Notre pays traverse actuellement une nouvelle poussée de chaleur dans un contexte particulièrement sensible. L’alerte a été faite, le week-end passé, par l’Agence Mali-Météo qui a annoncé une hausse significative des températures sur l’ensemble du territoire national à partir du lundi 9 mars 2026 et ce jusqu’au dimanche 15 mars. Selon les prévisions, les thermomètres pourraient afficher entre 34°C et 45°C, une situation typique du climat sahélien mais qui intervient cette année dans un contexte social et énergétique délicat.
Notre pays est régulièrement confronté à des épisodes de forte chaleur dès la fin de la saison fraîche. Cette année, à l’image des années précédentes, la vague de chaleur coïncide avec le mois de Ramadan, période durant laquelle les fidèles musulmans observent le jeûne du lever au coucher du soleil. Cette concomitance pourrait accentuer la fatigue et les risques sanitaires pour une grande partie de la population.
Durant la journée, les jeûneurs s’abstiennent de boire et de manger, alors même que les températures élevées favorisent la déshydratation et l’épuisement. Dans plusieurs régions du pays, la chaleur dépasse déjà les 40°C en milieu de journée. Les travailleurs exposés (commerçants de rue, ouvriers, agriculteurs, conducteurs de motos-taxis) figurent parmi les plus vulnérables.
À cette équation climatique et religieuse s’ajoute un autre facteur majeur : les coupures récurrentes d’électricité. Depuis des années maintenant, de nombreuses localités maliennes connaissent des délestages prolongés qui limitent l’usage des ventilateurs, des climatiseurs ou même des simples réfrigérateurs. Dans ces conditions, se rafraîchir devient difficile.
Pour les habitants des grandes villes, la chaleur nocturne combinée à l’absence d’électricité pourrait rendre les nuits particulièrement éprouvantes. Dans les zones rurales, où l’accès à l’énergie reste encore plus limité, les populations doivent souvent compter sur des moyens traditionnels pour atténuer la chaleur.
Face à cette situation, Mali-Météo a diffusé plusieurs recommandations destinées à limiter les risques sanitaires. L’agence invite notamment les populations à bien s’hydrater pendant les heures autorisées, c’est-à-dire entre la rupture du jeûne et l’aube. Les spécialistes conseillent également de choisir des aliments équilibrés, riches en eau et en nutriments, afin de mieux supporter la journée de jeûne.
Par ailleurs, il est fortement recommandé de limiter l’exposition au soleil, surtout aux heures les plus chaudes de la journée, généralement entre 12 h et 16 h. Lorsque cela est possible, il est conseillé de se rafraîchir régulièrement, de porter des vêtements légers et de privilégier les espaces ombragés.
Une attention particulière doit aussi être portée aux personnes vulnérables, c’est-à-dire les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes ou les malades chroniques. Dans un contexte de chaleur extrême, ces catégories sont les plus exposées aux coups de chaleur et à la déshydratation.
Cette alerte météorologique rappelle que l’adaptation aux conditions climatiques extrêmes est devenue un enjeu quotidien. Entre changement climatique, pression démographique et défis énergétiques, la gestion des vagues de chaleur constitue désormais un défi majeur pour les autorités et les populations.
PAR MODIBO KONÉ