité au Mali, Dr. Adama Coulibaly, s’est autosaisi et a ordonné une enquête pour interpeller le Professeur Dembélé qui n’en était pas à sa première affaire liée à des enregistrements vocaux circulant sur les réseaux sociaux. En août 2020, après la chute de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita, il avait déjà été impliqué dans une affaire similaire suite à une conversation téléphonique avec l’ancien président du Conseil National du Patronat du Mali, Mamadou Sinsy Coulibaly.
Mme Rokiatou Doumbia dit Rose Poivron
Interpellée depuis lundi 23 mars 2023 par le commissariat de police du 5ème arrondissement où elle a passé la nuit, Mme Sidibe Rokiatou DOUMBIA, président de l’association « Siguida Nièta », connue sur la toile sous le nom de Rose « Poivron » a été présentée le lendemain mardi au tribunal de la commune 4 du district de Bamako, qui a fini par la mettre sous mandat de dépôt. De sources judiciaires, trois chefs d’accusations sont retenues contre elle : incitation à la violence, trouble à l’ordre public, outrage et violence envers le chef de l’Etat. Elle a été interpellée à la suite d’une plainte introduite par le Collectif pour la Défense des Militaires (CDM). Conséquence d’une vidéo dans laquelle elle fustige le résultat de la transition. Dans cette vidéo live, Mme Sidibé dénonce l’insouciance des autorités de la transition face à, entre autres, à la cherté de la vie ; la coupure intempestive de courant et l’insécurité grandissante en prenant l’exemple sur la disparition d’un jeune vendeur de téléphone portable exerçant au niveau de Malitel-da.
Dans sa diatribe, elle va jusqu’à donner « 0 » comme note à la transition.
On se rappelle que ce n’est pas la première interpellation de Mme Sidibé ou encore Mme vie chère. Elle fut interpellée par un commissariat de la place, puis relâchée. Jusqu’ici aucune de ses demandes de libération provisoire n’a été proposée. Elle reste à Bollé.
Abdoul Niang, journaliste
Jeudi 5 août 2021, le journaliste chroniqueur Abdoul Niang a été arrêté et placé sous mandat de dépôt par le tribunal de la commune IV du district de Bamako. Il est inculpé pour «Association de malfaiteurs », lors de ses dernières sorties médiatiques, après l’arrestation du général Moussa Diawara dans l’affaire Birama Touré, le jeudi 29 juillet 2025, par le tribunal de la commune 4 du district de Bamako pour «complicité d’enlèvement, de séquestration, de tortures », en lien avec l’affaire du journaliste malien, Birama Touré disparu depuis 5 ans.
L’incarcération du journaliste Abdoul Niang intervient au lendemain de la tentative d’assassinat d’un témoin « clé » dans l’affaire de disparition de notre confrère, Birama Touré.
De bonnes sources, ce témoin dont l’identité n’a pas été révélée, « a été suivi par un véhicule 4X4 de couleur blanche aux vitres noires, alors qu’il quittait tardivement le cabinet du juge d’instruction après une longue journée de déposition »
Ensuite, le jeudi 19 octobre 2023, après sa convocation, le Chroniqueur-activiste et journaliste à la fois, Abdoul Niang a été placé sous mandat de dépôt, ce jeudi 19 octobre 2021, par le Procureur du Pôle de Lutte contre la Cybercriminalité, puis écroué à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako (MCA) pour propos mensongers contre l’Institution judiciaire, de nature troubler la paix publique «.
Il était accusé d’avoir tenu des propos mensongers contre l’institution judiciaire, propos de nature à troubler la paix publique Ces propos auraient été annoncés lors une publication et diffusion d’une vidéo considérée comme outrage magistrat et atteinte au crédit de l’Etat. L’accusé sera donc jugé le 16 novembre prochain.
Cette affaire découle, selon des sources concordantes, du dossier classé sans suite, qui l’oppose à la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS). Cette dernière avait convoqué Abdoul Niang, le 10 octobre d, suite à une plainte des partisans de l’imam.
Sidiki Kouyaté et Tahirou Bah, activiste
Le porte-parole éminent du mouvement Yerewolo Débout sur les Remparts, Sidiki Kouyaté, également connu sous le nom de « Sèkè Agelement» animateur de radio bien-aimé, et l’activiste-écrivain Tahirou Bah ont été arrêtés dans la soirée du vendredi 8 septembre 2023.
Les deux hommes ont été placés en détention par le procureur du Pôle de Lutte contre la Cybercriminalité, Dr. Adama Coulibaly. Ils font face à des accusations de troubles à l’ordre public et d’injures publiques. Sidiki Kouyaté et Tahirou Bah transférés et détenus à la Maison d’Arrêt Centrale de Bamako.
La détention de Sidiki Kouyaté et Tahirou Bah a rapidement suscité des préoccupations quant à la liberté d’expression et aux droits civiques au Mali.
Le procureur Coulibaly a adressé un avertissement sévère à tous les citoyens, en particulier aux activistes des réseaux sociaux, concernant les dérapages en ligne et le non-respect de la loi. Il a spécifiquement mentionné les « videoamans, » un terme couramment utilisé pour désigner les activistes vidéo, ainsi que les journalistes, exhortant tous à la prudence lorsqu’ils commentent sur les institutions de la République.
Mamadou Traoré dit le Roi, chef de parti
Interpellé le 24 avril 2025 par le procureur du pôle anti-cybercriminalité, le président du parti Alternative pour le Mali, Mamadou Traoré dit le Roi a été placé sous mandat de dépôt le lendemain 25 avril pour Atteinte au crédit de l’État et diffusion de fausses informations sur les forces de l’Ordre.
Sa détention fait suite à une vidéo, devenue virale, sur les réseaux sociaux, dans laquelle il tient des propos virulents à l’encontre des autorités de la Transition.
Le Roi accuse, en effet, le pouvoir de recourir à des «mercenaires» rémunérés à coups de «milliards tirés de nos impôts».
Par la même occasion, il invite les dirigeants actuels à «retirer leur tenue militaire» pour «descendre sur le terrain politique». Selon les informations ayant fuité de son interrogatoire, l’inculpé devait apporter la preuve de la présence de mercenaires russes, en l’occurrence Wagner, au Mali.
En attendant son procès fixé au 12 juin 2025, le candidat malheureux aux communales de 2016 et législatives de 2020 à Ségou séjourne à 163 km de la capitale, notamment dans la prison de Dioïla. « Le Roi » intrépide n’est pas à sa première incarcération sous la Transition. Il avait déjà été emprisonné pendant plusieurs mois en 2024, avec dix autres figures emblématiques de la scène politique, pour « complot contre les autorités légales », qui seront finalement libérés sur fond d’un compromis obtenu par l’ex PM Ousmane Issoufi Maiga.
Nouhoum Togo, président du parti USR
Figure connue de la scène politique nationale et très actif sur les réseaux sociaux, le président du parti « Union pour la sauvegarde de la République » (USR), Nouhoum Togo, avait été placé sous mandat de dépôt, ce lundi 21 novembre 2022, à la Maison centrale d’arrêt de Bamako (MCA).Selon des sources judiciaires, l’homme politique interpellé, vendredi d’avant, par le Commissariat de police de Sotuba a passé le week-end en garde à vue, avant d’être présenté ce lundi, au juge d’instruction du 3ème cabinet du Tribunal de la Commune VI qui a décerné un mandat de dépôt contre lui.
A l’origine, une plainte dans l’affaire l’opposant à l’opérateur économique Mama Lah pour « injures et diffamations par biais d’un système d’information et de communication ». Quelques semaines auparavant, Nouhoum Togo avait indiqué sur sa page Facebook avoir présenté ses excuses à l’opérateur économique en question sur conseils de son avocat et de plusieurs autres personnes proches de Mama Lah.
Placé sous mandat de dépôt depuis le 21 novembre 2023 à la Maison centrale d’arrêt de Bamako (MCA), le président du parti « Union pour la sauvegarde de la République » (USR), Nouhoum Togo a été remis, ce mardi 13 décembre, en liberté provisoire.
Abdoul Kader Maiga, M5-RFP :
Abdel Kader Maïga, membre du comité stratégique du M5 RFP et proche du Premier Ministre Choguel Kokalla Maïga, a été interpellé par la Brigade d’Investigation Judiciaire (BIJ) à son domicile par les forces de police aux fins d’audition. Cette arrestation intervient après que Maïga ait fait des déclarations explosives lors d’une récente sortie médiatique.
Tout est parti d’une conférence de presse animée le 6 mars au cours de laquelle Abdel Kader Maïga a pris la défense de son mentor, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, dans la crise du M5.
Au cours de ladite conférence qui a duré plus de deux heures, il a tenu des propos très durs contre certains responsables du comité stratégique du M5, à savoir l’imam Oumarou Diarra qui a été traité de « cafard », Me Mountaga Tall et Jeamille Bittar. Même le ministre d’État, le colonel Abdoulaye Maïga, n’a pas été épargné.
C’est à la suite de cette conférence qu’il a été interpellé et placé sous mandat de dépôt puis envoyé à la prison de Koulikoro par le tribunal chargé de la cybercriminalité suite à la plainte de l’imam Oumarou Diarra. Depuis cette incarcération, bonjour aux polémiques.
Placé sous mandat de dépôt depuis le 8 mars dernier suite à une plainte de l’ancien ministre et iman Oumarou Diarra, Abdel Kader Maiga a été condamné, ce lundi 29 avril 2024, à deux ans de prison dont 1 avec sursis pour « injures publiques »
La Cour d’Appel de Bamako a rendu son verdict concernant Abdel Kader Maïga, infirmant la condamnation initiale de 12 mois de prison ferme et 12 mois avec sursis. À la place, il a été condamné à 4 mois de prison ferme.
Maïga avait été placé en détention provisoire le 8 mars 2024. Cette décision signifie qu’il devrait être libéré prochainement pour retourner chez lui.
Youssouf Daba Diawara, Ex-CMAS
Interpellé, le vendredi 12 juillet 2024 par les éléments de la Brigade d’Investigation Judiciaire, le coordinateur des Mouvements, associations et sympathisants (ex- CMAS) de l’imam Mahmoud Dicko, Youssouf Daba Diawara a allongé la liste des acteurs politiques déjà arrêtés à cause de leur opposition à la trajectoire prise par les autorités de la transition. Il a été présenté à un juge d’instruction ce lundi 15 juillet 2024, lequel a l’inculpé après la qualification des chefs d’accusations.
En cause, Youssouf Daba Diawara était activement recherché par les forces de sécurité pour avoir bravé le décret présidentiel, encore en vigueur, suspendant des activités des partis politiques et des associations à caractère politique.
Son nouveau mouvement, la Synergie d’Action pour la Mali, avait organisé clandestinement une manifestation contre la vie chère et les coupures d’électricité en mi-juin malgré les mises en garde du gouverneur du district de Bamako.
Depuis la tenue de cette manifestation, son instigateur Youssouf Daba Diawara est passé au maquis.
Après un mois de cachette, la cavale a pris fin le vendredi 12 juillet lorsqu’il a été interpellé dans la circulation en compagnie de sa mère à la descente du deuxième pont de Bamako par les éléments de la brigade d’investigation judiciaire.
Youssouf Daba Diawara a été libéré, vendredi 4 octobre 2024, sous condition. Ce proche de l’imam Mahmoud Dicko du CMAS a été condamné à deux mois de prison avec sursis par le tribunal de la commune V de Bamako.
Youssouf Daba Diawara a été inculpé pour « opposition à l’autorité légitime», après avoir participé à une manifestation non autorisée en juin 2024.
Daouda Magassa, ex-CMAS
L’enlèvement de Daouda Magassa est survenu alors que des rumeurs circulaient sur le retour de l’imam Dicko au Mali. Pour rappel, la famille politique de Daouda Magassa n’a jamais donné des nouvelles sur l’identité des ravisseurs. Elle avait appelé les autorités à déployer tous les efforts nécessaires pour ramener sain et sauf leur camarade politique, insistant qu’elle reste investie, mobilisée et déterminée pour un retour éminent de l’imam Dicko le 14 février 2025.
