La décision du gouvernement de transition de sursoir à la subvention accordée aux écoles catholiques au Mali continue de susciter des réactions. Selon certaines sources, dès la rentrée prochaine une douzaine d’écoles catholiques seront fermées. Compte tenu de l’apport de ces écoles dans le système éducatif, beaucoup d’observateurs trouvent que décision de leur fermeture est une mesure contre-productive. Non seulement elle mettra des centaines d’enseignants au chômage, mais aussi sera de nature à porter un coup à des milliers d’élèves et de parents d’élèves.
Sur le site de la Direction Nationale de l’Enseignement Catholique au Mali, l’on apprend qu’il y a 138 établissements scolaires catholiques ; 1416 enseignants ; 36 345 élèves et étudiants. Le taux de réussite de ces écoles est de 80%.
Par rapport à l’Éducation non Formelle, l’on dénombre 10 Centres d’Alphabétisation (6 à San, 2 à Ségou, 1 à Bamako et 1 à Sikasso).
Aussi, il y a 13 Centres d’Apprentissage (6 à San, 2 à Bamako, 2 à Sikasso, 1 à Mopti, 1 à Kayes et 1 à Ségou).
C’est dire que l’Enseignement Catholique au Mali joue un rôle essentiel dans la formation intellectuelle, morale et spirituelle des jeunes. Depuis 1889, il contribue à l’éducation des enfants et à l’élévation sociale.
Selon certaines sources, les écoles qui seront fermées dès la prochaine rentrée scolaire sont entre autres : le Jardin d’enfants Prosper Kamara ; le Jardin d’enfants Kanuya ; le Jardin d’enfants de Kolokani ; l’École Jean Paul II ; l’École Saint Jean Bosco de Faladiè ; l’École Saint François Xavier de Ouélessébougou ; l’École Monseigneur Luc Auguste Sangaré de Banantoumou ; le Lycée Prosper Kamara ; le Lycée Notre Dame du Niger ; le Lycée du Séminaire Pie VII ; les Cours Jeanne d’Arc ; le Centre technique et professionnel de Kolokani.
Rappelons que le protocole d’accord signé entre l’État du Mali et la conférence épiscopale dans le domaine de l’enseignement, le 03 avril 2025, est entré en application depuis le 30 juin 2025. A travers ce protocole, l’État malien a mis fin à sa politique de subvention de l’enseignement catholique privé, scellant ainsi la fin d’un partenariat de longue date avec l’Église. La question avait fait de grands bruits durant l’année scolaire écoulée.
Ledit protocole met un terme au financement public des écoles privées catholiques, tout en prévoyant une transition financière progressive. De façon claire, pour l’année scolaire 2024-2025, l’État s’était engagé à verser une subvention exceptionnelle de 2,867 milliards FCFA, destinée à la prise en charge des salaires du personnel enseignant. À cela s’ajoutait 1,5 milliard F CFA pour éponger partiellement les arriérés de subvention accumulés. Ce n’est pas tout, le Gouvernement du Mali a décidé de renoncer à la dette fiscale de l’Enseignement catholique à hauteur de 494 174 000 F FCFA.
Pour sa part, la Conférence épiscopale s’est engagée à trouver les voies et moyens pour poursuivre les activités pédagogiques par l’Enseignement catholique afin d’éviter des fermetures d’écoles suite à l’arrêt des subventions.
Au Mali, les écoles catholiques sont reconnues d’utilité publique depuis 1960. Ce faisant, l’Etat accordait une subvention à hauteur de 80 % des salaires des enseignants, sur la base d’une convention avec l’Eglise catholique, signée depuis 1972 et révisée en 1978.
PAR MODIBO KONÉ