Ouvrant la session d’octobre du Conseil national de Transition hier lundi, Malick DIAW admet, au perchoir, qu’il « est inadmissible qu’un groupe d’individus, de quelque lieu que ce soit, vienne saper les bases de l’unité nationale » alors que plusieurs localités du pays sont les théâtres d’offensives des groupes terroristes. Malgré cette recrudescence de la violence, le président du CNT estime que ‘’tout peut être négocié au Mali sauf la partition du pays » en soutenant que les Maliens sont prêts à se sacrifier pour préserver leur souveraineté.
La cérémonie solennelle d’ouverture de la session d’octobre, appelée également la session budgétaire, puisque consacrée essentiellement à l’examen du budget national, a eu lieu ce lundi 2 octobre sous la présidence du colonel, Malick DIAW.
Outre les membres de l’organe législatif de la transition, le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla MAIGA, ainsi que plusieurs membres du gouvernement ont assisté à la plénière inaugurale de ladite session.
À son menu, en plus de la loi de finances initiale, une vingtaine de textes sont soumis à l’examen du CNT.
Dans son discours d’ouverture de la session, le président Malick DIAW a exprimé sa solidarité et son soutien aux forces armées maliennes alors qu’elles sont les cibles des groupes terroristes depuis plus d’un mois.
« Nous avons foi en l’avenir. Et, nous sommes avec nos FAMa dans cette reconquête de nos terres longtemps occupées par des hordes de barbares sans foi, ni loi ni religion dont le seul souci est de faire souffrir, tuer des populations innocentes qui n’aspirent qu’à la paix », a déclaré le président DIAW soulignant que la sécurité sur l’ensemble du territoire est la priorité absolue.
À cet effet, a-t-il salué la montée en puissance des FAMa dont la détermination manifeste se traduit de la volonté de nos soldats à occuper avec professionnalisme et en respectant le droit international humanitaire, les emprises de la MINUSMA, dans le cadre du processus de leur rétrocession qui doit s’achever le 31 décembre 2023.
« Le Mali demeure un et indivisible. Il est notre bien commun. Il est inadmissible qu’un groupe d’individus, de quelque lieu que ce soit, vienne saper les bases de l’unité nationale. Tout peut être négocié au Mali sauf la partition du pays ; et les Maliens sont prêts à se sacrifier pour préserver leur souveraineté », a-t-il déclaré, en ajoutant le drapeau national doit flotter haut, très haut, partout sur l’étendue du territoire national.
Le président du CNT a aussi dénoncé le silence des organisations internationales de droits de l’homme après l’attaque le bateau Tombouctou, le 7 septembre, qui a fait des dizaines de morts parmi les civils. Quel crime abominable que de s’attaquer à un bateau de transport de civils dont la majorité des passagers est constituée de femmes et d’enfants ! S’est-il étonné en affirmant que ce silence radio, depuis ce 7 septembre 2023, est la manifestation de deux poids, deux mesures.
« Nous avons compris ! Oui, cela aussi, nous l’avons compris. Et, notre peuple fier et digne saura s’en souvenir », a souligné Malick DIAW.
Sur les sujets d’actualité et d’intérêt national, le président du CNT, au nom de son institution, salue le report de la présidentielle annoncé par le gouvernement la semaine dernière.
« Ce report vise à lui permettre d’assurer une meilleure organisation de ce scrutin, d’une part et à nos concitoyens une plus grande participation, d’autres part. Nous soutenons donc ce report, car il est gage d’un scrutin apaisé, transparent et crédible », a-t-il indiqué.
L’actualité est aussi dominée par l’épineuse question de l’augmentation des prix des denrées de première nécessité et le délestage.
« Nous demandons au Gouvernement de communiquer plus. Il en est de même du délestage. Que les efforts fournis et les enjeux actuels qui dépassent souvent le contexte national soient expliqués. Nos compatriotes ont une grande capacité de résilience chaque fois qu’ils sont bien informés et qu’ils se sentent concernés en premier chef », a affirmé Malick DIAW.
Par ailleurs, il a salué la signature du Pacte social de stabilité et de croissance. La signature de ce document, assortie de Plan d’action, le vendredi 25 aout 2023, entre le Gouvernement et les partenaires sociaux, va dans le sens de l’apaisement du climat social, a-t-il ajouté.
Selon lui, en recevant les signataires du Pacte social de stabilité et de croissance, le Président de la transition, Assimi GOITA, a réaffirmé son engagement à réussir le développement économique de notre cher pays, dans un climat social apaisé. « Nous sommes persuadés au Conseil national de Transition que ce Pacte social de stabilité consolidera l’État de droit et entrainera une amélioration des conditions de vie des travailleurs.», a-t-il espéré.
Sur tout autre sujet, dans le cadre de la diplomatie parlementaire, le Conseil national de Transition, a rappelé son président, a envoyé des missions au niveau de certaines instances sous-régionales, régionales et internationales pour porter la voix du Mali en vue d’apporter la contradiction face aux manipulations et aux critiques non fondées de certaines officines et succursales suffisamment connues.
Il s’est réjoui que les membres du Conseil national de Transition aient su rétablir la réalité des faits en éclairant la lanterne de ses prétendus donneurs de leçon, partisans d’une quelconque pensée unique, atteints de myopie politique.
Ils avancent la tête baissée, croyant détenir la vérité ; ignorant qu’il n’y a point de vérité universelle, toute vérité est relative en se référant au proverbe : « de la vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ».
PAR SIKOU BAH