Mais beaucoup de personnes sont unanimes que la brusque disparition de Daouda Magassa s’apparente aux méthodes des services secrets qui le plus souvent procèdent à des enlèvements sans adresser une convocation dûment établie à la personne concernée. Avant son enlèvement, Daouda Magassa avait donné plusieurs interviews à la presse et passé sur plusieurs plateaux télé pour annoncer le retour éminent de l’imam Dicko à Bamako le 14 février. Ce retour a finalement été avorté. Mais, plusieurs personnes impliquées dans les préparatifs de l’imam Mahmoud Dicko ont été interpellés et placés sous mandat de dépôt.
Mahamane Mariko, président du CRAJ
Mahamane Mariko, président du parti CRAJ – FASSO NIÈTA et ancien Secrétaire Général du Bureau de Coordination de l’AEEM, a été enlevé par des individus masqués et lourdement armés le 30 octobre 2024 aux alentours de 16h30 au quartier de Djikoroni 7 à Bamako, alors qu’il assistait à une cérémonie de funérailles pour un proche.
Les circonstances entourant cet enlèvement sont alarmantes.
Des témoins rapportent avoir vu une voiture teintée s’approcher de Monsieur Mariko avant qu’il ne soit contraint de monter à bord par des hommes armés.
Cet incident soulève des questions sérieuses concernant la sécurité des personnalités politiques et met en lumière un climat d’insécurité croissant dans le pays.
Pendant 24 heures, il n’a ni pu contacter sa famille, ni mangé, ni bénéficié de l’assistance d’un avocat.
Ce qu’il considère comme une violation de ses droits fondamentaux.
Ce n’est, semble-t-il, que le lendemain que les policiers l’ont informé de l’objet de son arrestation, une accusation de complicité d’escroquerie, en lien avec une affaire de transaction d’or impliquant un Malien, Lamine Traoré et un Burkinabé.
Ces arguments tenus devant le procureur lui ont permis de recouvrer sa liberté. C’est pourquoi a-t-il qualifié son interpellation d’abusive. Le leader politique a également condamné la diffusion d’une vidéo le montrant en détention dans des conditions humiliantes.
Les 11 leaders de la coordination du 31 mars 2023
Le 20 Juin 2024, onze (11) responsables politiques sont arrêtés au cours d’une rencontre dans un domicile privé et placés sous mandat de dépôt, le 24 juin 2024, au motif de tentative d’atteinte ou d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, de trouble à l’ordre public et d’opposition à l’autorité légitime.
Ce sont :
Moustapha DICKO, Adema-Pasj
Yaya SANGARÉ (Adema-PASJ),
Amidou MAÏGA (RPM),
Abderhamane KORERA (ASMA-CFP),
Moulaye HAÏDARA (PDES),
Samba COULIBALY (NEMA),
Mamadou TRAORÉ (UNION),
Laya Amadou GUINDO (ADRP),
Mohamed Aly BATHILY (M5RFP-MALI KURA),
Mamadou TRAORÉ dit Le Roi (ALTERNATIVE POUR LE MALI),
Malley CAMARA (CNDR)
Après plusieurs refus de demande de libération provisoire, la justice a finalement libéré le vendredi 6 décembre 2024 les 11 leaders de l’opposition qui avaient appelé à un retour à un régime civil dans le cadre des mesures d’apaisement politique suite à la nomination controversée du général Abdoulaye Maïga au poste de Premier ministre.
Les 11 personnes avaient été arrêtées le 20 juin lors d’une réunion «illégale» tenue pendant une période où toutes les activités des partis politiques avaient été interdites. Ils ont été accusés de comploter contre le régime après avoir signé en mars une déclaration appelant les militaires à renoncer au pouvoir.
Alou Badara Sacko, porte-parole du Front « Touche pas à Mon Argent »
Le 14 mars 2025, aux environs de 18 heures, Alou Badara Sacko a été enlevé par des individus cagoulés non identifiés à Bamako, capitale du Mali. Alors qu’il quittait en voiture une réunion du Front « Touche pas à Mon Argent » au sujet de la nouvelle taxation qui se tenait à Bamako Coura, M. Sacko a été poursuivi par un véhicule de marque Toyota V8 gris, aux vitres fumées et sans plaque d’immatriculation, avec au moins quatre hommes à son bord. Au niveau d’un feu tricolore, situé au rond-point de la place de la Liberté, près du Ministère de l’éducation nationale, dans le centre-ville de Bamako, trois hommes cagoulés en civil et armés sont sortis du V8 pour aller extraire M. Sacko de son véhicule et l’emmener vers une destination inconnue. Le sort et le lieu où se trouve Alou Badara Sacko sont toujours inconnus, et ses proches et son organisation restent sans nouvelles de sa part.
