La Croix-Rouge malienne a présenté, ce mardi 4 mars 2025, ses bilans de 2024 à la faveur de son traditionnel café de presse tenu à son siège à Djélibougou. Malgré le contexte défavorable lié notamment à l’insécurité, la Croix-Rouge malienne a réussi à donner le sourire aux plus nécessiteux en leur apportant soit des vivres ou des soins de santé. Des milliers de personnes vulnérables ont bénéficié de ses initiatives humanitaires.
En 2024, conformément à son mandat et fidèle à ses principes de fonctionnement dont la neutralité, l’indépendance, la Croix Rouge malienne a apporté son assistance à des populations affectées par l’insécurité, les effets du changement climatique, a indiqué le Secrétaire général de la Croix-Rouge malienne, Nouhoum MAÏGA ce mardi 4 mars.
L’un des conférenciers du Café de presse devenu une tradition pour faire le point des actions réalisées et présenter les perspectives de la CICR, de la Croix-Rouge malienne et de la Fédération internationale de la Croix rouge, selon M. MAÏGA, sa structure, au cours de la période indiquée, a apporté du soutien sanitaire, humanitaire à des milliers de personnes. Souvent, précise-t-il, dans les localités où les services de l’Etat sont absents.
En outre, selon le secrétaire général, la Croix-Rouge est une organisation qui n’agit pas en pompier. Depuis quelques années, ajoute-t-il, elle œuvre dans l’anticipation de certaines catastrophes liées aux inondations, en donnant la capacité aux communautés de pouvoir agir en premier lieu avant le secours.
« Cette anticipation permet de sauver des vies, mais aussi de réduire la charge financière des interventions », a indiqué Nouhoum MAÏGA, dans un contexte où il est difficile de mobiliser des fonds en faveur du Mali et du Sahel, en général.
En effet, les priorités des grands bailleurs dans les domaines humanitaires sont tournées vers d’autres pays et d’autres objectifs, plaçant ainsi les cas du Mali et le Sahel parmi les crises les plus négligées au monde.
« Les besoins humanitaires augmentent tandis que le financement baisse », alerte-t-il.
Pendant ce temps, la situation ne s’améliore pas, a affirmé M. MAIGA, soutenant que les populations continuent de se déplacer, l’insécurité a touché l’ensemble du territoire. Aucune région n’est épargnée, juge Nouhoum MAÏGA sous la loupe d’un humanitaire. Conséquence, commente-t-il, « la situation humanitaire ne s’est pas améliorée. Bien au contraire, elle s’est dégradée. »
La preuve, il y a deux millions de personnes qui vivent en rouge (dans les situations difficiles).
D’où, justifie-t-il, l’augmentation du budget 2025 dédié à l’action humanitaire qui passe de 10 à 11 milliards de F CFA, soit une hausse de 25%.
Interpellé sur la situation de l’appel à la mobilisation des 5 milliards de F CFA, pour venir en aide aux personnes sinistrées des récentes inondations, des déplacés internes et les personnes victimes des conséquences du changement climatique, le secrétaire général fait le point : « Lancé en décembre dernier, à ce jour, nous avons pu mobiliser 2 milliards de F CFA, soit 40% de fonds mobilisés en deux mois. C’est un grand progrès et dénote de la confiance en la Croix-Rouge malienne. »
De son côté, le responsable de programme du Comité international de la croix rouge (CICR) Emmanuel LIPPOLIS a expliqué que leur structure a agi, en 2024, dans le domaine de la santé ; travaillé à l’accès à l’eau potable ; donné de l’appui à l’agriculture et à l’élevage tout en apportant de l’assistance en vivres et de la protection de la population civile affectée par le conflit.
Pas que ces actions, le CICR a œuvré également dans le rétablissement des liens familiaux et à rendre des visites aux personnes privées de liberté, entre autres. L’ensemble de ces initiatives ont profité à des milliers de personnes du pays.
Pour les deux conférenciers, les défis restent presque les mêmes, à savoir l’insécurité et la mobilisation des fonds.
Par ailleurs, le gel des aides américaines à l’étranger a été aussi abordé suite aux questions des journalistes.
À la CRM comme au CICR, cette situation a un impact certain dans la mise en œuvre des initiatives humanitaires au Mali et ailleurs.
« L’appui des USA à l’action humanitaire est estimé à 40%. Ce qui fait un gros trou dans la balance. Déjà, des organisations sont en train de fermer. D’autres bailleurs, comme la France, l’Angleterre, augmentent aussi leur budget militaire avec le paquet destiné à l’étranger. Cette situation nous affecte, mais de manière drastique», a déclaré Emmanuel LIPPOLIS qui alerte sur la situation, «on va vers une crise » si la tendance ne change pas.
À M. MAÏGA d’enchérir : « Par ricochet, nous sommes impactés par cette suspension. On espère qu’elle ne durera pas longtemps. »
PAR SIKOU BAH