Notre pays, à l’instar des autres pays du continent, a célébré, ce samedi 30 août 2025, la 23e édition de la journée africaine de la médecine traditionnelle initiée en 2003 par l’Union africaine. C’était à travers une conférence débat portant sur le thème : « Regard croisé entre la médecine africaine et la médecine chinoise » à l’Institut national de recherche sur la Médecine et la pharmacopée traditionnelle (INRMPT), sis à Sotuba ACI.

Cette conférence débat, placé sous la présidence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Pr Bouréma KANSAYE était co-animée par le Pr Rokia SANOGO, directrice de l’INRMPT ; et le Pr Boubacar DIARRA, directeur de l’Atelier Lubań (Chine).
Le thème de la présente édition, « Médecine traditionnelle, notre culture, notre santé, notre futur » s’inscrit dans le cadre de l’année de la culture décrété par le président de la transition.
Au niveau africain, le thème retenu est : « Renforcer la base factuelle de la médecine traditionnelle ». Un thème qui appelle au renforcement des données de sécurité, d’efficacité, de qualité des produits issus de la recherche.
De l’avis du Pr Rokia SANOGO, directrice de l’INRMPT, notre pays a toujours été à l’avant-garde de la médecine traditionnelle. Pour elle, il s’agit d’exploiter notre riche patrimoine culturel pour apporter la santé publique.
L’occasion était bonne pour elle de rappeler que le premier produit issu de la recherche dans ce domaine a été présenté au président Modibo KEITA, en 1963, provenant du baobab (pain de singe), utilisé contre la diarrhée.
Suite aux différents progrès enregistrés dans le secteur, les autorités ont décidé en 2023, d’ériger le département médecine traditionnel de l’INRSP en un Institut national (INRMPT) rattaché au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, en collaboration avec le ministre de santé et du développement social.
Aujourd’hui, avec la volonté des autorités de la transition, il s’agit de capitaliser 57 ans de recherches maliennes pour contribuer à la santé publique, mais aussi dans l’AES et l’Afrique.
Pour ce faire, le Pr Rokia SANOGO appelle au renforcement des ressources humaines dans le secteur, mais aussi de renforcer la recherche à travers la création d’un fonds de souveraineté.
Selon la tradition, a-t-elle expliqué, c’est l’efficacité d’un traitement qui fait sa publicité de bouche à oreille.
«Nous voulons que les autorités nous aident à appliquer les textes en faisant en sorte que les radios soient des lieux de vente de médicament traditionnel et non des vendeurs de faux espoirs à travers des publicités tapageuses », a-t-elle plaidé.
Selon elle, il n’y a qu’une seule réglementation pharmaceutique au Mali qui autorise un produit à être vendu au grand public, précisément dans les pharmacies.
Il ressort de son propos qu’au Mali, il y a 14 produits homologués par les recherches sur la médecine et la pharmacopée, dont 7 sont sur la liste des médicaments essentiels.
« Nous allons produire, sous peu, le sirop Balembo, en collaboration avec l’usine malienne de produits pharmaceutiques dans la cadre d’un projet financé par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) en collaboration avec la fédération malienne des thérapeutes », a-t-elle assuré.
Dans les jours à venir, l’Institut compte sur la collaboration avec la Chine, à travers l’Atelier Lubań, pour organiser des journées de consultations médicales.
« Ici à l’Institut, nous avons plus de 20 produits issus de la recherche que nous utilisons et qui ne sont pas encore mis à la disposition du grand public », a-t-elle précisé.
Saluant l’initiative de cette journée, le Pr Bouréma KANSAYE a affirmé que le thème de cette 23e édition, assez évocateur, a un lien avec l’institution de l’année de la culture au Mali.
« La médecine traditionnelle et la pharmacopée malienne sont fondamentalement ancrées dans la culture malienne. Depuis que l’homme malien existe, il s’est soigné à partir de la connaissance de sa culture », a témoigné le ministre.
Pour lui, il est du devoir de tous de travailler à faire connaître cette culture fondamentalement malienne en Afrique et dans le monde.

Par Abdoulaye OUATTARA

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