L’hôtel Granada (ex-Amitié) a abrité, hier jeudi 22 février 2024, la cérémonie de lancement du processus budgétaire 2025. La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de l’Économie et des finances, Alousséni SANOU ; en présence du directeur général du budget, Ahmadou Tijani HAIDARA ; du représentant-Résident de UNFPA Mali, non moins Coordinateur du Groupe de Dialogue ECOSTAT, Yves Sassenrath ; et plusieurs acteurs de l’économie malienne.

Le directeur général du budget, Ahmadou Tijani HAIDAIRA, a fait une présentation sur l’état des finances publiques au Mali. Il a tout d’abord souligné que le lancement du processus budgétaire 2025 était intervenu au moment de la création de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) ; de la sortie de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ; de la persistance des crises politiques et institutionnelles dans la sous-région ; de la fin de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation (APR) et de l’ouverture du processus du dialogue inter malien ; de la poursuite de la mise en œuvre du Cadre Stratégique de Refondation de l’Etat (2022-2031) et son plan d’actions (2022-2026) ainsi que du Plan d’Actions Prioritaires du Gouvernement de Transition (PAPGT 2022-2024) ; de l’élaboration de la Vision Mali 2063 assortie d’une stratégie de développement à moyen terme…
Abordant la situation d’exécution provisoire du budget 2023, M. HAIDARA a expliqué qu’au titre des recettes et dons, 2 067,9 milliards de CFA ont été mobilisés contre une prévision de 2 099,1 milliards de CFA dans le budget rectifié 2023, soit un taux de mobilisation de 98,5%.
Selon lui, le taux de pression fiscale ressort à 14,7% en 2023 contre une prévision de 14,6%.
Quant aux dépenses, le directeur général du budget a affirmé que 2 552,8 milliards de CFA ont été injectés dans les réalisations contre une prévision de 2 750,5 milliards de CFA dans le budget rectifié 2023, soit un taux d’exécution de 92,8% ;
« Il ressort un déficit budgétaire de 3,7% en 2023 contre une prévision de 4,9% », a-t-il précisé.

Il a, au passage, expliqué que les secteurs qui tirent la croissance économique entre 2024 et 2025 sont : le secteur primaire, boosté essentiellement par les branches « Agriculture vivrière », « Elevage et chasse » et « Agriculture d’exportation » ; le secteur tertiaire, essentiellement soutenu par les branches « Commerce », « Activité d’administration publique » et « Transport et communication ».
Selon le directeur général du budget, les principaux risques budgétaires susceptibles de détériorer le déficit ainsi que la situation de l’endettement peuvent se résumer entre autres à : la volatilité du prix des matières premières notamment les hydrocarbures ; la vulnérabilité financière de certaines entreprises publiques et des Organismes de Sécurité Sociale.
Il a rassuré que le gouvernement avait surveillé ces risques, notamment à travers leur analyse et la mise en œuvre des mesures de mitigation ; d’où l’élaboration d’une annexe budgétaire consacrée au sujet.
À son tour, le représentant-Résident de UNFPA Mali, non moins Coordinateur du Groupe de Dialogue ECOSTAT, Yves Sassenrath, a témoigné que les efforts des autorités maliennes qui avaient visé une bonne gestion des finances publiques étaient essentiels afin d’apporter des solutions idoines aux multiples défis que connaît le pays.

« Nous nous réjouissons de constater que malgré cela et grâce aux efforts combinés de l’Etat du Mali et de ses partenaires, la croissance économique du Mali devrait augmenter et atteindre 5% en fin 2023 (contre 3,7% en 2022), et se conforter à 5,1% en 2024. Les partenaires au développement ont poursuivi leurs appuis techniques et financiers à l’Etat dans le cadre de la réforme des finances publiques, et de l’investissement dans les secteurs de développement prioritaires notamment l’agriculture, les infrastructures, l’environnement, le capital humain (éducation, formation, santé) y compris dans les zones d’urgences humanitaires », a affirmé le représentant des PTF, avant d’encourager l’Etat à poursuivre et à intensifier ses efforts de soutien à l’économie, notamment au secteur informel et au monde rural où vivent plus de 70% de la population malienne.
Pour sa part, le ministre de l’Économie et des finances, Alousséini SANOU, a informé sur l’évolution récente de l’économie malienne, mais aussi de nos attentes par rapport aux thèmes importants qui feront l’objet d’échanges.
Il a indiqué qu’en dépit des effets négatifs des différentes crises, notamment en Ukraine et l’embargo illégal et illégitime de la CEDEAO et de l’UEMOA imposé à notre pays en 2022, le contexte macro-économique sur le plan national qui prévaut à l’élaboration du budget 2025 est plutôt rassurant et se caractérise par une amélioration progressive de la situation sécuritaire et socio-politique avec comme toile de fond la montée en puissance des Forces Armées Maliennes qui assurent désormais la protection des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire national.
Le ministre a informé que le taux de croissance réelle du PIB estimée à 5,1% en 2023 devrait atteindre 5,3% et 5,1% respectivement en 2024 et 2025.

Aussi, dit-il, l’inflation qui demeure maitrisée devrait se maintenir en dessous de la norme communautaire de 3% grâce aux efforts conjugués du gouvernement, des acteurs du monde économique et une bonne campagne agricole.
Pour ce qui concerne les premières estimations de l’exécution budgétaire 2023, le ministre a soutenu que la mobilisation des recettes fiscales ressortait assez satisfaisante avec un taux de pression fiscale se situant à 14,7% du PIB contre une prévision de 14,6%.
Pour l’exercice 2025, il a souligné que les perspectives macroéconomiques du Mali incitent à la mise en œuvre d’une politique budgétaire prudente et responsable, malgré un regain de la croissance du PIB réel.
Aux dires du ministre de l’Économie et des finances, la politique budgétaire vise un objectif de déficit budgétaire de 3,6% du PIB en 2025 compte tenu de nombreux engagements du gouvernement, notamment dans le cadre du renforcement des acquis en matière de défense et de sécurité ainsi que de l’amélioration des infrastructures socioéconomiques de base pour de meilleures conditions de vie des populations.

PAR MODIBO KONE

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