L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) au-delà de la santé publique, devient un problème économique et de développement dans notre pays, selon Youssoufa MAIGA, professeur titulaire de Neurologie à la Faculté de médecine d’Odon-stomatologie de Bamako (USTTB), lors d’un entretien qu’il nous accordé. Il soutient que cette pathologie touche, de plus en plus, les sujets jeunes. Ainsi, le Pr MAIGA plaide pour plus d’équipements, de ressources humaines et de formation pour le personnel du service de neurologie qu’il dirige au CHU Gabriel TOURÉ pour faire face à cette maladie.
Le chef de service neurologie du centre hospitalier universitaire Gabriel Touré de Bamako, Pr MAIGA affirme que l’AVC est extrêmement fréquent au Mali à l’instar du reste de la planète.
Il ressort de ces explications que l’AVC constitue un dysfonctionnement neurologique lié à une atteinte vasculaire.
Toutefois, il y a des particularités africaines, selon le Professeur qui ajoute que les pathologies neuro-vasculaires sont en recrudescence dans notre contexte et sont en passe de dépasser la pathologie infectieuse en termes de mortalité et morbidité.
Les types d’AVC
Le spécialiste, Pr Youssoufa Maiga annonce qu’il y a deux grands types d’AVC. Il s’agit de l’AVC ischémique qui est secondaire à une obstruction vasculaire avec pour conséquence une souffrance du tissu cérébral « Le sang qui était destiné à nourrir le cerveau est bouché. Donc, le tissu cérébral va souffrir et va avoir comme conséquence, la souffrance du cerveau. Ça, c’est l’AVC ischémique », va-t-il expliqué.
Aussi, il y a l’AVC hémorragique. Il avance que c’est quand le vaisseau se casse. Mais, la conséquence sur le plan clinique, explique le spécialiste MAIGA, c’est que quand quelqu’un fait un AVC, il peut y avoir une partie du corps qui ne va pas bouger. Brutalement, la moitié du corps va arrêter de fonctionner.
L’individu sera incapable, selon lui, de bouger une partie de son corps. Par exemple, l’individu, dit-il, peut brutalement perdre le langage. Ensuite, il peut s’agir de trouble de la vigilance allant de la confusion à un coma. L’individu peut aller dans les cas extrêmes de troubles à la conscience et tomber d’emblée dans le coma, explique le chef de service ce la neurologie du CHU Gabriel TOURE. Le professeur ajoute qu’il pourrait y avoir d’autres complications comme des troubles sensitifs ou sensoriels (Visuel, odorat, goût… ).
Tranches d’âge victimes de cette pathologie
Dans la logique selon Pr Youssoufa MAIGA, l’AVC est une maladie du sujet âgé, mais de plus en plus, surtout dans notre contexte africain, nous voyons la recrudescence de l’AVC chez les sujets jeunes, autrement dit, le sujet en âge d’activités. Donc, l’AVC, au-delà d’un problème de santé publique, devient un problème économique et de développement. Parce que, soutient-il, cette pathologie touche de plus en plus les sujets jeunes.
Facteurs de risque vasculaire.
Le Chef de service de la neurologie du CHU-Gabriel TOURE indique qu’il y a des facteurs qui sont connus. C’est-à-dire des situations qui prédisposent à la maladie. Dans ses détails, le Pr MAIGA signale des facteurs modifiables, sur lesquels, on peut jouer et non modifiables sur lesquels, on ne peut pas jouer.
Fort heureusement, selon le spécialiste, il y a beaucoup plus de facteurs modifiables que de facteurs non modifiables. Il a cité que parmi les facteurs modifiables, figurent le tabac ; le diabète ; l’hypertension artérielle (la tueuse silencieuse) ; la sédentarité, l’obésité…
« Je vais insister sur la consommation du tabac et de l’alcool », a-t-il déclaré.
Prise en charge de l’AVC à l’hôpital Gabriel Touré
Pour la prise en charge de cette pathologie, le Pr Youssoufa MAIGA reconnaît que les pays africains, ces dernières années, font beaucoup d’efforts en termes de formation. Les jeunes sont de mieux en mieux formés pour la prise en charge de cette pathologie. Selon lui, l’hôpital Gabriel Touré a gagné, gagné en termes de neuro-imagerie, depuis quelques années.
Le scanner étant le premier examen de l’AVC est disponible un peu partout dans Bamako, affirme le professeur.
« Ce n’est plus un outil de luxe, même si le prix est à revoir, mais le scanner est un outil accessible aujourd’hui dans les hôpitaux de Bamako. Sur le plan diagnostic, nous sommes dotés d’outils à Bamako qui est capable de faire un diagnostic très rapidement. À l’hôpital Gabriel Touré, nous sommes en train de travailler pour la mise en place d’une Unité neuro-vasculaire qui va nous permettre de prendre en charge les patients en phase aiguë. Si cette phase est bien gérée, on évite les conséquences à long terme », a signalé le professeur.
Pour terminer, le chef de service de la neurologie du CHU Gabriel TOURÉ invite la population à lutter contre les facteurs de risque. Selon lui, il faut que les gens se fassent dépister tôt. Parce que, s’il y a un seul coupable, c’est hypertension artérielle. Et pour éviter l’hypertension artérielle, il faut réduire la consommation de sel. Il faut manger aussi moins gras. Arrêtons de fumer si possible et de boire de l’alcool.
PAR SABA BALLO