Pour le maintien de la paix et de la sécurité dans le Mali-Kura, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation a mis en exergue des conditions et les initiatives pour y parvenir. Parmi ces actions, elle souligne l’accès aux services sociaux de base ; la sensibilisation des groupes armés hostiles pour obtenir leur reddition ; la consolidation de la collaboration civilo-militaire ainsi que le retour de l’administration dans les zones affectées par les conflits.
De la paix
Pour la charte, la paix est la coexistence pacifique, la tranquillité, la cohabitation, la quiétude sociale, l’épanouissement, la vie en harmonie, l’absence de peur, de menace, de conflits et de violence.
Elle désigne aussi l’entente et la concorde résultant d’accords entre individus, entre groupes socioprofessionnels, entre communautés ou entre Etats.
La paix désigne également la liberté de se déplacer sans contrainte et d’exercer ses activités quotidiennes.
Elle est un état d’esprit, un comportement et une quête permanente.
Condition pour une paix durable
Selon la charte de la nation malienne, les conditions pour une paix durable nécessite : l’accès aux services sociaux de base ; l’implication des personnes âgées, des femmes, des jeunes et des personnes vivant avec un handicap dans le processus de paix ; la promotion de la culture de la paix, de la tolérance, de l’écoute et du pardon ; la promotion des droits humains ; l’implication des médias dans le traitement des questions sécuritaires ; le renforcement de la sécurité juridique ; la conservation, la préservation et la valorisation du patrimoine culturel.
Le maintien de cette paix dans notre pays, passe également par le développement économique et social équilibré ; la consolidation de la neutralité de l’administration publique ; l’instauration d’une justice économique à travers un accompagnement des personnes âgées, des femmes, des jeunes et des personnes vivant avec un handicap.
Il s’agit également, de l’épanouissement de l’enfant et l’accélération de l’autonomisation des femmes et des 15 personnes vivant avec un handicap ; la moralisation de la production musicale nationale et des autres formes d’expression artistique et culturelle ; la diffusion de contenus audiovisuels adaptés aux us et coutumes positifs au Mali.
Aussi pour une paix durable, la charte préconise, le renforcement de la confiance entre l’Administration et les populations ; le respect des droits fondamentaux et des libertés individuelles et collectives ; le respect de la dignité humaine ; le respect de la diversité linguistique et culturelle ; la bonne administration et la saine distribution de la justice.
Par ailleurs, la restauration de l’autorité de l’Etat et le renforcement de l’Etat de droit ; la revalorisation du rôle des Cadis dans la résolution des conflits ; l’organisation de l’enseignement religieux ; le renforcement du contrôle des Organisations Non Gouvernementales et de leurs sources de financement ; la promotion du dialogue intra et inter-religieux ; la bonne organisation des élections et le traitement rigoureux du contentieux électoral sont aussi au nombre des facteurs qui garantissent la paix.
S’ajoute à la liste, la lutte contre la mendicité ; la réinsertion sociale des enfants mendiants ; l’encadrement des activités religieuses, notamment les prêches ; la réhabilitation et la construction des routes et infrastructures vitales ; la gestion concertée des ressources naturelles ; la revalorisation du rôle et des fonctions des Autorités et Légitimités traditionnelles.
Initiatives pour la paix
Entre les lignes de cette Charte, 20 initiatives en faveur de la paix ont été énoncés.
Il s’agit notamment de : la sensibilisation des groupes armés hostiles pour obtenir leur reddition ; la multiplication des rencontres sportives, artistiques et culturelles ; le renforcement du mouvement pionnier ; la multiplication des rencontres intra et intercommunautaires ; le renforcement des capacités des élus et des Autorités et Légitimités traditionnelles ; la promotion de foires, notamment dans les domaines de l’élevage, de l’agriculture, de la pêche, de l’artisanat et du tourisme.
Au nombre des initiatives, figure la formation massive et qualitative des jeunes en entrepreneuriat ; l’encadrement des prêches religieux.
Aussi, ces initiatives comprennent aussi le renforcement du contrôle de l’Etat et des collectivités territoriales sur les Organisations Non Gouvernementales (ONG) ; la moralisation du contrôle de l’Etat et des collectivités territoriales sur les ONG ; la lutte contre l’impunité, la corruption et la délinquance économique et financière ; la facilitation de l’accès des femmes, des jeunes et des personnes vivant avec un handicap au financement pour la création et le renforcement de leur entreprise ; l’opérationnalisation des centres de déradicalisation au Mali ; la transparence dans l’organisation des différents concours ; la lutte contre la fraude, notamment dans le domaine du foncier, etc.
De la sécurité
Dans la Charte, la sécurité est définie comme l’état dans lequel une personne n’est pas exposée à un danger, à un risque, à une menace ou à la peur. Elle fonde le vivre-ensemble.
