Le référendum constitutionnel prévu le 19 mars 2023 afin de permettre au Peuple malien de se prononcer sur le projet de la nouvelle constitution, tel que annoncé dans la Charte de la transition issue des concertations nationales et corroborée par les assises nationales de la refondation risque d’être reporté. L’information a été donnée par Dr Souleymane DE, président de la Commission loi du Conseil national de la transition, hier jeudi, à la faveur d’un entretien qu’il a bien voulu nous accorder.

Pour justifier ce contretemps, il a souligné la non effectivité de l’opérationnalisation de l’AIGE sur toute l’étendue du territoire national. Aussi, l’a-t-il justifié également par le retard accusé dans la mise œuvre en réformes territoriales.
Selon le Dr DE, l’AIGE qui est l’organe chargé de l’organisation d’élection au Mali, installé il y a plusieurs jours a commencé son activité seulement le mardi 10 janvier 2023.
« La loi électorale stipule que les coordinations dans les régions, cercles et communes de l’AIGE doivent être mises en place six mois avant les élections. Et ce travail vient d’être fini tout de suite. La seule raison de ce retard, s’explique par le fait que les réformes territoriales qui sont en cours n’étaient pas finies. Il a fallu attendre la fin de cette réforme, puisque les nouveaux cercles et arrondissements ont été créés, après la création des 19 régions », a-t-il expliqué.
Donc, a-t-il expliqué, il va falloir mettre en place les autorités de ces nouveaux cercles et arrondissements, notamment, les préfets et des sous-préfets dans tous ces démembrements administratifs.
Il a ainsi ajouté que la loi électorale indiquait que les représentants de l’Etat doivent désigner quatre personnes les l’AIGE.
« Donc il va falloir une mise en place effective des autorités administratives. On attend la nouvelle organisation territoriale pour que les nouvelles autorités de ces circonscriptions administratives, à leur tour, nomment les quatre représentants des pouvoirs publics. La commission de l’administration territoriale vient de finir ce travail.
Si une occasion de session extraordinaire se présente, nous allons voter cette loi, pour que dans un bref délai, ces nouvelles autorités nommées désignent leurs représentants. Et l’AIGE sera mise en place sur toute l’étendue du territoire national. Donc, le glissement pour le référendum est obligatoire, pour ces raison que je viens de citer », a-t-il martelé.
Pour la nouvelle constitution, Dr Souleymane DE rappelle que ce n’est pas le gouvernement de la transition qui l’a voulu.
« Nous ne faisons que nous plier à la feuille de route de la transition et aux recommandations des assises nationales de la refondation. Donc ce projet de nouvelle constitution est celui des Maliens. C’est pourquoi le Président de la transition vient de mandater une autre commission composée des représentants de toutes les composantes des forces vives de la nation, pour ajuster, corriger et mandater ce projet de loi à la satisfaction de tous les maliens », a-t-il dit.
Il a par ailleurs lancé un appel aux responsables des partis politiques qui ont réfuté d’office ce scrutin de venir rejoindre le processus.
« Il faut qu’ils viennent pour mieux nous expliquer les raisons pour lesquelles ils sont opposés à cette initiative. Si c’est vraiment des failles qu’ils craignent, nous allons les corriger eux et nous. Je pense que c’est mieux de se disqualifier. Ce pays est pour nous tous », a-t-il conclu.

PAR CHRISTELLE KONE

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