La Coalition Nationale-Campagne Internationale pour l’Eau, l’Hygiène et l’Assainissement (CN-CIEPA-WAS) a organisé, ce mercredi 20 août 2025, à son siège une conférence de presse pour alerter sur l’urgence d’adopter les politiques de loi régissant les secteurs de l’eau et de l’assainissement dans notre pays. La lenteur dans ce processus entamé depuis 2015 menace l’atteinte de l’Objectif de développement durable n°6 (ODD 6) d’ici à 2030, visant à garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement.
CN-CIEPA-WAS, en collaboration avec AMAPROS avec l’appui financier de DIAKONIA, mène depuis quelques jours une campagne de plaidoyers en vue d’accélérer l’adoption définitive de la Politique Nationale de l’Eau (PNE), et la Politique Nationale de l’Assainissement (PNA), ainsi que la révision du projet de Code de l’Eau par le gouvernement malien.
Dans ce cadre, elle a organisé une conférence pour expliquer les enjeux de l’adoption de ces documents, après avoir reçu une délégation des membres du Conseil national de transition (CNT) sur le sujet. La conférence était animée par le président de la CN-CIEPA, Dounantié DAO et le directeur exécutif, Boureïma TABALABA, en présidence de la représentante de l’ONG AMAPROS, Mme MAÏGA Fanta DIARRA.
A l’entame de ses propos, après les mots introductifs, le directeur exécutif a indiqué que notre pays a franchi une étape historique dans sa nouvelle constitution de juillet 2023 qui fait une reconnaissance à la question de l’eau et de l’assainissement des droits essentiels.
« Pour nous, ça ce n’est rien parce qu’il y a de nombreux pays africains qui ne sont pas arrivés à ce niveau », a salué M. TABALABA cette reconnaissance juridique donnant une nouvelle légitimité au combat de la CN-CIEPA-WAS.
Il a toutefois souligné la nécessité de concrétiser ces avancées sur le terrain, avec l’adoption définitive de la Politique Nationale de l’Eau (PNE), et la Politique Nationale de l’Assainissement (PNA) ainsi que la révision du projet de Code de l’Eau. Or, ce processus, qui a débuté dès 2017, a accumulé un retard considérable, malgré la validation technique des documents par tous les acteurs concernés.
« Vous comprenez qu’on a mis assez de temps. Donc, nous pensons que cette année, en 2025, il faut qu’on sorte carrément pour aller agir à la réalisation sur le terrain. On estime que cette période transitoire est le moment pour prendre des décisions courageuses », a plaidé M. TABALABA.
Dans ce pays où l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène est très en deçà des objectifs de développement durable, pour la Coalition, les bénéfices de ces politiques et du code contribuent à l’essor, à la gestion durable des ressources en eau et à la protection de l’environnement.
« L’amélioration de l’approvisionnement en eau et des services d’assainissement et une meilleure gestion des ressources en eau peuvent stimuler la croissance économique, contribuer à la réduction de la pauvreté et favoriser le développement humain durable », a déclaré le directeur Exécutif de la CN-CIEPA.
Aussi, a-t-il ajouté, la non-adoption de ces documents et code handicape le Mali sur la scène internationale. Alors que le pays dépend à 97 % des financements extérieurs pour ce secteur, il est confronté à des questions légitimes de la part des partenaires.
« Les partenaires nous disent : on veut bien vous financer, mais vous avez des politiques obsolètes. Donc, la question est bien légitime », a indiqué le directeur exécutif.
Face à cette situation, Boureïma Tabalaba a appelé à une action résolue pour transformer ces textes en actions concrètes qui contiennent déjà des propositions pertinentes pour améliorer le secteur.
Parmi les innovations pour une meilleure gestion de l’eau au Mali, il y a la création d’un Conseil Supérieur de l’Eau, présidé par les plus hautes autorités de l’État, pour donner un poids politique majeur au secteur ; l’importance de mettre en place une gestion de l’eau par bassin hydrographique, entre autres.
PAR SIKOU BAH