Selon eux, cette sécurité est inhérente à la personne humaine. Elle comprend donc plusieurs aspects, notamment : la sécurité physique et psychologique ; la sécurité alimentaire et nutritionnelle ; la sécurité juridique ; la sécurité économique ; la sécurité sociale ; la sécurité environnementale ; la sécurité sanitaire ; la sécurité cybernétique ; la sécurité énergétique ; la sécurité routière, fluviale, ferroviaire et aérienne ; et la sécurité foncière.
Pour ce qui est de la sécurité nationale, elle désigne la protection et la préservation des intérêts vitaux de la Nation. Ces intérêts vitaux d’une importance capitale pour le pays sont notamment la protection des personnes et de leurs biens, la sûreté et la sécurité de l’État et des Institutions de la République, la défense de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité du territoire, la préservation de la cohésion sociale et de l’unité nationale.
La sécurité nationale est transversale et concerne tous les domaines de la vie.
Conditions pour la sécurité nationale
La sécurité et la sécurité nationale nécessitent : la préservation de la souveraineté nationale, de l’indépendance et de la défense de l’intégrité du territoire national ; la poursuite de l’équipement et de la professionnalisation des Forces armées et de sécurité ; le renforcement du maillage du territoire national par les Forces armées et de sécurité.
Le document préconise aussi le renforcement de la confiance entre les Forces armées et de sécurité et les populations ; la poursuite de l’autonomisation des zones de défense en moyens opérationnels ; la protection de l’intégrité physique et morale des citoyens ; la forte implication des médias dans le traitement des questions sécuritaires ; le renforcement de la sécurité juridique.
Ces conditions nécessite également : la poursuite de la matérialisation des frontières ; le renforcement de la sécurisation des frontières ; une plus grande implication du citoyen dans la sécurité collective ; la consolidation de la collaboration civilo-militaire ; le retour de l’administration dans les zones affectées par les conflits ; l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ; la promotion de la sécurité énergétique; le renforcement de la sécurité sanitaire ; l’implication des acteurs de la justice dans les stratégies et actions pour restaurer la sécurité.
Elles incluent la création de postes de police et de brigades de gendarmerie dans toutes les villes frontalières ; le renforcement de la sécurité numérique ; la prévention et la gestion des catastrophes naturelles ; le renforcement de la sécurité routière, fluviale, ferroviaire et aérienne ; le renforcement des mesures de sécurisation des sites miniers et de protection des populations impactées par l’exploitation des ressources naturelles.
Forces armées et de sécurité
Selon la charte, les Forces armées et de sécurité sont le creuset de la Nation. Elles regroupent en leur sein toutes les composantes socio-ethniques du pays.
Les Forces armées et de sécurité sont chargées de : la défense de l’intégrité du territoire national ; la défense de l’indépendance et de la souveraineté nationale ; la sécurité de l’Etat et des Institutions ; la protection des personnes et de leurs biens ; l’exécution des lois et du maintien de l’ordre public. Elles participent aux actions de développement économique, social, culturel et de protection de l’environnement.
Financement des Forces armées et de sécurité
L’État met à la disposition des Forces armées et de sécurité les ressources humaines, matérielles et financières nécessaires à l’accomplissement de leurs missions. Des taxes diverses et des prélèvements spéciaux sont institués pour contribuer au financement des dépenses de défense et de sécurité.
Relations civilo-militaires
Les Forces armées et de sécurité œuvrent au renforcement de la confiance mutuelle avec les populations. Elles établissent les relations avec les citoyens dans le cadre de la prévention et de la gestion des crises. La défense de la Patrie est un devoir pour tout citoyen. En cas de nécessité, tous les citoyens majeurs peuvent être mobilisés aux côtés des Forces armées et de sécurité.
Initiatives pour la sécurité
Les 18 initiatives que préconise la Charte pour la sécurité sont : la création au niveau local de comités de sécurité encadrés par l’Etat ; la mise en place d’un cadre d’échanges entre la population locale et les Forces armées et de sécurité ; le renforcement de la synergie d’action entre les chasseurs traditionnels et les Forces armées et de sécurité ; l’institutionnalisation du service militaire obligatoire ; l’implication des leaders religieux et coutumiers dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme ; la création de la police de proximité ; le renforcement des mesures de réinsertion des mineurs et des adolescents en conflit avec la loi.
D’autres initiatives sont également énoncées par la Charte, notamment : le renforcement du contrôle des conditions d’entrée et de séjour des étrangers au Mali ; l’intensification de la lutte contre la cybercriminalité, le terrorisme, la criminalité transfrontalière et transnationale organisée.
Elle insiste aussi la lutte contre l’exode rural par la création d’opportunités au niveau local ; la prise en charge holistique des victimes des violences basées sur le genre ; l’investissement dans les infrastructures de défense et de sécurité ; la sécurisation des foires et des marchés dans les zones d’insécurité ; le renforcement des investissements dans les infrastructures routières et énergétiques ; le renforcement du contrôle sur les sites miniers ; le désarmement et la dissolution des groupes armés ; la dénonciation des auteurs de crimes.
PAR AMINA SISSOKO