Le directeur général de l’Office malien de l’habitat (OMH), Issa Seydou SISSOKO ; le directeur national de l’urbanisme et de l’habitat, Mahamadou OUOLOGUEM, et celui des domaines et du cadastre, Amadou MAIGA, ont conjointement animé ce mardi 12 août 2025, un point de presse pour clarifier la situation relative à l’occupation illicite du site destiné à la réalisation des logements sociaux de N’Tabacoro, dans la commune rurale de Kalabancoro.

En effet, malgré la déclaration d’utilité publique des occupations illicites ont été constatées sur le site de ces logements sociaux de N’Tabacoro où plus de 7 895 parcelles font l’objet d’occupations illégales. Une situation qui compromet gravement la poursuite des programmes de logements sociaux.
Même si la décision de démolir ces constructions illégales a été récemment suspendue pour des raisons évidentes de saison des pluies, cette situation ne saurait perdurer.
En tout cas, l’OMH, selon son DG, s’apprête à revenir à la charge dans les moments à venir.
Dans sa déclaration liminaire, Issa Seydou SISSOKO, DG de l’OMH, a souligné que ces opérations de démolition ne sont ni arbitraires ni improvisées.
Pour lui, elles s’inscrivent dans un cadre juridique strict et répondent à une exigence de l’intérêt général, dans un pays où le droit au logement reste un défi crucial pour une grande partie de notre population.
Dans son exposé, Issa Seydou SISSOKO a précisé que les terrains concernés constituent une superficie d’environ 1000 ha 07 a 11 ca qui ont été officiellement identifiés, réservés et affectés par les autorités de l’État, à travers une série de décrets clairs et contraignants notamment la déclaration d’utilité publique et les autorisations d’aménagement.
Sur ce site, il est prévu de réaliser 18 890 parcelles sur lesquelles l’Etat a pu construire 10 995 logements sociaux.
Malheureusement, en dépit de ces cadres légaux rigoureux, des occupations illicites ont été constatées sur ces parcelles.
Aujourd’hui, a-t-il fait savoir, plus de 7 895 parcelles font l’objet d’occupation illicites.
Face à cette situation, les autorités ont été contraintes de prendre leurs responsabilités, en conformité avec la loi.
« Ces démolitions ne sont pas une fin en soi, mais un moyen nécessaire pour rétablir la légalité, permettre la poursuite des projets de logements sociaux », a insisté M. SISSOKO.
A terme, il s’agit de libérer les voies et équipements de proximité pour les bénéficiaires des logements sociaux, garantir la sécurité et la salubrité des aménagements, et protéger les investissements publics au bénéfice des populations réellement éligibles.
« Nous comprenons parfaitement que ces mesures puissent être douloureuses pour les personnes concernées. Toutefois, notre devoir est de faire respecter la loi, de préserver notre site et de poursuivre nos efforts pour offrir un toit décent aux familles maliennes dans le besoin », a-t-il tranché.
Pour ce faire, il a lancé un appel à la compréhension, à la collaboration de tous les acteurs, pour que ces projets vitaux puissent se réaliser dans les meilleures conditions.
De son côté, le directeur national de l’urbanisme et de l’habitat, Mahamadou OUOLOGUEM, a battu en brèche les arguments de certains occupants illicites faisant croire « que la construction du programme des logements sociaux à N’Tabacoro est postérieure à l’existence de leur habitation ».
Pour M. OUOLOGUEM, cela relève d’une affabulation, illustrant son propos par images satellites des années 2010 2011 (moment de la déclaration d’utilité publique du site) et celles de 2025 témoignent à suffisance les faits.
A la lumière de ces images, vérifiables sur Google, il ressort qu’en 2010, les constructions existantes sur le site en dehors des logements sociaux portent uniquement sur quelques bâtiments réalisés dans l’emprise de certains champs et leur surface d’occupation était de l’ordre de 9 ha environ (moins de 1% du site).
Ainsi, la présence de constructions illicites s’est réellement intensifiée à partir des années 2015-2016 (soit près de 5 ans après la DUP), avec un taux d’occupation passée de 28 ha en 2012 à 316 ha en 2025, soit plus de 30% du site, dont 137 ha correspondant aux espaces prévus pour les logements, 150 ha pour les équipements et 29 ha pour la voirie.
Selon lui, en plus des parcelles, c’est la réalisation de plus de 247 équipements publics qui se trouve compromis par cette situation dont des écoles, des jardins d’enfants, des espaces verts, les places publiques, les lieux de culte, sans oublier les voies d’accès.
« Aujourd’hui, des logements ont été réalisés sur le site, mais les propriétaires ont de la peine à y accéder », a-t-il déploré, ajoutant que « cette situation compromet, sans nul doute, la poursuite du programme de logements sociaux sur le site en question si aucune mesure n’est prise ».
Selon lui, malgré le déploiement d’une brigade permanente sur le site en question, des gens ont choisi les heures de descente, les week-end voire souvent la nuit pour construire des bâtiments sur les lieux.
Pour sa part, Amadou MAIGA, directeur général des domaines et du cadastre, a déclaré que l’appartenance du site des logements sociaux à l’OHM ne souffre d’aucune faille juridique.
« Quand un site est déclaré d’utilité publique, personne n’a le droit de poser un acte là-dans », a-t-il affirmé, ajoutant que les documents délivrés par une tierce administration sont nul et non avenus.
A noter que depuis son arrivée aux affaires, l’actuel DG de l’OMH, Issa Seydou SISSOKO, a multiplié les efforts pour un règlement pacifique de cette crise à travers des missions de sensibilisations, des sketchs, des notifications, etc. De 2024 à nos jours, plus de 164 PV d’infractions ont été établis.

Par Abdoulaye OUATTARA

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