L’enlèvement d’Alou Badara Sacko serait lié à une vidéo publiée le 11 mars 2025 sur plusieurs réseaux sociaux, dans laquelle il dénonçait l’illégalité présumée de la taxation et demandait aux autorités d’y renoncer. M. Sacko demande par ailleurs constamment le retour à l’ordre constitutionnel et dénonce le rétrécissement de l’espace civique et les atteintes aux libertés fondamentales. Depuis l’instauration de la nouvelle taxation, il fait partie des nombreuses voix qui demandent l’annulation de ces nouveaux prélèvements fiscaux qui devraient servir à alimenter « le fonds de soutien » aux autorités maliennes.
Le Front « Touche pas à Mon Argent » est un mouvement citoyen qui regroupe plusieurs couches socio-professionnelles du Mali crée suite à l’instauration par les autorités maliennes, le 5 mars 2025, de la nouvelle taxation de 10 % sur les recharges téléphoniques et de 1 % sur les transferts mobiles.
Les recents enlvements :
Il y a eu six (6) enlèvements depuis le debut de la crise dont : Outre Mamadou TRAORÉ dit Le Roi (président du parti Alternative pour le Mali qui est du nombre des 11 leaders arrêtés), on peut citer :
El Béchir Thiam, Jeunesse YELEMA
Le Jeune El Bachir Thiam a été interpellé ce jeudi 8 mai, aux environs de 15h00, devant une boutique à Kati, ville militaire située à une quinzaine de kilomètres de la capitale, Bamako.
Des témoins oculaires rapportent qu’un véhicule de type V8, sans plaque d’immatriculation, s’est arrêté brutalement. Plusieurs hommes cagoulés, présentés par certains comme des éléments « se réclamant de la sécurité d’État », sont descendus pour procéder à l’arrestation musclée du jeune activiste.
D’après des proches de M. Thiam et plusieurs publications sur les réseaux sociaux, aucun mandat d’arrêt n’a été présenté. Aucune convocation préalable ne lui aurait été adressée. « Ce sont des méthodes qui rappellent les heures sombres des dictatures », a commenté un membre de Yelema sous anonymat. « C’est un véritable kidnapping. » L’opération s’est déroulée dans une ambiance de tension : El Bachir Thiam aurait tenté de résister avant d’être embarqué de force.
Figure montante de la société civile malienne, El Bachir Thiam s’était fait remarquer ces derniers mois par ses prises de parole publiques en faveur du retour à l’ordre constitutionnel et de la restauration de la démocratie au Mali. Membre actif de Yelema, il avait récemment coorganisé une conférence-débat avec un groupe de femmes à Bamako, axée sur la nécessité de respecter la Constitution malienne et les droits fondamentaux.
Plusieurs observateurs estiment que son enlèvement pourrait s’inscrire dans une volonté plus large de museler les voix dissidentes, à l’approche des échéances promises par les autorités de transition
Allassane Abba, secrétaire de CODEM
Le jeudi 8 mai, le secrétaire général du parti Convergence pour la Démocratie, l’ancien député de Bourem. Alassane Abba a été arrêté en lien avec la crise politique par les forces de l’ordre chez lui dans des conditions arbitraires et inacceptables.
Selon le bureau politique national du parti et la plateforme politique Espérance nouvelle Jigiya-kura cette arrestation s’inscrit dans une logique de répression des voix libres, engagées pour un Mali plus juste, plus solidaire et véritablement démocratique.
« Elle constitue une atteinte grave aux libertés fondamentales et ne vise qu’à intimider celles et ceux qui osent dénoncer l’injustice, la corruption et les abus de pouvoir », dénonce-t-on.
La plateforme tient à préciser que cette tentative d’intimidation ne l’affaiblit pas.
« Au contraire, elle renforce notre détermination à poursuivre le combat jusqu’à la libération du peuple malien de toutes les formes d’oppression », soutient-elle. Pour elle, chaque arrestation, chaque injustice, chaque abus ne fait que raviver notre engagement, tout en exigeant la libération immédiate et inconditionnelle de leur camarade.
