Après plus de trente années d’une démocratie porteuse de grands espoirs à ses débuts en 1992, le peuple malien floué et désabusé par des pratiques politiques indécentes, avait fini par être dépouillé de tout, jusqu’au libre choix de ses dirigeants. L’arrivée au pouvoir d’Assimi Goïta et les reformes révolutionnaires qu’il a engagées, ont fait renaître l’espoir d’une rédemption pour le peuple et d’une reprise en main de son destin sur la base de ses valeurs propres. Le nouvel ordre mondial qui se dessine s’y prête, marqué par le déclin de l’Occident Collectif face à la montée en puissance du Sud Global.
Assimi a sauvé le Mali d’une dislocation programmée

Par la faute de politiciens cupides et roublards au sens patriotique émoussé, l’intégrité territoriale et la cohésion sociale ont été fortement menacées, avec l’occupation de près de deux tiers du territoire national par des groupes terroristes. En se faisant inviter pour rétablir l’ordre, la France va se révéler comme la véritable instigatrice du chaos. C’est l’incurie des responsables politiques qui va favoriser l’arrivée d’Assimi Goïta au pouvoir et permettre l’adoption de véritables décisions de rupture, dont la plus emblématique est la dénonciation des accords coloniaux. Toutes les velléités de sabotage du processus suscitées par la France et menées par la CEDEAO et certains acteurs internes, ont lamentablement échoué. Ainsi, la dissolution des partis et des associations à caractère politique, a permis de bloquer le front du retour à l’ordre constitutionnel et de l’organisation des élections ; la dénonciation de l’Accord d’Alger signé en 2015 a coupé les ailes aux mouvements rebelles dont les plus radicaux se sont fondus dans un pseudo-djihadisme largement inspiré par des courants islamistes algériens bien connus. L’argument religieux ayant montré ses limites, les vrais commanditaires ont dû en fin de compte sortir du bois, pensant pouvoir profiter de la frustration créée par la persistance des crises énergétiques de l’électricité et du carburant, mais le peuple malien y a répondu par la dignité, la résilience et la loyauté envers les autorités. De nombreux opposants politiques, cadres de l’administration et opérateurs économiques coupables d’actes crapuleux, ayant quitté le Mali en comptant sur la chute rapide du régime, actuellement réduits à une vie d’errance et de précarité, commencent à déchanter devant le spectacle des pays occidentaux se bousculant au portillon, pour renégocier leur retour aux conditions du Mali. Merci à Assimi Goïta de rappeler tous les jours par son comportement que la liberté ne naît pas dans le confort, surtout après plusieurs décennies de corruption et de reniement politique.
La Russie et la Chine, deux acteurs majeurs du jeu central, ont décidé ne plus laisser l’Occident faire à sa guise
Sous le leadership des USA et la doctrine militaire de l’OTAN, l’Occident Collectif s’est comporté vis-à-vis du reste du monde comme un maître absolu face à des sujets, façonnant les relations internationales pour les maintenir en position d’infériorité et de dépendance. Enjambant les principes cardinaux de l’ONU, il s’est permis de déstabiliser de nombreux pays pour y placer des dirigeants prêts à réciter la leçon. L’éclatement de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) a accentué cette domination. La Fédération de Russie qui est sortie des entrailles chaudes de l’URSS, ne doit son salut qu’à son statut de pays disposant de l’arme nucléaire. Ne renonçant pas à l’anéantir, les pays de l’OTAN vont utiliser l’Ukraine comme un « Cheval de Troie », en oubliant que vingt ans durant, Vladimir Poutine n’a fait qu’anticiper leurs manœuvres. Entre temps, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie ont été attaquées et ruinées, pendant que la Chine était dans le viseur sur la question de Taïwan, comme les pays du Sahel perçus comme un garde-manger confié à la France. Arrogants et sûrs de leur fait, ils n’ont pas vu Moscou et Pékin s’armer et se rapprocher pour faire face à ce qu’elles considèrent comme une menace existentielle. Croyant les forces russes affaiblies en Ukraine, ils vont s’attaquer à l’Iran, le seul pays du Moyen Orient qui leur tient encore tête. La guerre de douze jours offrira l’occasion au monde entier médusé, de voir les Américains demander d’urgence un cessez-le feu pour sauver Israël aux abois. Qui l’eût cru ? Les lignes sont en train de bouger à un point tel que Poutine s’est même permis un tour de passe-passe au Vénézuéla, en y roulant Trump dans la farine. En effet, quelques jours avant l’attaque américaine, Poutine avait raflé tous les contrats juteux sur le pétrole vénézuélien, laissant Donald Trump s’attaquer à un coffre-fort vide et kidnapper le président élu d’un pays souverain. Si l’on ajoute à ces déboires la déculottée reçue par l’Occident en Ukraine et dans le Sahel, on perçoit mieux les mutations en cours dans l’ordre mondial.

Le peuple mature du Mali soutient sans équivoque les choix de partenariat d’Assimi Goïta qui permettent de quitter une posture de soumission et de fatalité, pour une gouvernance assumée de rupture et de souveraineté. Afin de garantir une mise en œuvre efficiente des trois principes devant désormais guider l’action publique, il faut sortir du laxisme et surtout du désordre ambiant entretenu par certains agitateurs, en veillant à la prééminence des intérêts sur les valeurs, de la stabilité sur la justice.
Mahamadou Camara
E-mail : mahacam55mc@gmail.com

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