Dans une nouvelle étape de coopération avec l’Afrique, la Russie a officialisé un accord majeur avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) pour créer des « classes d’ingénieurs » dans les établissements scolaires de ces pays. La création de classes d’ingénierie sur le modèle russe, dès le secondaire, marque une nouvelle étape de coopération. À cela s’ajoutent des échanges scolaires, un appui à l’enseignement du russe et un renforcement des partenariats universitaires.
L’annonce a été faite le 29 août par les ministres russes de l’Éducation, Sergueï Kravtsov, et de l’Énergie, Sergueï Tsivilev, à l’issue d’une réunion avec leurs homologues sahéliens, à laquelle participait également la République de Djibouti. Comme l’a souligné Sergueï Tsivilev, cette initiative répond à une demande croissante d’ingénieurs dans tous les secteurs économiques.
« Les ingénieurs sont essentiels à la croissance. Mais tous les enfants ne peuvent pas le devenir. Il faut les identifier dès le plus jeune âge, comme nous le faisons en Russie, car l’ingénierie repose sur les sciences exactes : physique, mathématiques, chimie », a déclaré le ministre russe.
Les élèves seront sélectionnés sur concours, avec une attention particulière portée à leur potentiel scientifique. Les classes seront basées sur le modèle russe, déjà éprouvé, et incluront des programmes renforcés dans les disciplines techniques.
Des échanges entre élèves russes et africains sont aussi prévus.
« L’objectif est que les futurs ingénieurs coopèrent dès le lycée, développent des projets communs et créent ensemble des innovations », a ajouté Tsivilev lors de la réunion.
La Russie s’engage également à envoyer des enseignants spécialisés dans les matières scientifiques et pour l’apprentissage de la langue russe.
Ce projet éducatif s’inscrit dans une dynamique plus large. En juillet, une délégation gouvernementale russe s’était rendue dans les pays sahéliens pour discuter de partenariats stratégiques.
À cette occasion, une commission intergouvernementale russo-malienne avait été créée à Bamako, avec l’objectif d’étendre cette structure aux autres pays de la confédération sahélienne.
À noter que plusieurs écoles russophones sont déjà en cours de création au Niger et au Burkina Faso, après une première implantation réussie au Mali.
Par Abdoulaye OUATTARA