Selon le dernier bulletin d’information du Cluster Éducation Mali publié ce mercredi 28 janvier, 2 314 écoles demeurent non fonctionnelles à travers le pays en novembre 2025, privant près de 694 200 enfants de leur droit fondamental à l’éducation et affectant 13 884 enseignants.
La crise sécuritaire et humanitaire continue de peser sur le système éducatif de notre pays. Depuis plus d’une décennie, ils sont des milliers d’enfants privés de leur droit à l’éducation. Cependant, la situation comparée d’octobre 2024 à celle de novembre 2025 affiche une légère baisse du nombre d’écoles fermées (respectivement 2 320 contre 2 314 en novembre).
De nombreuses localités du pays sont concernées par cette situation ; toutefois, elles affichent des disparités. À cet effet, selon le bulletin du Cluster éducation, Kidal (72 % d’écoles fermées), Taoudénit (70 %), Douentza (53 %) et Ménaka (52 %) demeurent les localités les plus affectées. À l’inverse, les régions de Sikasso et Koutiala enregistrent les taux de fermeture les plus faibles, autour de 2 %.
En valeur absolue, les régions de Ségou 482 écoles fermées (le chiffre du nombre total des écoles ne concerne que l’académie de Ségou), Bandiagara (480) et Tombouctou (281) concentrent le plus grand nombre d’établissements non fonctionnels, avec des conséquences lourdes sur la scolarisation des enfants et la disponibilité du personnel enseignant.
Sur la base d’une estimation moyenne de 300 élèves par école, le bulletin évalue à 694 200 le nombre d’enfants affectés par la fermeture des établissements scolaires, tandis que près de 13 884 enseignants se retrouvent sans activité pédagogique effective.
La menace des groupes armés demeure la première cause de fermeture des écoles, représentant 74 % des cas recensés. Elle est suivie par le manque ou l’insuffisance d’enseignants (9 %), l’absence des élèves et enseignants par crainte pour leur sécurité (7 %), les déplacements de populations (5 %) et les attaques directes contre les villages et infrastructures scolaires, incluant pillages et destructions (4 %).
Entre octobre 2024 et novembre 2025, seules 70 écoles ont été déclarées réouvertes, soit un taux de réouverture national d’environ 3 %. Plusieurs de ces réouvertures résultent toutefois de simples mises à jour administratives plutôt que d’un retour effectif à la normale, notamment dans la région de Ségou, précise le document.
Par ailleurs, il signale que des avancées ponctuelles ont néanmoins été enregistrées à Gao, Nara, Sikasso et Tombouctou, grâce à l’amélioration relative de la situation sécuritaire, aux actions des Forces armées maliennes (FAMa), à la médiation communautaire ou encore à l’implication des autorités locales et des leaders religieux.
« Région de Nara, cercle de Nara, communes de Guire et Niamana, 3 écoles (Boudjiguiré, N’Tomono, Sekhélo) ont pu rouvrir suite à une accalmie de la situation sécuritaire dû aux actions de ratissage des FAMA », affirme le document.
Également, ajoute-t-il, région de Ségou, cercle de Baroueli, dans les communes de Konobougou et Baroueli, 2 écoles (N’Goïna et Tingoni) ont pu rouvrir dû à l’amélioration des conditions sécuritaires.
À l’inverse, de nouvelles fermetures ont été signalées, notamment à Bandiagara, sous la menace persistante des groupes armés, indique le bulletin, avant de signaler que dans le cercle de Kendie, commune de Kendie, 8 écoles (Amba, Biri, Dedji, Douro-Na, Irguily 1°C, Irguily 2°C, Ogobo, Pélléni) ont été fermées sous menace persistante des groupes armés. Face à la situation, le CAP envisage de redéployer les enseignants de la zone.

PAR SIKOU BAH

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