Le secrétaire général du syndicat des travailleurs de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP), Bassaro HAIDARA, a annoncé ce jeudi 8 janvier 2026, une cessation de travail de 48 heures, à compter du 12 janvier 2026, susceptible de devenir illimitée sans la satisfaction des doléances. Celles-ci sont relatives au paiement intégral des salaires, à la régularisation des cotisations INPS, à l’application des augmentations indiciaires, au paiement de fonds de solidarité, entre autres.
Le journal imprimé de l’Essor sera absent des kiosques à journaux à partir de la semaine prochaine, a affirmé, ce jeudi, Bassaro HAIDARA, responsable syndical de l’AMAP lors d’une conférence de presse dont il l’animait. La décision est consécutive à un préavis de grève qui prendra effet ce lundi 12 janvier.

Plus de trois ans,
sans AMO

Au cœur des revendications, les conditions de vie et de travail des agents de l’AMAP, selon le conférencier, qui se trouvent dans une situation de précarité extrême marquée notamment par le retard de paiement de salaires et l’interruption du reversement des cotisations sociales.
« Depuis plus de trois ans, les travailleurs de l’AMAP ne bénéficient plus de leur Assurance maladie obligatoire (AMO), parce que tout simplement, il n’y a plus de remboursement de leur taxe d’INPS », a dénoncé Bassaro HAIDARA, tout en alertant sur des implications de cette défaillance « d’ici un an ou deux ans, même les travailleurs de l’AMAP qui partiront à la retraite ne pourront plus bénéficier de leur pension ».
Faisant l’état de cette situation, M. HAIDARA a expliqué qu’à compter de septembre dernier, l’AMAP devait rembourser à l’INPS plus de 400 millions de nos francs pour le règlement des taxes et cotisations. Malheureusement, se désole le responsable syndical, la direction n’est pas en mesure de donner de proposition qui puisse contenter toutes les parties.
En effet, dans sa dernière proposition, elle s’est engagée à éponger les 400 millions de FCFA en 80 ans, soit le paiement de 4,5 millions de FCFA chaque année.
À cette situation s’ajoutent des retards de salaires récurrents qui sont devenus selon le syndicat, une norme de gestion. « Les travailleurs de l’AMAP continuent toujours à souffrir le martyre. Les salaires tombent en petites gouttes et les paiements par banque peuvent s’étaler sur tout le mois », a décrié Bassaro HAIDARA, citant le cas de travailleurs payés en décembre pour le mois d’octobre.
« Désormais, le paiement de salaire à partir du 10 de chaque mois sera sanctionné par un arrêt de travail », a-t-il averti.
Également, contrairement à d’autres fonctionnaires, à l’AMAP, les augmentations indiciaires tardent à être effectives. Selon Bassaro, pour les augmentations de 2021, c’est en mars que les agents de l’AMAP ont commencé à en bénéficier.
« Il faut vraiment les éponger. Parce que ce sont des impayés pour les travailleurs. En plus des fonctionnaires, ces augmentations doivent profiter aussi aux contractuels, selon notre accord d’établissement », a déclaré le conférencier, estimant le montant à plusieurs millions de FCFA, sans compter les récentes augmentations décidées par les autorités de la transition.
Pire, pour le conférencier, est le non-versement du fonds de solidarité des travailleurs prélevé sur les salaires. Ce mécanisme de solidarité interne, fondé sur un prélèvement mensuel de 5 000 FCFA par travailleur, est aujourd’hui paralysé. « À ce niveau également, nous avons des mois de septembre, octobre, novembre, et décembre, qui ne sont pas encore payés », a dénoncé Bassaro HAIDARA, soulignant que ces sommes constituent exclusivement « l’argent des travailleurs ».
À ces contributions non reversées s’ajoute une aide institutionnelle promise par l’administration. « Nous avons aussi une aide, toujours du fonds social, qui vient de l’administration dont la première tranche a été payée. Nous attendons en 2026, la 2e tranche de 2025 », a-t-il précisé.

Les exigences
du syndicat

Face à cette accumulation de griefs, le syndicat maintient un cahier de revendications structuré autour de plusieurs axes : paiement intégral des salaires de novembre et décembre 2025 avant le 12 janvier 2026, règlement des indemnités de départ à la retraite, mise en place d’un chronogramme crédible pour l’apurement de la dette INPS, et paiement des rappels liés aux augmentations indiciaires depuis 2021.
Sur ce dernier point, Bassaro HAIDARA est catégorique : « Ce sont des droits des travailleurs. On ne peut pas renoncer aux droits des travailleurs ». Il rappelle également la situation des travailleurs décédés ou partis à la retraite sans avoir perçu leurs dus : « Ce n’est pas possible ».
Malgré les risques, le syndicat affirme assumer pleinement sa décision. « Nous mesurons le risque, on est d’accord. Mais nous assumons aussi cette décision de pouvoir demander le droit des travailleurs », a soutenu le secrétaire syndical.
Autre motif d’amertume exprimé par le secrétaire général : la tardiveté de la réaction des autorités de tutelle. Selon lui, ce n’est que ce jeudi 8 janvier matin que le syndicat a été reçu par le ministre de la Communication, alors même que le préavis date de décembre.
Au cours de cette rencontre, le ministre aurait demandé au syndicat de suspendre son mot d’ordre sans faire aucune proposition. Une requête immédiatement rejetée par les représentants des travailleurs à l’absence d’engagement précis.
En tout cas, la grève débutera le lundi prochain pour 48 heures, avant de se transformer en cessation de travail illimitée, avec des arrêts reconductibles de 72 heures si aucune avancée n’est obtenue.
« Nous sommes prêts pour les discussions », a martelé Bassaro HAIDARA, estimant que les solutions existent et relèvent avant tout, de « gestion et de priorité de gestion ».
Ce vendredi matin dans la cour de l’AMAP, une Assemblée générale d’informations y est prévue.

PAR SIKOU BAH

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