Interpellé le 8 mai 2025 par des hommes cagoulés, aux environs de 15 h00, devant une boutique à Kati, l’activiste et militant politique, El Bachir THIAM, membre de l’ex-parti Yelema reste introuvable à ce jour. Plus de 2 mois après les événements, sa famille est sans nouvelle. Alors que l’inquiétude monte, du côté de Kati, son épouse, Mme THIAM Mariam DOGNO, a décidé de rompre le silence autour de cette situation.
Vendredi dernier, dans un message audiovisuel, diffusé sur les réseaux sociaux, Mme THIAM Mariam DOGNO, a exprimé ses inquiétudes et celles de toute la famille suite à la disparition de son mari.
« Je lance un appel à tous les Maliens afin qu’on m’aide à retrouver mon mari. Il a disparu : il y a près de trois mois. Malgré la mobilisation de toute la famille et des proches, nous sommes sans nouvelle de lui. On a visité beaucoup de commissariats et de gendarmeries, mais sans succès », a-t-elle fait savoir
Dans son message, elle lance un cri de cœur aux autorités.
« C’est un chef de famille, les enfants sont là. Je vous prie de m’aider à retrouver mon mari sain et sauf », a-t-elle imploré.
El Bachir Thiam a été interpellé ce jeudi 8 mai, aux environs de 15 h00, devant une boutique à Kati. Des témoins rapportent qu’un véhicule de type V8, sans plaque d’immatriculation, s’est arrêté brutalement. Plusieurs hommes cagoulés, présentés par certains comme des éléments « se réclamant de la sécurité d’État », sont descendus pour procéder à l’arrestation musclée du jeune activiste.
D’après des proches de M. THIAM et plusieurs publications sur les réseaux sociaux, aucun mandat d’arrêt n’a été présenté et aucune convocation préalable ne lui aurait été adressée.
« Ce sont des méthodes qui rappellent les heures sombres des dictatures », avait commenté un membre de Yelema sous anonymat qui ajoute :« C’est un véritable kidnapping. »
L’opération s’est déroulée dans une ambiance de tension : El Bachir THIAM aurait tenté de résister avant d’être embarqué de force.
El Bachir Thiam s’était fait remarquer ces derniers mois par ses prises de parole publiques en faveur du retour à l’ordre constitutionnel et de la restauration de la démocratie au Mali.
Membre actif de l’ex-Yelema, il avait récemment coorganisé une conférence-débat avec un groupe de femmes à Bamako, axée sur la nécessité de respecter la Constitution malienne et les droits fondamentaux.
Selon plusieurs sources, El Bachir aurait reçu des pressions et fait l’objet de menaces voilées dans les dernières semaines précédant son enlèvement. « Il savait qu’il était dans le viseur, mais il a toujours refusé de se taire », témoigne un camarade militant.
Par Abdoulaye OUATTARA