Lors de son procès devant le Tribunal révolutionnaire (en 1793), Pierre Victurnien Vergniaud, député girondin de la Révolution française, eut le tour d’esprit de lâcher que ‘‘il a été permis de craindre que la Révolution, comme Saturne, dévorât successivement tous ses enfants». S’agit-il de cela en ce qui nous concerne, même s’il y a la constance que les révolutions, après avoir renversé l’ancien régime, finissent par éliminer ou persécuter ceux qui ont participé à leur succès, souvent à cause de divergences idéologiques ou de luttes de pouvoir internes ?
Aujourd’hui toutes les bonnes consciences s’interrogent : Faut-il être trimbalé dans la boue et voir « son honneur jeter aux chiens » (selon l’historique formule du président Mitterrand à propos du suicide de Pierre Berogovoy) transféré toute une semaine dans les cellules pardon dans les bureaux transformés en chambres de la brigade d’investigation du pôle économique et financier pour savoir son sort entre les mains sans état d’âme du Ministère public de la transition ?
Avait-on besoin de garder à vue un homme de l’âge de Choguel Kokalla Maïga de surcroît malade dans une brigade criminelle pour montrer aux Maliens qu’on a le pouvoir de passager sur l’honneur et la dignité de tous les patriotes en rupture avec les autorités de la transition ayant servi au haut sommet de l’État ?
L’affaire Choguel n’est pas qu’une question de justice. Elle est politique comme celle de Mara. Elle est instrumentalisée suite à une gestion auditée par le BVG sur dénonciation anonyme. C’est la rançon d’un patriotisme éprouvé, d’un parcours politique sans faute, d’un destin hors commun, d’un homme d’Etat qui a été en parfaite phase avec les préoccupations, les aspirations et les attentes de notre peuple. Pas que sur le boulevard, dans le Mali profond, mieux partout en Afrique et à travers le monde progressiste… Ma nin mai, ma nin ŋe, Allah de ma shi di ma.
Aucun Malien qui était sur le Boulevard le 4 juin 2021 ou 14 janvier 2022 n’aurait pu imaginer même dans le scénario le plus dantesque Choguel Kokalla Maïga, l’icône civil de la transition, l’avocat défenseur des militaires et le porte-étendard de l’Afrique souveraine et libre, en garde à vue, sous la transition, un jour de commémoration du 18 août 2020.
Point de Sophocle pour raconter le parricide de l’enfant-transition qui lynche son géniteur-Choguel Kokalla Maïga, l’humilie en le privant de sa liberté juste pour qu’on le retienne ad vitam ad aeternam que le pouvoir, c’est le pouvoir : fang aye fanga de ye.
En ce jour de commémoration du 5e anniversaire de l’avènement de la transition, nous avons une pensée pour l’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maïga et tous ceux qui ont été des artisans de l’avènement de cette transition, civils comme militaires. Après le vieux briscard du M5-RFP, nul écervelé ou égaré n’osera disserter sur des sujets qui fâchent, même s’il n’en manque pas par les temps qui courent.
Aussi, nous nous faisons le devoir de nous incliner sur la mémoire de toutes victimes, militaires et civiles, singulièrement de nos FAMa sans lesquels l’avenir se conjuguerait au passé.

Par El Hadj Sambi TOURE

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