Le Président du Conseil National du Patronat du Mali (CNPM), Mossadeck BALLY, a présenté ce samedi 20 mai 2023 le bilan de ses 6 mois aux commandes du secteur privé malien lors d’une conférence de presse. Au cours de cette conférence, il a dénoncé l’injustice et une pression fiscale qui s’appliquent sur une poignée d’entreprise. Pour que l’impôt ne tue pas l’impôt, le Patron des Patrons a proposé aux autorités d’explorer d’autres niches fiscales comme le foncier.

Le président du patronat malien, Mossadeck BALLY, s’est prêté à l’exercice de redevabilité en présentant le bilan de ses 180 jours aux commandes du CNPM. Il s’agissait de présenter la vision et les avancées sur les grands chantiers entrepris par le nouveau Bureau.
Élu pour cinq ans en octobre 2022 dans un contexte de crise de leadership qui a duré près de deux ans, le président BALLY, conformément à sa volonté de réconcilier les membres du CNPM, a manifesté sa volonté d’approcher les protagonistes. Résultat : il s’est réjoui que certains regroupements ont rejoint la famille.
« Nous avons intérêt à être solidaires à être soudés parce que nous avons le même combat. Ça ne sert en rien de continuer une bagarre qui va finir à faire du CNPM autre chose. C’est ce message que le bureau a véhiculé et a été très bien compris. Aujourd’hui, la famille est quasiment réunie. Il reste quelques incompréhensions que nous allions nous atteler à les lever dans un plus bref délai », a expliqué le conférencier.
Outre cette préoccupation en partie résolue, Mossadek BALLY a dénoncé l’injustice fiscale dans le pays. Selon lui, il y a une forte pression des impôts sur seulement quelques entreprises (500 entreprises) soit 3% qui payent 97% des impôts.
Pour réduire cette pression et avoir des impôts attrayants, il a conseillé à la direction régionale des impôts d’explorer d’autres niches de mobilisation de recettes comme l’impôt sur le foncier.
« Dans le pays, une personne peut avoir 1000 hectares sans qu’il ne paie rien à l’impôt. A ma connaissance, seul le Mali, dans la sous-région, n’applique pas l’impôt sur le foncier », a-t-il affirmé.
Pour lui, le problème de l’insécurité au Mali serait résolu si les autorités donnaient de la perspective aux jeunes en adaptant l’offre à la formation, mais aussi en changeant le paradigme économique.
« Nous avons 43% de l’économie dans le tertiaire contre 20% dans le secondaire. Or, c’est dans le secondaire et le primaire que l’on crée de l’emploi », a-t-il expliqué.
Pour résoudre la problématique du chômage, le pays ferait un grand pas contre le terrorisme, l’immigration clandestine, l’adduction à la drogue chez les jeunes notamment.
Dans son speech, le patron du CNPM a évoqué sa participation au sommet Russie-Afrique prévu en juillet prochain dans un contexte où les autorités nationales s’imposent des choix stratégiques dans leur collaboration avec des partenaires.
Pour M. BALLY, le CNPM engagé dans la formation structurelle de l’économie nationale ne doit pas se fixer des limites pour rester ouvert au monde entier.
« Tout investisseur qui veut intervenir doit bénéficier de l’accompagnement afin qu’il puisse agir en toute tranquillité. Aussi, les autorités, le CNPM…doivent veiller à ce que l’investissement soit sécurisé. Tout investissement dans le pays profite d’abord aux nationaux. Donc, ce choix politique nous les comprenons. Nous sommes dernières nos autorités politiques », a expliqué M. BALLY, tout en déplorant l’insécurité et l’instabilité institutionnelle dans le pays qui n’attirent pas les investissements.
Auparavant, il a abordé la vision du nouveau bureau qui a pour objectif central de faire du Mali une destination d’investissements. La mise en œuvre de celle-ci est bâtie sur 5 axes majeurs à savoir : l’énergie, les ressources humaines, les infrastructures, le financement et la fiscalité.
Il a ajouté que 5 groupes de travail ont été créés à cet effet depuis janvier 2023, et les rapports sont attendus d’ici fin juin et qui vont servir de document de plaidoyer du CNPM.

PAR SIKOU BAH

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