Un séminaire de réflexion sur les dynamiques d’intégration de la dimension genre dans le processus électoral et les réformes politiques et administratives au Mali a ouvert ses portes, ce mardi 28 février, à l’Hôtel de l’Amitié. Placée sous le haut parrainage du ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, le Colonel Abdoulaye MAIGA ; du ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant de la Famille, Wadidié Founè COULIBALY, cette rencontre de 5 jours vise, selon ses initiateurs, à « Rendre effective la participation des femmes au processus électoral et aux réformes politiques et administratives, gage de stabilité et de sortie durable de crise au Mali ! »

La cérémonie d’ouverture des travaux étaient présidée par Madame la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant de la Famille, Wadidié Founè COULIBALY ; en présence du maire de la commune II, Abba NIARE ; de la représentante de ONU-Femmes au Mali, Marie Goreth NIZIGAME; du Chef de la division des Affaires électorales de la MINUSMA, Kacou ASSOUKPE ; la représentante du ministre d’Etat, porte-parole du gouvernement, Mme Nana Mouna HAIDARA ; de la représentante du Cadre de concertation des femmes des partis politiques, Mme Maïga Oumou DEMBELE, etc.
Ce séminaire réuni du 28 février au 4 mars 2023, toutes les parties prenantes, notamment des autorités de la République du Mali, des membres du conseil nationale de transition, des mouvements signataires de l’Accord de paix et de la réconciliation, des partis politiques, des partenaires techniques et financiers, des organisation de la société civile, des leaders d’opinion et des responsables des mouvements engagés dans la promotion du genre dans les instances électives et nominatives.
Selon ses organisateurs, cette initiative innovante et historique, car conjointement organisée par le Ministère de l’Administration Territoriale et la décentralisation et celui en charge de la Promotion de la Femme, avec le soutien du Projet d’Appui aux Élections au Mali (PAREM), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ; ONU-Femme et la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA).
Le PAREM bénéficie de l’appui du Canada, du Japon, du Luxembourg, de la Norvège, de la Suède, de l’Union européenne, du Fonds pour la consolidation de la paix et de l’International IDEA.
Ce séminaire s’inscrit en droite ligne de l’opérationnalisation des réformes politiques, administratives et électorales en lien avec la politique nationale Genre adoptée 2010 et en conformité avec le cadre stratégique pour la refondation de l’Etat (CSRE) 2022-2031 assorti du plan d’actions prioritaires du Gouvernement de transition pour la période 2022-2024.
A l’ouverture des travaux, Mme la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant de la Famille, Wadidié Founè COULIBALY, a rappelé que la politique genre du Mali avait permis l’adoption de la Loi n 2015-052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès des fonctions nominatives et électives. De même, a-t-elle fait savoir, l’application de cette loi a contribué à l’enregistrement d’une forte représentation des femmes lors des élections communales de 2016 et les législatives de 2020. L’on est passé de 9% de femmes élues aux communales de 2009 à 25% en 2016 et de 9,52% aux législatives de 2013 à 28,57% en 2020.
Elle a déploré que malgré cette progression spectaculaire des femmes dans les instances politiques, elles restent faiblement représentées dans les instances de prise de décision, surtout au niveau des fonctions nominatives où elles peinent à atteindre les 20%.
Elle a souligné que l’annuaire statistique sur les fonctions nominatives et électives des services publics du Mali indique qu’en 2021 au niveau de l’administration, le nombre des femmes aux fonctions des Préfet et sous-préfet a nettement amélioré et dans les fonctions de gouverneur, elles n’étaient pas représentées tandis qu’elles représentaient seulement 15,4% dans les fonctions de Directeur de service central et 11,1% dans les fonctions d’Ambassadeur.
C’est pour quoi, elle s’est dit convaincu que ce séminaire contribuera à la prise en compte du genre dans le processus électoral et dans les réformes politiques et administratives en vue d’assurer l’organisation du référendum et les élections générales, ainsi que la conduite des réformes dans la démarche inclusive et représentative de l’ensemble de la population malienne.
Les travaux du séminaire seront marqués par l’organisation de neuf sessions plénières et six ateliers animés par les experts étatiques et indépendants en lien avec les réformes politiques, électorales et administratives dans le cadre de la mise en œuvre du processus de refondation de l’Etat.
Les résultats de ces travaux permettront de faire l’état des lieux de la prise en compte de la dimension genre dans le processus électoral et les réformes politiques et administratives au Mali.
A l’issue des travaux, une feuille de route sera proposée aux autorités maliennes ainsi qu’aux partenaires pour accompagner la prise en compte du genre dans le processus électoral et dans les réformes politiques et administratives en vue d’assurer l’organisation du référendum et des élections générales, ainsi que la conduite des réformes dans une démarche inclusive et représentative de l’ensemble de la population malienne.

Par Abdoulaye OUATTARA

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