Lancé en tant que projet pilote en 2018 et prolongé en novembre 2020, le Projet WPS (Eau, Paix et Sécurité) à Mopti travaille avec les parties prenantes dans le Delta Intérieur du Niger pour atténuer les conflits liés à l’eau. Afin de tirer des enseignements de ces expériences et de favoriser un apprentissage transversal entre les différents acteurs et secteurs impliqués, ses acteurs sont en conclave depuis mardi, 26 août 2025, à l’hôtel Amitié de Bamako à la faveur d’un atelier de capitalisation intersectorielle et de bilan.
L’ouverture des travaux était présidée par le représentant du gouverneur de Mopti, Lassine NAMOU ; en présence de la représentante de l’Ambassade des Pays-Bas au Mali, Mme Astrid MASTERBROEK ; de la représentante d’international Alert, Mme Kadidia KEITA ; du directeur régional de Wetlands International, Dr Karounga KEITA, etc.
Au cours de ces deux jours de travail, il s’agit de favoriser un apprentissage mutuel entre les parties prenantes du projet WPS à travers un échange structuré sur les bonnes pratiques, les défis rencontrés, les leçons apprises et les résultats globaux du projet.
Ainsi, les participants pourront identifier les synergies et complémentarités entre les différentes composantes du projet, documenter les approches innovantes et les résultats obtenus ; formuler des recommandations pour l’amélioration des futures interventions, etc.
Il ressort des différentes interventions que dans le Delta Intérieur du Niger (DIN) de nombreux conflits sont liés au partage des ressources en eau, générées par la pulsation des crues.
Pour contribuer à atténuer les conflits liés aux ressources en eau dans le DIN, le projet WPS phase I (2019-2020) a mobilisé les acteurs autour du dialogue pour la gestion des ressources naturelles en identifiant des champions pour l’appui à la mise en œuvre des actions visant le retour de la paix.
Aussi, le projet a réalisé une analyse approfondie des conflits liés à l’eau dans le DIN.
« C’est à travers cette synergie entre acteurs institutionnels, partenaires techniques, ONG, médias et communautés locales que nous pourrons bâtir des réponses adaptées, durables et inclusives », a déclaré Lassine NAMOU, le préfet du cercle de Mopti.
Il ressort de son propos que le projet Eau, Paix et sécurité a démontré que l’eau n’est pas seulement une source potentielle de conflit, mais qu’elle peut aussi être un levier puissant de dialogue, de cohésion sociale et de consolidation de la paix.
Les Pays-Bas et ses partenaires, a fait savoir, Mme Astrid MASTERBROEK, accompagne le Mali dans le cadre du Projet Water, Peace and Security (WPS), convaincus que la paix et la sécurité passent aussi par une gouvernance inclusive et équitable des ressources naturelles et plus particulièrement des ressources en eau.
« L’eau est source de vie, de prospérité et de stabilité. Toutefois, elle peut devenir un facteur de tension lorsqu’elle est rare, mal repartie ou mal générée », a-t-elle prévenue.
Démarrée en novembre 2020, la phase II du projet WPS est mis en œuvre par un consortium composé d’International Alert, Deltares, IHE sous le lead de Wetlands International Sahel.
En utilisant des informations de modélisation et en s’appuyant sur de nombreuses années de réseautage et de création de plateformes, WPS sensibilise et renforce les capacités pour une prévention des conflits fondée sur des données probantes.
Des scénarios climatiques ont été analysés et les parties prenantes ont proposé des interventions à travers un processus participatif.
Par Abdoulaye OUATTARA