Après le Mali, le Burkina Faso vient d’ordonner le départ de l’armée française de son territoire, d’ici un mois. Ouagadougou «dénonce et met fin dans son entièreté à l’accord» du 17 décembre 2018 «relatif au statut des forces armées françaises intervenant» dans le pays. L’histoire ne donne-t-elle pas raison au Mali qui a vite compris le jeu trouble de la France au Sahel ?
Suite à cette décision, le président français, Emmanuel Macron, a estimé que c’est pour contracter avec Wagner que le Burkina Faso a demandé le départ des forces françaises du pays.
De son côté, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a soutenu que ces propos du Président français sont la preuve de l’ingérence de Paris dans les affaires intérieures d’autres pays.
Interrogé ce mardi 24 janvier lors d’une conférence de presse, sur la situation au Burkina Faso avec les forces françaises appelées à partir dans un délai d’un mois, Sergueï Lavrov répond : « C’est une question de principes de la politique étrangère : nous ne nous ingérons pas dans les affaires intérieures d’autres pays ».
Pour lui, la déclaration du président Macron montre explicitement que la France se permet et applique une telle ingérence.
Après avoir demandé des clarifications à Ouagadougou concernant la demande de départ des forces françaises stationnées dans le pays, le gouvernement du Faso a confirmé avoir demandé la fin de l’accord militaire avec Paris et donné un mois aux soldats de quitter le territoire.
En tout cas, après le Mali, le torchon brule entre Paris et Ouagadougou.
La France demande des confirmations aux autorités du Burkina Faso. Dimanche dernier, la France déplorait avoir appris la nouvelle dans les médias et s’étonnait qu’aucune notification formelle ne soit parvenue à Paris.
Mais selon des sources, ce lundi, le gouvernement a, par l’intermédiaire de son porte-parole, Jean Emmanuel Ouédraogo, précisé vouloir « dénoncer l’accord qui permet aux forces françaises d’être présentes au Burkina Faso ».
Le ministère français des Affaires étrangères a finalement notifié avoir « bien reçu la note verbale transmise à « l’ambassade » de France.
Paris doit désormais trouver une solution de repli.
Persona non grata au Mali ; et désormais au Burkina Faso, la France dispose encore, pour stationner ses troupes, de relais au Niger et au Tchad, mais aussi en Côte d’Ivoire.
« La France réadapte, en concertation avec ses partenaires, son dispositif au Sahel », résume simplement le ministère français des Affaires étrangères.
Du côté du Burkina, il s’agit de prendre en main sa propre sécurité.
« Les forces françaises sont basées à Ouagadougou à la demande du Burkina Faso et de ses autorités. Cette dénonciation est dans l’ordre normal des choses, elle est prévue dans les termes de l’accord militaire », indique le porte-parole du gouvernement.
On se rappelle que Nathalie Yamb, la militante panafricaniste, avait émis le vœu de voir partir l’armée française du sol burkinabè en 2023.
Comme vœu de nouvel an, elle a clairement souhaité le départ de l’opération française Sabres du Burkina Faso en 2023.
Droite dans ses bottes, Nathalie Yamb, militante engagée pour une Afrique affranchie de toute tutelle, a renouvelé son vœu de voir l’armée française quitter l’Afrique.
« Mes souhaits 2023 pour le Burkina Faso : Renvoi de l’ambassadeur de France Luc Hallade, départ de l’opération française Sabre, reconquête de larges parties du territoire et que chaque Burkinabè puisse chaque jour manger à sa faim », a exprimé la Suisso-camerounaise comme vœux de nouvel an au peuple.
PAR MODIBO KONÉ