Notre pays a désormais sa Coordination nationale des usagers et usagères (CNU) des ressources naturelles du bassin de la Volta au Mali mis en place lors d’une assise nationale tenue ce jeudi sous la présidence du Secrétaire général du ministère de l’Énergie et de l’Eau, M. Djooro BOCOUM, représentant le ministre de tutelle de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV) au Mali.
Des représentants d’associations d’usagers des ressources naturelles (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, maraîchers, artisans, etc.), des autorités territoriales, des experts des directions sectorielles (hydraulique, agriculture, élevage, environnement, etc.) et des cadres de l’ABV et du GWP-AO ont pris part à la mise en place de cette CNU.
Elle est la première coordination constituée dans le cadre du projet « Inversion des tendances à la Dégradation des Écosystèmes et des Eaux dans le Bassin de la Volta » (REWarD – Volta River Basin) financé à hauteur de 7,12 millions de dollars, soit près de 4 milliards FCFA, par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM).
D’une durée de cinq ans, ce projet est mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), avec l’exécution de l’ABV et du Partenariat mondial de l’Eau en Afrique de l’Ouest (GWP-AO).
Outre l’élection d’un bureau exécutif de la CNU, l’objectif de ces assises nationales vise à valider des résultats de l’étude de cartographie et de présélection des représentants des usagers, adopter le plan de renforcement des capacités et d’un plan d’actions initial, et approuver des projets de statuts et du règlement intérieur de la CNU. À l’instar du Mali, les autres pays du Bassin de Volta doivent aussi mettre en place leur Coordination nationale.
Conformément à l’article 121 de la Charte de l’Eau du bassin de la Volta, la création de cette coordination doit contribuer à promouvoir une gouvernance concertée, équitable et durable des ressources naturelles. Elle ambitionne ainsi de prévenir les conflits d’usage, d’optimiser les bénéfices partagés et de préserver les écosystèmes pour les générations futures.
À cet effet, comme souligné par M. Armand HOUANYE, coordinateur exécutif du GWP-AO, « cet atelier marque une étape décisive dans l’instauration d’une gestion inclusive et rationnelle des ressources du bassin de la Volta, en impliquant activement les usagers pour une utilisation économe et durable de l’eau.»
Pour M. HOUANYE, le projet REWarD-Volta River Basin qui s’étend aux six pays du bassin de la Volta envisage d’inverser les tendances à la dégradation des écosystèmes et des ressources en eau, tout en soutenant le développement intégré basé sur les écosystèmes dans le bassin de la Volta par le renforcement de la gouvernance transfrontalière, la restauration et la conservation des écosystèmes pour des moyens de subsistance durables.
« Elle participe des efforts de l’ABV à asseoir une gouvernance inclusive effective des ressources naturelles du bassin de la Volta, qui nécessite la participation éclairée de l’ensemble des parties prenantes y compris les usagères et usagers des ressources naturelles du bassin tels que les agriculteurs, les irrigants, les maraîchers, les éleveurs, les pêcheurs, les piroguiers, les miniers, les artisans etc. », a-t-il indiqué.
Selon lui, la première Coordination nationale des usagères et usagers des ressources naturelle du bassin de la Volta, celle du Mali, devra se positionner désormais avec les capacités nécessaires en tant qu’acteur clé de l’utilisation rationnelle et judicieuse des ressources naturelles ainsi que de la restauration et du maintien en bon état des écosystèmes du bassin de la Volta aux niveau local, national et à l’échelle du bassin.
Pour sa part, le secrétaire général du ministère de l’Energie et de l’eau, Djooro BOCOUM, a rappelé que les pays de la zone de Volta sont confrontés à plusieurs défis notamment les conflits d’usage de l’eau, les impacts du changement qui appellent, a-t-il exhorté, à des réponses coordonnées et concertées.
La mise en place de cette coordination, selon lui, est un instrument de dialogue, concertation et de visibilité pour les acteurs de la chaine de la gestion des ressources en eau et tout son écosystème.
« Cette coordination sera un pont entre les réalités du terrain et les décideurs », a indiqué M. BOCOUM, tout en appelant au principe de la gestion efficiente des ressources en eau conformément à la charte de l’eau.
PAR SIKOU BAH