La mise sous mandat de dépôt de l’ancien Premier ministre, Moussa MARA, continue de provoquer de vives réactions. C’était au tour du Mouvement Tabalé, dans un communiqué publié ce lundi 4 août 2025, de dénoncer une «justice sélective», tout en apportant son «soutien indéfectible» au seul candidat déclaré pour la prochaine présidentielle.
Le Mouvement Tabalé dit avoir appris l’incarcération de Moussa MARA via les médias, alors que l’ancien Premier ministre avait déjà été présenté une première fois au Procureur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité avant d’être libéré.
En effet, quelques jours plus tôt, avant son incarcération, Moussa MARA a été auditionné plusieurs fois et durant de longues heures au sujet d’une publication sur X (ex-Twitter) en date du 4 juillet.
Dans ce post, en plus d’exprimer son soutien à des détenues comme Adama DIARRA dit Ben le cerveau, MARA est accusé par le Pôle national de cybercriminalité d’atteinte au crédit de l’Etat et d’appel au trouble public pour avoir déclaré : « Tout cela pour que jamais ne s’éteigne en eux la flamme de l’espoir… Aussi longtemps que dure la nuit, le soleil finira évidemment par apparaître ! Et nous nous battrons par tous les moyens pour que cela arrive, et le plus tôt possible ».
Exprimant sa compassion envers la famille de Moussa MARA face à cette épreuve, la plateforme dans son communiqué salue l’intrépidité de l’ancien Premier ministre, dont la démarche est décrite comme une initiative constante d’éveil de conscience citoyenne, à travers des «critiques constructives» et des «propositions de solutions» aux préoccupations des Maliens.
Par ailleurs, le Mouvement Tabalé se dit «éberlué, sidéré et estomaqué» d’apprendre que le délit d’incitation et de trouble à l’ordre public, communiqué par le Conseil de l’ancien Premier ministre, figure parmi les raisons de la détention de leur client.
Or, rappelle le communiqué, il y a quelques mois, le peuple malien a suivi «en temps réel» sur les réseaux sociaux «les appels à la violence, les intimidations et menaces graves» proférés par certains membres du Conseil national de Transition (CNT), à l’endroit d’autres Maliens qui avaient annoncé une manifestation publique.
En l’absence de poursuite contre ces personnes incriminées, le Mouvement Tabalé «dénonce avec la dernière énergie cette attitude qui s’apparente à une distribution sélective de la justice» et alerte l’État sur les «conséquences sociopolitiques désastreuses de la discrimination».
Pour autant, des anciens responsables politiques ont porté plainte contre ces membres du Conseil national de Transition. Me Mountaga TALL qui a fait le point sur l’évolution des actions judiciaires contre des violations de loi a déploré que les plaintes contre les membres du Conseil national de Transition (CNT) n’aient pas connu la même célérité que les poursuites engagées par exemple contre l’ancien Premier ministre Moussa MARA.
Pour autant, Biton Mamari COULIBALY et Moulaye KEÏTA, les deux personnes citées dans la plainte, ont publiquement appelé à la violence contre des acteurs politiques s’apprêtant à se mobiliser contre des décisions de la transition.
PAR SIKOU BAH