L’hôtel Granada a abrité, hier jeudi 26 février 2026, la cérémonie de lancement des travaux du processus budgétaire 2027. Lors de cette rencontre, le directeur général du budget a annoncé des nouvelles mesures en vue de l’élargissement de l’assiette fiscale, susceptible de la trésorerie de l’Etat.

La cérémonie était présidée par le ministre d’Etat, ministre de l’Économie et des finances, Alouséini SANOU ; en présence des responsables des structures dédiées à la mobilisation des recettes ; des partenaires techniques et financiers et des gouverneurs de régions.
Cette rencontre est l’occasion de tirer les enseignements de l’exécution budgétaire précédente, d’analyser les défis auxquels notre économie est confrontée et, surtout, de définir ensemble les priorités stratégiques qui guideront l’action publique pour l’année à venir.
Le directeur général du budget, Ahmadou Tijani HAIDARA, a affirmé que le budget 2027 est élaboré dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques et des crises sécuritaires dans la sous-région. Il a salué la création de la banque de l’AES qui, dit-il, constituera un levier pour un développement harmonieux dans la région. Se référant à l’évolution de la situation macro-économique durant les cinq dernières années, le directeur général du budget a soutenu que l’économie malienne s’est montrée assez résiliente.
« En 2026, la politique budgétaire vise essentiellement à améliorer la collecte des recettes en s’appuyant sur la digitalisation et une meilleure rationalisation des dépenses », a-t-il expliqué. Au titre des recettes, il a indiqué que les mesures porteront sur l’élargissement de l’assiette fiscale, l’accélération de l’adoption des textes relatifs à la taxation des propriétés foncières bâties et non bâties ; une meilleure gestion du portefeuille de l’Etat…
Le co-coordinateur du groupe de dialogue Economie, finances, développement du secteur privé et de la statistique, Sie Tioye Antoine-Marie, a soutenu que malgré les défis l’économie malienne réalise une résilience importante.
Le ministre d’Etat, ministre de l’Économie et des finances, Alouséini SANO, a ajouté que malgré les effets négatifs des crises multiples et des tensions géopolitiques qui secouent le monde et perturbent les circuits économiques et commerciaux, le contexte macroéconomique national qui prévaut à l’élaboration du budget 2027 demeure globalement rassurant.
Selon lui, le taux de croissance du PIB réel, estimé à 5,6% en 2025 devrait s’accélérer pour atteindre 6,3% et 6,5% respectivement en 2026 et 2027. L’inflation, qui demeure maîtrisée, devrait se situer en dessous de la norme communautaire de 3% grâce à une politique monétaire prudente de la Banque Centrale, aux efforts conjugués du gouvernement et des acteurs du monde économique, et à une bonne campagne agricole.
« Pour ce qui concerne les premières estimations de l’exécution budgétaire 2025, la mobilisation des recettes fiscales ressort très satisfaisante avec un taux de pression fiscale qui se situe à 14,2% du PIB contre une prévision de 13,4% », a salué le ministre de l’Economie et des finances.
Il a informé que l’exécution des dépenses a été contenue dans la limite des dépenses prévues, soit 20,9% du PIB contre une prévision de 22%. Le niveau du déficit budgétaire, souligne-t-il, est ressorti à 1,5% du PIB nettement meilleur que la prévision de 2,7%.
Soulignons que deux thèmes importants feront l’objet de débats au cours de la présente conférence budgétaire, à savoir : « les projets structurants des investissements stratégiques pour assurer un développement durable et inclusif au Mali à l’aune de la Vision Mali-2063 » ; « le contrôle d’affectivité de la prestation objet des dépenses publiques ».
Outre ces deux thèmes, la conférence se penchera également sur les orientations de la politique budgétaire de 2026 et le cadrage budgétaire 2027 ; le projet de calendrier de la préparation du budget 2027 ; les réformes en cours en lien avec la digitalisation des moyens de paiement publics, notamment le TRESORPAY.

PAR MODIBO KONÉ

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