Le Mali, engagé depuis plus d’une décennie dans une guerre asymétrique contre des groupes armés terroristes (GAT) semble aujourd’hui vouloir reprendre l’initiative sur le plan militaire. Ainsi, entre le 15 et le 19 juillet 2025, les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par l’Alliance des États du Sahel (AES), ont mené une série d’opérations militaires coordonnées dans les régions de Ménaka, Ségou et Tombouctou. Résultat : plus de cent terroristes neutralisés, des bases logistiques ennemies détruites, et une reconquête progressive du territoire face aux groupes armés terroristes.

Ces opérations, loin d’être des succès militaires ponctuels, s’inscrivent dans une nouvelle dynamique sécuritaire avec des enjeux régionaux et des implications stratégiques pour l’Alliance des Etats du Sahel.
Elle incarne un changement de posture stratégique de l’armée malienne, désormais offensive, structurée et soutenue par un partenariat régional crédible.
Entre le 15 et le 19 juillet, les forces armées maliennes (FAMa), en coordination avec les forces aériennes de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont mené une série d’opérations ciblées d’envergure dans plusieurs régions stratégiques du pays.
Le bilan impressionnant s’élève à plus d’une centaine de terroristes neutralisés, plusieurs bases logistiques détruites et des tentatives d’attaques avortées.
Loin d’être une simple démonstration de force, ces opérations illustrent une montée en puissance réelle des capacités militaires de notre armée, désormais appuyé par un socle régional (AES), des moyens technologiques accrus (drone), du renseignement, et une meilleure coordination tactique.
Ménaka 15 juillet 2025, la frappe fondatrice dans le secteur d’Anderaboukane, au cœur de la région instable de Ménaka, une frappe aérienne chirurgicale a été menée le 15 juillet.
Une quarantaine de terroristes ont été neutralisés. Cette opération est la première manifestation d’une coopération renforcée au sein de l’Alliance des États du Sahel, formé par le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Ce secteur crucial constitue un carrefour transfrontalier utilisé pour les replis et les trafics d’armes entre les différents GAT affiliés à Al-Qaïda, Jnim ou à l’État islamique.
Cette frappe montre que l’armée malienne, grâce à des renseignements précis, est capable d’intervenir de façon préventive pour désorganiser les chaînes logistiques ennemies.
Le 17 juillet, dans le secteur de Niono, les
FAMa ont mené une autre opération décisive. Cette fois, il s’agissait d’une base logistique et d’entraînement utilisé par les groupes armées terroristes pour préparer des assauts sur les villages environnants. Environ 30 combattants ont été éliminés et des stocks de munition détruits.
En effet, Ségou représente une zone charnière entre le centre et le sud du pays. Sa sécurisation est indispensable pour protéger les voies de ravitaillement du sud, mais aussi pour éviter la contamination de la zone office du Niger, pilier agricole stratégique du pays.
Le 19 juillet, deux pickups transports des combattants armés ont été détruits par les FAMa dans la région de Tine-Aika alors qu’il tentait d’attaquer un convoi logistique de l’armée vers Aguelhock. Une deuxième base terroriste a été démantelée le même jour dans cette zone de Tombouctou.
Le 21 juillet, l’armée malienne a annoncé la neutralisation de Souleymane AG BAKAWA, alias « Soldat », l’un des chefs notoires de l’État Islamique au Grand Sahara (EIGS), à la suite d’une opération de précision dans la zone de Tinfadimata.
Selon le communiqué de l’armée, cet individu, particulièrement redouté, était à la tête d’un groupe tristement célèbre pour avoir semé la terreur dans la ville de Ménaka et ses environs. Il était aussi directement impliqué dans plusieurs enlèvements de civils ainsi que dans des assassinats ciblés contre les FAMa et les populations innocentes, indique le communiqué.
Ces actions confirment que l’armée malienne ne se contente plus de défendre ses positions. Elle anticipe les attaques, intercepte les convois ennemis et désorganise les structures offensives des GAT.
L’efficacité de ces opérations est indissociable de la montée en puissance des outils modernes de guerre utilisés par les FAMa. Le renseignement humain et électronique permet désormais d’identifier les bases ennemies, les convois en mouvement et les chefs de groupe.
L’usage de drones d’observation et d’attaques, très probablement fourni par des partenaires comme la Russie, la Chine ou la Turquie, change radicalement la donne.
Il permet des frappes précises de jour comme de nuit avec un minimum de perte civile.
La coordination militaire dans le cadre de l’AES marque une rupture avec les anciennes logiques bilatérales, notamment avec la France.
Les pays du Sahel mutualisent désormais leur capacité aérienne, leurs données de renseignements et leur stratégie défensive.
Il serait toutefois erroné de croire que ces victoires tactiques signifient la fin du terrorisme au Mali.
Les GAT évoluent dans une logique de guerre d’usure.
Ils se fondent dans la population, changent de zone d’action, exploite les lacunes logistiques et les tensions intercommunautaires.
Mais les opérations récentes montrent que le rapport de force évolue au moins localement en faveur des FAMa.
L’armée malienne semble avoir compris qu’il ne suffit pas de tenir les villes. Il faut couper les circuits logistiques ennemis, neutraliser leur base de repli et empêcher toute reconstitution. Ce n’est plus une stratégie défensive, mais une logique de reconquête.
Le succès militaire des FAMa donne un nouveau souffle à l’alliance des États du Sahel qui se présente comme une alternative aux anciennes tutelles occidentales. Ces opérations envoient aussi un message clair à la communauté internationale : les États Sahéliens veulent et peuvent se défendre par eux-mêmes à condition d’avoir les moyens et la volonté politique.
Pour les populations maliennes, burkinabè et nigériennes, ces avancées militaires ravivent l’espoir d’un retour progressif à la paix, de la réouverture des écoles, du retour des déplacés et du redémarrage des activités économiques dans les zones rurales. C’est une étape dans une guerre longue, mais un tournant psychologique majeur pour rétablir la gouvernance dans les zones libérées, éviter les exactions, gagner la confiance des populations et lutter contre les racines du terrorisme, pauvreté, marginalisation.

Par Abdoulaye OUATTARA

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