Sans beaucoup de surprise, le gouvernement de transition a annoncé, ce vendredi 10 mars 2023, le report du scrutin référendaire initialement prévu pour le 19 mars prochain. C’était à la faveur d’une conférence de presse animée, le vendredi passé, par le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye MAIGA. C’était dans la salle de conférence du département en présence du ministre Délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politique et Institutionnelles, Mme Fatoumata Sékou DICKO.

Le référendum constitutionnel au Mali, initialement prévu pour le 19 mars courant, a été reporté à une date ultérieure, a annoncé le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye MAÏGA.
Pour le Colonel MAÏGA, ce report se justifie par la ferme volonté des autorités de la Transition d’appliquer les recommandations des Assises nationales de la Refondation (ANR). Notamment la pleine opérationnalisation de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) à travers l’installation de ses démembrements dans les 19 régions administratives du Mali et le District de Bamako.
Le colonel Abdoulaye MAÏGA a souligné que la date du référendum sera fixée après concertation avec l’AIGE et l’ensemble des acteurs du processus électoral. Toutefois, il a exprimé la détermination des autorités de la Transition à respecter le délai convenu avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour le retour à l’ordre constitutionnel.
En dehors du référendum constitutionnel, le calendrier électoral prévoit la tenue des élections couplées des collectivités territoriales (conseillers communaux, de cercles, régionaux et de district) le 25 juin 2023, des élections législatives les 29 octobre et 19 novembre 2023 et la présidentielle les 4 et 18 février 2024.
« Le Gouvernement de Transition informe l’opinion nationale que la date du référendum prévu le 19 Mars 2023, dans le chronogramme des réformes politiques, institutionnelles et électorales de la Transition connaîtra un léger report », a déclaré le Colonel Abdoulaye MAÏGA devant les hommes de média.
« La décision des plus hautes autorités d’organiser le référendum sur la base d’une nouvelle Constitution entraîne des incidences sur le chronogramme du référendum. La mise en œuvre de ce chronogramme a été guidée par des principes d’inclusivité, de participation et de transparence » a-t-il ajouté.
Le gouvernement, par la voix du ministre MAIGA, rassure par ailleurs l’opinion nationale et internationale que le retour à l’ordre constitutionnel, après avoir mené les réformes nécessaires, demeure l’une de ses priorités absolues, dans le respect de la durée de la Transition.
Même si ce report n’a été officialisé que ce vendredi, il faut dire qu’il planait depuis un certain temps. Comme signe annonciateur, la convocation du collège électoral censé intervenir 90 jours avant le début du scrutin, soit au mois de décembre 2022, ne s’est pas faite à date échue.
En effet, l’Article 96 précise : « Les électeurs sont convoqués et la date du scrutin est fixée par décret pris en Conseil des Ministres et publié au Journal officiel quatre-vingt-dix (90) jours au moins avant la date du scrutin ».
Sur le plan logistique, il y a encore d’énormes difficultés qui rendent la tenue de ce référendum à la date indiquée quasiment impossible. Le président de la Cour constitutionnel, Amadou Ousmane Touré, avait jeté il y a quelques jours un pavé dans la marre en déclarant impossible pour sa structure d’organiser une élection dans les mois à venir faute d’argent.
Outre l’AIGE dont les démembrements doivent être installés 3 mois avant les élections en tenant compte du nouveau découpage administratif publié en février dernier, le projet de nouvelle Constitution n’a été remis au Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta que le lundi 27 février dernier. Depuis lors, il ne l’a toujours pas promulgué.
Aussi, la campagne qui devait démarrer depuis le 3 mars dernier soit deux semaines avant le scrutin, a accusé un retard.
Déjà, le mardi le 07 mars, la Ligue malienne des imams et érudits pour la solidarité islamique (LIMAMA) a appelé ses membres à voter contre le projet de nouvelle Constitution présenté par la transition le lundi 27 février. L’organisation des imams a dénoncé le maintien du principe de laïcité de l’Etat par rapport à la Constitution de 1992.
Un aspect qui n’a tout de même pas été contesté par le président du Haut conseil islamique, Chérif Ousmane Madani HAIDARA.
Ce report intervient au moment où le processus d’enrôlement pour la carte biométrique est en cours et connaît une certaine lenteur.

Par Abdoulaye OUATTARA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *