« 98% des lits d’hospitalisation au service d’endocrinologie et Diabétologie de l’hôpital du Mali sont occupés par la plaie du pied chez les diabétiques, parmi lesquels, on a 40% d’amputation du pied ». C’est ce qui ressort du propos de Dr Bah TRAORE, spécialiste en endocrinologie, maladies métaboliques dont le diabète et nutrition, à l’hôpital du Mali, lors d’un entretien qu’il nous a accordé.
Au cours de cet entretien, le médecin praticien, Dr Bah TRAORE a tout d’abord défini le diabète comme une élévation permanente du taux de sucre dans le sang (hyperglycémie chronique) avec un taux seuil diagnostique à 1.26 g/l (taux de sucre à jeûne supérieur ou égal à 1.26 g/l), avant de rentrer dans les détails.

Les signes de diabète
Dans son propos, Dr Bah TRAORE explique que cette maladie se manifeste par quelques signes cliniques tels que l’asthénie, c’est-à-dire l’hyper fatigabilité. La personne se sent toujours fatiguée. À cela s’ajoute, selon le spécialiste, la polyurie, l’état d’un individu qui urine constamment (matin et soir). Ensuite, le diabète se manifeste par la polydipsie. La personne boit beaucoup et pendant toute la journée. L’autre signe de diabète, c’est la polyphagie. La personne mange beaucoup. Et enfin, l’amaigrissement est un signe de diabète. Cela veut dire que la personne perd de poids progressivement.

Les types de diabète
Dans ses explications, le médecin praticien, Dr TRAORE affirme que cette maladie comprend quatre grands types de diabète, à savoir : le diabète de type 1 ; le diabète de type 2 ; et le diabète secondaire ou gestationnel. Ainsi, il précise que les types 1 et 2 sont plus fréquents au Mali.
Évoquant de diabète de type 1, Dr Bah TRAORE soutient que ce type est fréquent chez des enfants et des adolescents. Lorsqu’on parle de type 1, explique-t-il, cela veut dire que le pancréas ne fabrique plus du tout d’insuline et doit être « compen¬sé artificiellement » par des injections sous-cutanées d’insulines quotidiennes.
Quant au diabète de type 2, le spécialiste en Endocrinologie, maladies métaboliques dont le diabète et Nutrition a révélé que ce type de dia¬bète concerne plus particu-lièrement des adultes de plus de 45 ans. Aussi, il ajoute que la sédentarité et le surpoids provoquent une mauvaise utilisation de l’insuline par les cellules de l’organisme.
Par ailleurs, il affirme que sauf le diabète secondaire ou gestationnel guérit souvent.
Toutefois, le chef d’unité de prise en charge du pied diabétique signale qu’à l’hôpital du Mali annonce que 98% des lits d’hospitalisation au service d’endocrinologie et Diabétologie de l’hôpital du Mali sont occupés par la plaie du pied chez les diabétiques, parmi lesquels, on a 40% d’amputation du pied. Toute chose qui est alarmante, déplore-t-il.
Cependant, le spécialiste révèle qu’au Mali en particulier, 966 000 personnes sont atteintes de diabète ; alors qu’en Afrique, l’on compte de plus 24 millions de diabétiques. Il précise que ces chiffres concernent ceux qui sont diagnostiqués à 1/3 et les 2/3 ne sont pas diagnostiqués.

Les conséquences chez les victimes
De l’avis du Dr Bah TRAORE, les conséquences de cette maladie sont nombreuses. « Si le diabète est mal ou non traité, il arrive à des complications aigues ( à court termes et à long terme) chez les victimes », a indiqué le diabétologue, détaillant que les complications à long terme peuvent être la rétinopathie diabétique qui joue sur les yeux.
Il peut y avoir la neuropathie diabétique qui concerne les nerfs. La néphropathie diabétique qui joue sur les reins. Aussi, le spécialiste alerte que les complications du diabète peuvent toucher les membres inférieurs de la victime avec la plaie au niveau du pied. Les complications peuvent amener aussi, selon Bah TRAORE, le dysfonctionnement érectile qui explique l’impuissance sexuelle, etc.

Prise en charge du diabète
Dans ses explications, le chef d’Unité de prise en charge du Pied diabétique indique que le diabète est pris en charge à l’hôpital du Mali comme tout autre centre doté de diabétologues ou d’endocrinologues avec les intrants nécessaires, à travers des mesures hygiéno-diététiques, des médicaments antidiabétiques oraux ; et d’insulines.
Pour terminer, le diabétologue de l’hôpital du Mali, Dr Bah TRAORE conseille la population de se faire dépister et de se méfier à notre alimentation. Il demande aussi de pratiquer les activités physiques pour une vie saine et meilleure avant de rappeler que prévenir vaut mieux que guérir.

PAR SABA BALLO

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