Serait-il possible et crédible que cette affaire de coup d’État au Mali soit une stratégie des adversaires de la transition pour semer la division au sein des dirigeants et de l’armée ? La question taraude les esprits. Si théoriquement l’affirmatif est envisageable, sa crédibilité reste faible et repose largement sur des spéculations, des rumeurs et un contexte géopolitique tendu, sans preuves concrètes émergentes.
Le contexte de guerre communicationnel que vit notre pays est propice à la désinformation et aux opérations psychologiques.
Des adversaires potentiels de notre transition–comme la CEDEAO (dont le Mali s’est retiré), la France (expulsée en 2022), ou l’Algérie (accusée de tensions frontalières) – pourraient avoir intérêt à exploiter ces failles pour déstabiliser l’Alliance des États du Sahel (AES : Mali, Burkina Faso, Niger).
Selon une bonne majorité de Maliens, ces rumeurs de coup d’Etat pourraient être amplifiées pour diviser l’armée, démoraliser les troupes et affaiblir la cohésion de la transition. Beaucoup indexent explicitement “l’ombre de l’Algérie” planant sur un coup d’Etat déjoué, insinuant une ingérence externe pour semer le chaos. D’autres aussi, qualifient l’affaire de “manœuvre manipulatrice” du gouvernement lui-même.
En effet, pendant toute une semaine, le silence officiel a fait le lit d’amplification des rumeurs.
Le manque de communication de la transition (aucun démenti ou confirmation officielle) crée un vide informationnel propice aux manipulations alimentées par des campagnes de désinformation étrangères.
Les adversaires de la transition diffusent de fausses preuves ou exagèrent les faits via des médias ou réseaux sociaux, pour effectivement diviser nos autorités et notre armée, en exploitant des fractures existantes comme le mécontentement face à l’insécurité persistante.
Notre transition patriotique et souverainiste n’a jamais été en odeur de sainteté auprès de la conspiration occidentale et de ses larbins locaux. Qu’on se rappelle des sanctions téléguidées de la CEDEAO-UEMOA, des critiques désobligeantes de l’ONU, et de l’inimitié de l’Algérie sur les questions du séparatisme et du terrorisme.
Ce n’est donc pas une vue d’esprit qu’une manipulation puisse viser à forcer une implosion interne dans notre pays, facilitant un retour à une influence occidentale ou régionale. De manière critique, dans un contexte de guerre informationnelle à laquelle notre pays est exposé, des entités hostiles comme la France ou l’Algérie pourraient financer des leaks ou des rumeurs pour éroder la confiance.
Toutefois, bien que des théories circulent (par exemple, sur l’Algérie ou la France), elles restent spéculatives et non étayées par des preuves solides contre ces mains invisibles. Aucune enquête internationale ou leak crédible n’a émergé pour prouver une orchestration étrangère.
Pour autant, qu’on se rassure toute manipulation externe pour diviser les FAMa risquerait un backlash car elle va renforcer la rhétorique anti-occidentale de la transition et consolider son alliance avec la Burkina, le Niger, la Russie. De plus, l’armée malienne, malgré les narratifs dantesques de Binadjan, reste unie contre les menaces externes, rendant une division artificielle peu crédible à long terme.
Dans le climat de guerre hybride et de la guerre communicationnelle dans notre pays au Sahel, une manipulation par des adversaires insatiables (CEDEAO, France, Algérie) est plausible pour exploiter les vulnérabilités de notre transition et diviser nos autorités et les FAMa.
Des mains invisibles ont amplifié ces derniers temps des rumeurs pour créer de la paranoïa interne. Toutefois au-delà des théories conspirationnistes, souvent utilisées pour discréditer les critiques légitimes, pour faire face et avancer, la communication officielle de la transition doit être davantage proactive.
PAR SAMBI TOURÉ