Dans son dernier rapport intitulé « Perspectives sur la sécurité alimentaire », publié le 6 mars 2026, FEWS NET alerte sur une détérioration progressive des conditions de vie dans plusieurs régions du pays, notamment à Ménaka, Kidal et dans la zone du Liptako-Gourma.
Notre pays pourrait connaître une aggravation significative de l’insécurité alimentaire au cours de l’année 2026, particulièrement dans les zones touchées par les conflits armés.
Selon l’analyse du rapport du FEWS NET, l’insécurité persistante, la hausse des prix des denrées alimentaires et la baisse des revenus des ménages constituent les principaux facteurs qui alimentent cette situation préoccupante.
Les experts de FEWS NET anticipent une situation particulièrement difficile dans les régions du nord et du centre, où les populations sont déjà fragilisées par les violences et les déplacements forcés.
Le rapport souligne ainsi que « l’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) à Crise (Phase 3 de IPC) est attendue de février à septembre 2026, dans les zones de conflit du centre et du nord du pays à cause des prix très élevés des denrées alimentaires et de la baisse importante des revenus ».
Dans certaines zones, la situation pourrait même atteindre un niveau plus critique. FEWS NET avertit notamment qu’« une dégradation en Urgence (Phase 4 de l’IPC) est attendue à partir d’avril 2026 à Ménaka en raison de la forte détérioration des moyens d’existence, des écarts énormes de consommation et du nombre élevé des personnes déplacées ».
Cette dégradation s’explique en grande partie par l’intensification des violences armées, qui entravent les activités économiques et agricoles.
Le rapport met en évidence le rôle déterminant de l’insécurité dans la détérioration des moyens de subsistance des populations. La multiplication des attaques par des groupes armés accentue les déplacements de populations et fragilise davantage les ménages déjà vulnérables.
FEWS NET note que la multiplication des attaques par les groupes armés contribuera à engendrer les déplacements inhabituels de populations et à dégrader leurs moyens d’existence.
Les projections du rapport indiquent qu’un nombre important de Maliens pourrait être confronté à des difficultés d’accès à la nourriture dans les mois à venir.
«Le nombre de personnes en besoin se situera entre 2 et 2,5 millions de personnes selon l’estimation de FEWS NET, avec le pic entre août et septembre », affirme le document.
Au-delà des violences armées, la crise énergétique et les perturbations dans l’approvisionnement en carburant contribuent également à fragiliser l’économie nationale.
Même si certaines améliorations ont été observées dans la capitale, les difficultés persistent dans plusieurs régions du pays. Le rapport indique que malgré une amélioration progressive de la disponibilité du carburant à Bamako et dans certains centres urbains du pays, les difficultés d’accès persistent dans les régions de Ségou, Mopti, Sikasso, Koulikoro, Dioila, Bandiagara, San et Douentza, où des spéculations se poursuivent.
Cette situation affecte non seulement les activités économiques, mais également la production agricole, de plus en plus dépendante de la motorisation.
Le rapport souligne également que la situation alimentaire reste contrastée selon les régions du pays. Certaines zones du sud et de l’ouest bénéficient encore de conditions relativement stables.
« Kayes et de Koulikoro sont en Minimale (Phase 1 de l’IPC). Dans ces zones, la majorité des ménages a un accès suffisant à la nourriture », précise le document.
Cependant, dans les régions les plus exposées aux conflits et aux déplacements de populations, les ménages pauvres rencontrent de plus en plus de difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaires essentiels.
PAR SIKOU BAH