Abdoul Karim Traoré dit Exo (Rougeot), jeunesse CODEM
La psychose est loin d’être retombée dans la ville des 3 caïmans. Alors que les autorités de transition ont suspendu toutes les activités des partis politiques et des associations à caractère politique avant de les dissoudre purement et simplement le mardi 13 mai 2025, les cas d’enlèvements et disparition de plusieurs acteurs politiques et d’activistes se sont multipliés cette semaine.
Le dernier en date : Abdoul Karim Traoré, jeune responsable du parti Codem, introuvable depuis dimanche.
Abdoul Karim Traoré, surnommé « Exo », vice-président des jeunes de la Codem et membre actif de la coalition d’opposition Jigya Kura, a disparu le 11 mai en fin d’après-midi. Depuis, plus aucun contact. Ses proches affirment ne pas savoir où il se trouve, et aucune autorité judiciaire ne s’est exprimée sur son cas.
Son arrestation serait motivée par une vidéo où il dénonçait l’enlèvement d’un autre cadre de son parti, Alhassane Abba, quelques jours plus tôt.
La disparition de Abdoul Karim Traoré n’est pas un cas isolé malheureusement. Depuis le début du mois, plusieurs figures critiques à l’égard de la transition militaire ont été interpellées de manière extrajudiciaire. Alhassane Abba, secrétaire général de la Codem, a été enlevé à son domicile, tout comme El Bachir Thiam du parti Yelema, kidnappé en pleine rue à Kati.
Adrahamane Diarra, président des jeunes et secrétaire à la Communication de l’URD
L’onde de choc a été immédiate ce lundi 12 mai dans les milieux politiques maliens : Abdrahamane Diarra, jeune leader charismatique, président du Mouvement des Jeunes de l’Union pour la République et la Démocratie (MJ-URD) et secrétaire à la communication du Bureau Exécutif National du parti, a été enlevé en plein jour par des hommes non identifiés. Une nouvelle qui a plongé ses proches, les militants de l’URD et de nombreux observateurs de la scène politique dans une profonde inquiétude.
Selon un communiqué officiel de la Section URD du 2ᵉ Arrondissement de Bamako, signé par Mohamed B. Dembélé, l’enlèvement a eu lieu vers 11h du matin, alors qu’Abdrahamane Diarra se trouvait dans le périmètre de la commune. « Cet acte ignoble constitue une atteinte grave à la liberté individuelle et à l’engagement politique pacifique », dénonce le texte. Le parti a immédiatement exigé sa libération « immédiate et sans condition », exprimant sa ferme opposition à toute forme d’intimidation visant ses cadres.
Après plusieurs heures de silence angoissant, la nouvelle de sa libération est tombée tard dans la nuit du lundi 12 mai 2025. Abdrahamane Diarra a regagné son domicile sain et sauf, mais selon nos informations recueillies par des confrères, il a pour l’instant préféré garder le silence sur les circonstances de son enlèvement, se contentant de rassurer ses proches sur son état de santé. Il n’a pas encore voulu s’exprimer publiquement sur les conditions de sa détention ni sur les éventuels motifs ou commanditaires de son enlèvement.
Échappés à l’enlèvement
Mamadou Sidibé, membre du «Front Ne Touche Pas à Mon argent’’
Il a été victime le 24 mars d’une tentative d’enlèvement à son bureau ce Mardi à Bamako. Il a échappé de justesse grâce à l’intervention rapide de la population.
Ibrahima Tamega, responsable du parti Convergence
Une tentative d’enlèvement du Chargé de communication du parti « La Convergence » Ibrahima Tamega, échouée grâce à l’intervention des jeunes de son quartier en commune II du district de Bamako ce vendredi 09 mai 2025 vers 13h.
Ibrehima Tamega, joint par téléphone a confirmé les faits : « Ils ont voulu m’enlever, n’eût été l’intervention des jeunes de mon quartier, ils allaient m’enlever. C’était la même méthode, une voiture V8 et des hommes armés. Nos jeunes du quartier sont intervenus à temps …»
Par Abdoulaye OUATTARA