Le premier Salon malien de l’architecture et de la construction (SAMAC) s’est ouvert ce jeudi 31 juillet au Centre international des conférences de Bamako sous le thème : « Habitat durable, culture et innovation : Approche architecturale du développement au Mali ».

Placé sous le patronage du président de la Transition, l’ouverture des travaux était présidée par le ministre de l’Urbanisme, de l’habitat, des domaines, Imrane Abdoulaye TOURE, accompagné de son homologue du Niger, Aboul Kadri Amadou DAOUDA et plusieurs membres du gouvernement.
Des délégations venues du Niger, du Burkina Faso, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Benin, du Maroc ainsi que de Singapour prennent part à ce salon aux côtés des experts, des chercheurs, des étudiants, des entrepreneurs en construction, des designers, entre autres.
Pendant trois jours, ils échangeront et partageront les expériences à travers des conférences plénières, des tables rondes axées sur la transition écologique, l’héritage architectural malien, la protection du patrimoine, les matériaux innovants, la formation des architectes face aux enjeux sociaux…
À cette occasion, la présidente du SAMAC, Mme Mariam KEITA, souhaitant la bienvenue, a exprimé l’engagement de son équipe à faire de ce salon une « une plateforme d’échange, d’inspiration et de promotion des meilleures pratiques pour faire évoluer le métier vers plus de durabilité, d’innovation, d’efficacité et de collaboration ».
Face aux enjeux climatiques, Mme Mariam KEITA a souligné que leur objectif majeur est de développer une architecture durable, spécifiquement adaptée au contexte local. A cet effet, elle dit attendre de ce salon une opportunité d’« analyser les pratiques architecturales actuelles à l’aune des principes du développement durable, à valoriser les expériences locales et régionales en matière d’architecture climatique et traditionnelle, et à encourager l’innovation et la recherche ».
Quant au président de l’Union des architectes d’Afrique (AUA), Donatien Kasseyet KALUME, il a indiqué que face à la double pression du changement climatique et des contraintes économiques, l’architecture ne peut plus être une discipline contemplative, ou une expression décernée à l’émission.
Ainsi, il a martelé la nécessité pour l’architecture de redevenir un outil au service du peuple, de la nature et de la souveraineté, tout en interpellant les acteurs du domaine : « Il ne s’agit pas pour nous architectes africains de construire des modèles privilégiés souvent inadaptés à nos réalités climatiques et culturelles. Il s’agit de réinventer une approche architecturale proprement africaine qui conjugue durabilité en recourant aux matériaux locaux, aux principes bio-climatiques, à la sobriété énergétique et à l’amélioration des environnements systémiques ».
Lançant les travaux de ce premier salon, Imrane Abdoulaye TOURE a salué l’initiative qui est, selon lui, un « événement novateur, un moment charnière, mais surtout une invitation à réfléchir, à proposer et à construire ensemble » au profit du développement durable.
Evoquant le thème, il dira qu’il va au-delà des mots en ce qu’il est une déclaration de responsabilité, un appel à réinventer nos pratiques, et surtout, à remettre l’architecture au cœur du développement territorial et humain.
« Il est le reflet d’une urgence, la synthèse d’un combat, et l’appel d’une vision : celle de bâtir un Mali résilient, enraciné et innovant, porté par ses talents, sa culture et sa sagesse », a ajouté le ministre TOURE.
Pour le ministre, l’architecture ne se limite plus à bâtir face aux défis, expliquant qu’elle doit s’ancrer dans les réalités climatiques du Sahel, réconcilier modernité et patrimoine culturel africain, et offrir des solutions inclusives.
Le ministre TOURE a également mis en lumière trois grands défis : garantir un habitat accessible et digne, s’adapter aux crises climatiques par une architecture bioclimatique, et promouvoir une identité culturelle à travers des constructions enracinées dans les réalités locales.
« Face à ces défis, la coopération régionale est une clef. Nos réalités sont similaires, nos aspirations convergentes. Ce salon doit être le terreau d’un réseau sahélien de l’architecture durable, un espace d’échange, d’innovation et d’harmonisation des bonnes pratiques », a-t-il affirmé.
Ces interventions ont été suivies de la visite des stands ouverts à cette occasion où des acteurs de la chaine exposent leur savoir-faire.

PAR SIKOU BAH

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