La 36e session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine a eu lieu, à Addis-Abeba en Éthiopie, les 18 et 19 février 2023. En marge de cette rencontre du continent, les Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont également tenu un Sommet extraordinaire. Lors de ce sommet, le Mali, le Burkina Faso et la Guinée Conakry espéraient la levée de leur suspension. Mais, malgré les plaidoyers, ces trois pays vont devoir attendre encore avant de réintégrer l’Union africaine.

En effet, la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a convoqué un Sommet extraordinaire en marge de la 36e Session Ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine à Addis-Abeba (Éthiopie) le 18 février 2023, sous la présidence de Umaro Sissoco EMBALÓ, Président de la République de Guinée-Bissau et Président en exercice de la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO.
Ce Sommet extraordinaire a été convoqué pour examiner les progrès réalisés dans les processus de transition au Burkina Faso, en Guinée et au Mali, ainsi que l’état de préparation des élections au Nigeria, en Sierra Leone et au Liberia.
Ledit Sommet a également délibéré sur l’état d’avancement de la mise en place d’une force régionale de lutte contre le terrorisme dont le mandat doit inclure la restauration de l’ordre constitutionnel. Il a également examiné le rapport de la 23e session du Dialogue politique entre la CEDEAO et l’UE au niveau ministériel, tenue à Bruxelles, les 6 et 7 février 2023.
La Conférence des Chefs d’État et de gouvernement a été informée de la demande à elle adressée par les Ministres des affaires étrangères du Burkina Faso, de la Guinée et du Mali, portant sur la levée des sanctions qui leur ont été imposées à la suite de leurs coups d’État respectifs.
La Conférence des Chefs d’État et de gouvernement a décidé de maintenir les sanctions existantes à l’encontre des trois pays et d’imposer une interdiction de voyager aux membres du gouvernement et autres hauts fonctionnaires des trois pays.
En effet, le Mali, la Guinée et le Burkina Faso avaient envoyé des délégations à Addis Abeba pour plaider la levée de leur suspension, mais cette démarche n’a pas abouti.
Ces trois pays ont été suspendus par la CEDEAO après les prises de pouvoir successives par des militaires en 2020, 2021 et 2022. Le Mali et la Guinée avaient, en outre, été soumis à d’autres sanctions, en partie levées.
Les trois pays avaient demandé le 10 février la levée de leur suspension de la CEDEAO, mais également de l’UA, déplorant les «sanctions imposées». Théoriquement, le retour à l’ordre constitutionnel dans ces pays est prévu en 2024 au Mali et au Burkina Faso, en 2025 en Guinée.
La CEDEAO dit également avoir «pris note» des «défis humanitaires et sécuritaires graves» auxquels font face les trois pays, notamment le Burkina Faso et le Mali régulièrement frappés par les violences djihadistes.
Par ailleurs, lors de ce sommet, l’organisation africaine a jugé nécessaire d’accélérer la mise en place de la zone de libre-échange.
La mise en place de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC), doit réunir 1,3 milliard de personnes. Tous les pays de l’UA y ont adhéré, à l’exception de l’Erythrée. Selon des sources, les discussions achoppent sur le calendrier des réductions des droits de douane, notamment pour les pays les moins développés.
La tâche à venir est « ambitieuse mais elle est atteignable », a affirmé Azali Assoumani, président des Comores, qui a pris la présidence tournante de l’UA à la suite de Macky SALL, le chef de l’Etat sénégalais.
Moussa Faki Mahamat a affirmé que cet accord était « stratégique », tout en pointant du doigt les défis, sur un continent où 600 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a dénoncé un système financier international « dysfonctionnel et injuste » qui voit les pays africains emprunter de l’argent à des taux d’intérêt « exorbitants ».
Pour M. Guterres, l’Afrique est confrontée « à des défis énormes (…) sur à peu près tous les fronts », subissant les conséquences de crises pour lesquelles elle n’est en rien responsable. Antonio Guterres a également annoncé que le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) allait débloquer 250 millions de dollars pour venir en aide aux populations qui ont besoin d’une aide humanitaire.

PAR MODIBO KONE

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