Le 16 juin, à l’avant-dernière journée du Séminaire sur la Santé Médicale pour les pays africains francophones, la délégation malienne a pris la parole. Et la salle a retenu son souffle. Pendant que certains exposent des concepts théoriques, le Mali a choisi de parler « terrain » et « proximité ». Résultat : des applaudissements nourris et un verdict unanime des participants : « Inspirant ».
Devant un parterre d’experts chinois et de délégations africaines, le Dr Modibo DOUMBIA, Chef de la délégation malienne, a décortiqué l’architecture d’un système de santé résilient, structuré en une pyramide claire à trois niveaux.
« Au Mali, 1 735 CSCOM sont gérés directement par les populations elles-mêmes, via les ASACO (Associations de Santé Communautaire) », a expliqué le Dr Doumbia.
Grâce à ce maillage territorial exceptionnel, 80 % des consultations se font à moins de 5 km du domicile des patients.
Au 2ᵉ niveau, il y a les CSRéf (Centres de Santé de Référence).
Et le troisième 3ᵉ niveau est relatif aux hôpitaux régionaux et les CHU, dédiés aux cas les plus complexes.
Au-delà de la structure, c’est la politique d’accès financier aux soins qui a marqué les esprits.
Face au fardeau financier que représente souvent la santé en Afrique, le Mali s’est distingué par sa stratégie de gratuité ciblée incluant la prise en charge totale des urgences et des blessés ; la césarienne gratuite pour protéger la vie des mères ; l’Antirétroviraux (ARV) gratuits pour les patients vivant avec le VIH.
Traitement gratuit du paludisme pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes fait partie de ces mesures.
« Accoucher ne doit pas tuer au Mali », a martelé le Dr Modibo DOUMBIA, chef de la délégation, une formule choc saluée comme une « politique du courage » par les experts présents.
Ce qui a séduit l’auditoire international, c’est la capacité du modèle malien à maintenir ses services de base en dépit d’un contexte sécuritaire et épidémiologique exigeant. Cette résilience découle directement de la vision des plus hautes autorités de la Transition, incarnée par le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Chef de l’État, et mise en musique sous le leadership du Médecin Colonel-major Assa Badiallo TOURÉ, Ministre de la Santé et du Développement Social.
La crédibilité technique du système grâce aux processus d’accréditation des hôpitaux et des laboratoires de pointe, à l’instar du CICM (Centre d’Infectiologie Charles Mérieux) et du LNS (Laboratoire National de la Santé).
La dynamique des États Généraux de la Santé, la modernisation globale des infrastructures, la contractualisation par les plans de performance, et surtout le Projet présidentiel d’urgence hospitalière qui se traduit actuellement par la construction de plusieurs nouveaux hôpitaux tracent la voie vers un système de santé encore plus robuste, souverain et performant.
Par Abdoulaye OUATTARA