La mendicité est l’une des pires formes de travail qu’exercent certains enfants au Mali. Les causes sont d’ordre social, religieux et financier. Bien que cette pratique soit attribuée à des jumeaux ou à des enfants grandissant dans un milieu loin d’être sain; le cas des Talibés est une autre réalité.

Ces enfants âgés de 5 à 16 ans qui ont souvent des réalités différentes, sont confiés par leurs parents ou tuteurs à des écoles coraniques pour leur éducation religieuse.
Telles est le cas pour Abdoulaye, Youssouf et Sidi tous originaires de la région de Bandiagara pour une étude coranique à Bamako précisément dans le quartier montagnard de Lassa.
Traversant le goudron en groupe, ces trois garçons étaient sur le chemin de retour pour rejoindre leur résidence. Habillé d’un pantalon pratiquement déteint et d’un T.shirt chiffonné, Abdoulaye qui était le plus âgé du groupe nous a fait savoir qu’ils exercent ce travail pour subvenir à leurs propres besoins. En effet, il s’agit d’une quête de pain quotidien dont le Karamoko dit- on en Bambara (ou Maitre) n’est certainement pas en mesure d’assurer, bien au contraire.
Âgé de 14 ans, Abdoulaye a indiqué qu’il est dans cette situation depuis plus de deux ans et ignore totalement le nombre d’années d’études coranique qui lui reste.
A ses côtés, Sidi, collé à sa boîte à don, nous fixant avec ses yeux rouges a révélé que son maître l4a réveillé à 4h du matin pour une séance de lecture de Coran.
Malheureusement, cette heure est bien le début d’une longue journée pour le petit garçon de 8 ans qui nous révèle qu’il devait apporter au Maître une somme de 1500 F CFA comme recette journalière.
Si ces mineurs s’attendent à travers cette torture à être des futurs guides religieux ou de grands imams dans l’avenir; Mahamadou OUEDRAGO quand à lui, avoue au contraire ne jamais vouloir apprendre le Coran dans ces circonstances de la vie lui impose à travers son père.
Âgé de 15 ans, ce ressortissant Djibasso, commune rurale du Burkina Faso, nous a fait savoir qu’il venait, cependant d’une famille très connue et l’une des plus riches de la localité.
Pour pallier ce fléau, M. Idrissa propose la mise en place d’un centre de formation coranique par les autorités pour accueillir ces enfants qui y résideront tout en recevant des dons des structures humanitaires.

PAR AMINA SISSOKO

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