En examinant la situation politique et sécuritaire du pays, la réunion des présidents de l’Alliance pour une Transition Intelligente et Réussie (ATIR) a apprécié les conclusions de concertations des forces vives avant de déduire que certaines recommandations sont abracadabrantes dont la caution pour être candidat ou la création d’un parti (250 et 100 millions de FCFA respectivement).

Le front des partis et associations politiques a tenu sa réunion, période au cours de laquelle ses présidents ont abordé des sujets d’intérêt national. Après avoir condamné l’agression du régime algérien qui a détruit un drone des forces armées maliennes, ATIR s’est prononcée sur les conclusions des concertations des forces vives sur la relecture de la charte des partis.
Si l’ATIR reconnaît la nécessité de moraliser l’action politique pour lutter contre la corruption, elle estime que cette corruption « n’a pas un rapport établi avec le nombre de partis et la corruption qui sévit dans notre pays ». Avant de dénoncer les cautions exorbitantes imposées pour la création d’un parti ou la candidature à la présidence (100 et 250 millions de FCFA respectivement).
« On pensait donc que les forces vives qui, par ailleurs, ont abattu un travail important et sérieux, étaient poussées par un souci religieux de moralisation de la vie politique et civile ; hélas, elles ont osé demander à notre peuple impécunieux et, quelque part puriste, de déposer sur la table cent millions de Francs CFA, en caution, pour créer un parti et deux-cent-cinquante millions de Francs CFA pour être candidat à l’élection présidentielle », regrette ATIR.
Avec ces recommandations, redoute ATIR, les partis « seront l’apanage des milliardaires, et au mieux nos hommes politiques seront des pantins entre les mains de ces milliardaires », tout en estimant que celles-ci vont néantiser les « valeurs sociétales et religieuses » du pays et de rendre vain « le sang versé en mars 1991 ».
Ainsi, ATIR fustige une mesure qui créerait un régime censitaire au Mali excluant le pauvre de l’exercice du pouvoir. Pour l’Alliance, ce dernier ne peut créer un parti et ou il ne pourrait jamais prétendre à être président de la République, ni être un conseiller communal, un député, un sénateur.
« Ne touchons jamais au principe du multipartisme intégral, mais gérons avec rigueur et nous serons surpris du bon résultat que nous obtiendrons. Ayons la passion de servir et de bien servir, mais non la passion de desservir ! », conseille ATIR.
Par ailleurs, l’Alliance réaffirme son soutien au Président de la transition Assimi GOITA et souhaite qu’il soit reconduit par les urnes ou par la volonté populaire, « Assimi doit continuer son expérience à la tête de l’Etat pour éradiquer le terrorisme dans notre pays, y ramener la paix et la sécurité et surtout maintenir à jamais notre souveraineté retrouvée », martèle ATIR dans sa déclaration.
Enfin, l’ATIR a présenté une évaluation inédite de la transition (2020-2025), menée avec la participation de l’intelligence artificielle. Cette analyse, couvrant dix secteurs clés, en l’occurrence : la sécurité et la défense, la souveraineté, l’éducation, la justice, la démocratie, la culture et l’art, l’économie, la santé, l’agriculture, la démocratie, la politique étrangère.
Les résultats révèlent des performances remarquables en sécurité et défense (9/10), culture et arts (9,25/10) et souveraineté (9,25/10), mais des faiblesses persistantes en économie (4,75/10), justice (4,25/10) et démocratie (4,5/10). Avec une moyenne générale de 12,85/20, l’ATIR juge la transition « performante » malgré un contexte difficile et félicite le général Assimi GOÏTA.

PAR SIKOU BAH

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