Le directeur national de l’Urbanisme, Mahamadou OUOLOGUEM, a animé le vendredi 14 mars 2025, une conférence de presse dans ses locaux pour expliquer les dispositions prises par les autorités pour éviter d’éventuels cas d’inondations. Cela, à travers la libération des servitudes et lits des cours d’eau non flottants des communes du district de Bamako d’ici le début de l’hivernage.
En campant le décor, le directeur national de l’Urbanisme a expliqué que les occupations illicites des domaines public et privé de l’Etat sont devenues un phénomène courant dans notre pays.
Une situation qui a atteint des proportions inquiétantes et concerne les emprises et les servitudes des domaines ferroviaires, des cours d’eau, des forêts classées, des zones agricoles, des zones de pâturages, des édifices publics et des équipements collectifs, particulièrement dans le District de Bamako et ses environs.
« Les occupations illicites des servitudes de marges latérales, se rapportant aux cours d’eaux flottables et non flottables occupent une part importante de ce sinistre et sont à l’origine de nombreuses inondations hivernales. Effectuées en violation des Schémas Directeurs d’Urbanisme, des Plans d’Urbanisme Sectoriel et des Plans d’Urbanisme Opérationnel des zones concernées, les occupations illicites sont incompatibles avec notre politique de planification et de maîtrise du développement urbain.
En effet, elles contribuent, d’une part, à entraver la mise en œuvre des politiques de développement à travers les programmes d’investissements, d’exécution des réseaux routiers ou électriques et, d’autre part, à exacerber les litiges fonciers » a affirmé M. OUOLOGUEM.
Il a rappelé que les inondations dévastatrices de 2013, de mai 2019 et d’août 2024 qui ont livré un spectacle désolant de morts et de destruction matérielle, ont attiré l’attention de toutes les parties prenantes sur la nécessité de la libération des servitudes.
Face à cette situation douloureuse, soutient-il, les autorités du Mali ont instruit aux départements techniques de rechercher et circonscrire les causes, afin que de telles situations ne se reproduisent.
Ainsi, une commission nationale de libération des servitudes et lits des marigots dans le District de Bamako a été créée.
Cette commission a pour mission de prendre toutes les dispositions utiles afin de libérer les servitudes et lits des marigots avant le début de l’hivernage prochain.
Pour mener à bien ce travail, le directeur national de l’Urbanisme a expliqué que cinq sous-commissions ont été créées, avec les objectifs tels que : Communication/Sensibilisation ; balisage, identifications, collecte et actualisation des données ; gestion des questions sociales ; démolition ; et les questions juridiques.
La sous-commission communication et sensibilisation se chargera de tenir des réunions d’information et de sensibilisation sur les risques liés aux occupations des servitudes avec les leaders d’opinions, les religieux, les chefs de quartiers, les jeunes, les femmes, les coopératives et Associations.
La sous-commission II est chargée de la confirmation des occupations et du balisage des servitudes des marigots à libérer.
Elle est présidée par le représentant de la Direction générale des Domaines et du Cadastre. Son programme se décline en deux temps : l’activité de terrain et les travaux de bureau. Il s’agit pour ce groupe de travail de baliser les emprises des marigots concernés (lit et servitudes) sur le terrain et d’identifier les occupants et leurs propriétaires, procéder aux évaluations et actualisation nécessaire, la collecte des actes administratifs détenus par les occupants.
La sous-commission III est chargée des mesures d’accompagnement des ménages concernés. Elle est présidée par le représentant de la Direction nationale du Développement social.
Quant à la sous-commission IV, elle est chargée de l’organisation effective des travaux de libérations. Elle est présidée par le représentant de la Direction nationale de l’Urbanisme et de l’Habitat.
La sous-commission V est chargée de la gestion des aspects juridiques et contentieux. Elle est présidée par le représentant de la Direction nationale des affaires judiciaires et du sceau.
Le conférencier a insisté à dire qu’il n’y a pas de dédommagement, mais qu’il y aura des mesures d’accompagnement pour les déguerpis. Selon lui, les déguerpis bénéficieront d’un accompagnement de 3 mois en termes de paiement de leurs frais de l’occasion.
L’on apprend que 113 millions de FCFA seront mobilisés pour les frais de logement. Et plus de 2 milliards de FCFA seront déboursés pour les mesures d’accompagnement.
En plus de ces actions, le Directeur national de l’Urbanisme a informé que des marigots seront aménagés par un projet financé par la Banque mondiale.
PAR MODIBO KONÉ