En marge de la 36è session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine a eu lieu, à Addis-Abeba en Éthiopie, les 18 et 19 février 2023, le Mali, le Burkina Faso et la Guinée Conakry ont plaidé pour la levée de leur suspension. Mais, malgré les appels répétés des dirigeants de ces trois pays, l’Union africaine et le CEDEAO ont décidé de maintenir lesdites sanctions. Une fermeté de principe qui n’est pas du goût de tout le monde. C’est le cas de Me Saïd Larifou, président de Waraba Afrique, une ONG panafricaine. Pour lui, il est très important que les organisations et institutions internationales travaillent à la mise en place de mécanismes très efficaces de prévention des changements inconstitutionnels des régimes politiques.

En novembre 2021, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a établi, mercredi, une liste de 149 personnalités du gouvernement malien et du Conseil national de Transition (CNT), visées par des sanctions individuelles. Tous les membres du gouvernement et du CNT sont visés. Seuls le Président de la Transition, le Colonel Assimi GOÏTA, et le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, ne figurent pas sur la liste.
En prenant ses sanctions, l’organisation sous régionale se dit convaincue que «l’imposition de sanctions ciblées est susceptible de créer une atmosphère favorable au retour de l’ordre constitutionnel et à l’Etat de droit, ainsi que au maintien de la paix et de l’intégrité territoriale du Mali’’, selon un communiqué.
Pour rappel, la CEDEAO a annoncé l’interdiction de voyage et le gel des avoirs financiers des autorités de la Transition du Mali et celles de la Guinée-Conakry, et par la suite, le Burkina-Faso ; ainsi que le maintien de la suspension de la République de Guinée, du Mali et du Burkina Faso, de tous les organes directeurs de l’organisation, au terme d’un sommet extraordinaire tenu à Accra au Ghana.
Pour le président de l’ONG, Me Saïd LARIFOU, l’interdiction de voyager et les formes de mesures coercitives prises à l’encontre des autorités de ces pays n’ont aucun impact et n’affecteront pas la force de leurs convictions et des aspirations de leurs peuples.
«Les dirigeants de ces pays issus c’est vrai des soulèvements populaires sont en harmonie avec les aspirations de leurs peuples et ceux de nombreux pays d’Afrique », nous a-t-il confié, lors d’un entretien exclusif.
De son avis, les dirigeants des organisations régionales, la CEDEAO pour l’Afrique de l’ouest, et l’UA et d’autres institutions internationales partenaires de l’Afrique devraient revoir les mécanismes d’évaluation et de prévention des facteurs de risque de déstabilisation, des pays africains et agir avant pour empêcher d’autres troubles ou conflits politiques.
Selon lui, les changements des régimes politiques provoqués par des soulèvements populaires sont souvent justifiés par des actes posés par les gouvernements en place.
«Les forces vives n’ont d’autres moyens pour assurer à leur pays une alternance démocratique et légitime que l’expression de leur colère et refus à la dictature», a-t-il justifié.
Autrement dit, il est très important que les organisations et institutions internationales travaillent à la mise en place de mécanismes très efficaces de prévention des changements inconstitutionnels des régimes politiques.

Par Abdoulaye OUATTARA

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