Adopté le 13 mars 2025 lors de la 21e session du Conseil National de Sécurité Alimentaire, présidée par le Général Abdoulaye Maïga, le Plan National de Réponse à l’insécurité alimentaire (PNR 2025) a été lancé ce mardi 12 août 2025 sous la haut présidence du président de la transition, le Général d’Armée Assimi Goïta ,dans la Cour de l’OPAM à Sogoniko, commune VI du District de Bamako. C’était en présence du Premier ministre, du président du CNT, de plusieurs membres du gouvernement et du ministre-commissaire à la sécurité alimentaire.
À titre symbolique, les gouverneurs des régions de Kita, Dioïla, Nara ainsi que celui du District de Bamako ont reçu des mains du Président de la Transition les décisions officielles de dotation.
Ce moment fort a été suivi du coup d’envoi symbolique des camions chargés de transporter les céréales à travers le pays.
Le Président GOÏTA a ensuite effectué une visite guidée des magasins de l’OPAM.
Lors de son entretien avec la presse, le Chef de l’État a exprimé toute sa satisfaction et a contextualisé cette initiative, soulignant les trois volets principaux de l’opération à savoir la distribution gratuite de plus de 22 000 tonnes de céréales, la vente subventionnée d’environ 11 500 tonnes de riz et un dernier volet dénommé « volet de résilience » qui vise à soutenir les maraîchers, les pisciculteurs et les actions de restauration des terres dégradées.
Le Général GOÏTA a rappelé que ce plan s’inscrit pleinement dans la vision de souveraineté alimentaire prônée par la Transition, avec pour objectif de garantir à chaque Malien un accès équitable à une alimentation suffisante et saine. Le Président de la Transition a salué la résilience des populations maliennes.
Objectifs du PNR 2025
L’ambitieux Plan National de Réponse à l’insécurité alimentaire (PNR) 2025, au profit de 1.470.114 bénéficiaires est un document stratégique élaboré annuellement par le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA), sous l’égide du gouvernement, pour répondre aux défis de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans notre pays. Il s’appuie sur les évaluations du Cadre Harmonisé et des systèmes d’alerte précoce pour identifier les populations vulnérables et leurs besoins.
Le PNR 2025 vise à : préserver la vie et la dignité des populations en situation de crise alimentaire par une assistance multisectorielle d’urgence ; renforcer la résilience des communautés face aux crises récurrentes, en s’inscrivant dans une perspective de développement durable et de paix ; répondre aux besoins critiques dans les secteurs prioritaires tels que la sécurité alimentaire, la nutrition, la santé, l’éducation, l’hygiène et l’assainissement.
Données clés du PNR 2025
Pour cette année 2025, le plan vise à soutenir environ 4,7 millions de personnes vulnérables sur un total de 6,4 millions de personnes dans le besoin humanitaire, soit environ 23,39 % de la population de notre pays, selon l’analyse du Cadre Harmonisé de novembre 2024. Parmi elles, environ 1,47 million de personnes se trouvent en phase 3 ou pire (crise alimentaire aiguë ou urgence).
Le coût estimé pour la mise en œuvre du PNR 2025 s’élève à 462 milliards de FCFA. L’État prévoit de contribuer à hauteur de 12,1 milliards de FCFA, dont 11,7 milliards du budget national et 400 millions de l’UEMOA. Les partenaires techniques et financiers (PTF) devraient mobiliser environ 165,3 milliards de FCFA.
Pour la mise en œuvre, le CSA prévoit de distribuer 18 960 tonnes de céréales dans les communes, avec un objectif global de répondre à un besoin estimé à 46 949 tonnes, laissant un déficit de 24 249 tonnes à combler. Des distributions d’urgence ponctuelles de 3 740 tonnes sont également prévues. S’agissant de la reconstitution du Stock National de Sécurité (SNS), le CSA l’estime à hauteur de 22 700 tonnes. Quant au soutien à l’élevage et à l’agriculture, il prévoit de fournir des denrées pour le bétail et d’appuyer les agriculteurs pour renforcer leurs moyens d’existence. Enfin, pour la résilience et le développement, le CSA prévoit de mettre en œuvre des activités pour lutter contre la malnutrition, restaurer les terres dégradées et améliorer l’accès aux intrants agricoles.
En plus des personnes vulnérables, le PNR assiste aussi les secteurs de la chaine de production alimentaire par des apports dans le secteur poisson, des projets maraichers et de résilience.
Adopté le 13 mars 2025 lors de la 21e session du Conseil National de Sécurité Alimentaire, présidée par le Général Abdoulaye Maïga, le PNR 2025 a été présenté aux partenaires techniques et financiers le 26 mai 2025, sous la direction du ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, en présence du ministre Commissaire à la Sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali.
Ambitions et contraintes
Le PNR 2025 intervient dans un contexte marqué par : les inondations de 2024 où une pluviométrie excédentaire a causé des inondations dévastatrices, entraînant des pertes humaines et matérielles, ce qui a conduit à la déclaration de l’état de catastrophe nationale le 23 août 2024 ; l’insécurité à travers les conflits armés dans certaines régions limitent l’accès aux zones enclavées, compliquant l’acheminement de l’aide ; les déplacements forcés notamment à Bamako et dans d’autres capitales régionales, augmentent les besoins humanitaires ; une production céréalière prévisionnelle satisfaisante de 11 032 305 tonnes, des défis comme la mauvaise répartition pluviométrique et l’accès limité aux intrants agricoles persistent.
Le PNR 2025 met l’accent sur le leadership du gouvernement de la transition dans la coordination de l’aide humanitaire, avec un soutien important des partenaires techniques et financiers, notamment l’Union européenne. Le chef de file des PTF, Thomas Eckert, a réaffirmé l’engagement des partenaires à travailler en étroite collaboration avec le Mali pour opérationnaliser des mécanismes comme le Conseil National de Sécurité Alimentaire et le Fonds commun des partenaires.
Le PNR 2025 est une initiative ambitieuse visant à répondre à l’insécurité alimentaire dans notre pays, avec un focus sur l’assistance d’urgence et la résilience à long terme. Le plan a déjà été adopté et partagé avec les partenaires plus tôt dans l’année.
PAR MODIBO KONÉ